Amis du 18ème, ce livre est pour vous !
Nous retrouvons ce cher D’Alembert (ci-dessus) et son complice Diderot (ci-dessous), confrontés à la censure des autorités royales et jésuites face à leur immense et prodigieux projet qu’est l’Encyclopédie, en friches mais déjà dotée de parrains prestigieux.
Seulement les attaques auxquelles se heurte l’Encyclopédie ne sont pas leur seule préoccupation : un horrible meurtre, celui de jumeaux en très bas âge, accapare leur attention pour la seule raison qu’il contrarie leur environnement de travail (il ne faut pas non plus exagérer : ils sont éclairés mais pas altruistes !). Fort concerné, d’Alembert se lance dans une enquête qui va requérir toutes ses capacités de réflexion et le mener à de drôles d’extrémités, parfois bien peu avouables.
Mais si l’intrigue et les personnages sont somme toute assez classiques (au-delà du fait que d’Alembert et Diderot sont loin d’êtres banals !), bien que Diderot et son caractère de cochon soient incontournables, c’est la trame historique qui est extrêmement attrayante : on sent une maitrise rare de l’époque, de ses us et coutumes, de ses figures de style, des personnages historiques (parmi lesquels se glissent très bien les personnages de fiction). Le contexte devient un élément à part entière non seulement de l’intrigue mais également des personnages, dont les pensées et actions sont étroitement conditionnées par cette époque de censure, où les jésuites peuvent faire enfermer pour un rien les « illuminés » en avance sur leur temps.
L’écriture est tout à fait raccord avec l’époque, très soignée, un tantinet ampoulée, mais ça se lit très bien. On sent l’érudit, le passionné qui souhaite faire partager cette époque et ces personnages hors normes. Et c’est tout à fait admirable.
Un bon roman historique, qui ne fera pas forcément référence mais qui a le mérite d’humaniser deux grands hommes de sciences et de lettres français, trop souvent oubliés au profit de l’Encyclopédie.


avril 11th, 2012 at 10:47
zob alors