
La Robe noire n est pas le texte le plus connu de Wilkie Collins, et est parfois mis à l’écart de ses premiers écrits, qui lui valent le statut de père de la littérature policière anglaise.
C’est pourtant très injuste car nous retrouvons là tous les ingrédients qui font le succès de l’œuvre de l’auteur : le suspens, la psychologie, l’ascendant malfaisant et subtil d’une figure forte, la fragilité d’êtres malmenés par la vie et qui voient arriver avec peur ou délivrance un homme qui semble avoir un pouvoir incroyable sur eux et le cours de leur vie. Une écriture profonde aussi, avec une recherche sémantique qui donne à chaque événement et chaque dialogue une acuité particulière.
Lewis Romayne, à la suite d’un duel, perd une partie de sa lucidité et est résolu à expier ce qu’il considère comme un meurtre. Ses amis, inquiets pour sa santé physique et mentale, entreprennent de le détourner de ses sombres préoccupations en plaçant sur sa route Stella, une douce jeune femme, dont ils sont persuadés qu’elle permettra le retour à la vie de Lewis. Cependant, pour des raisons bassement matérielles, le père Benwell va s’attacher à rendre ce bonheur impossible par des stratagèmes (in)dignes d’un homme de foi.
Manipulation, mensonges, cachotteries, tromperie, naïveté, volonté de croire à tout prix se mêlent pour créer un récit plein de suspens, d’une finesse psychologique remarquable. Le lecteur est entrainé de rebondissements en fausses pistes, jusqu’au dénouement, digne de ce très grand auteur.