« le Kidnapping d’Aaron Greene » de Terry Kay (Le cherche midi) – Undead dubitatif

Adolescent timide et mal dans sa peau, Aaron Greene est l’archétype du sans grade.

Son insignifiante existence prend un tour particulier le jour où il se fait enlever.

La banque qui l’emploie comme coursier consentira-t-elle à s’acquitter des dix millions de la rançon ? Pourquoi les ravisseurs utilisent-ils la voix de Cody Yates, journaliste rebelle, pour faire passer leurs messages ? Et, surtout, quelle logique les a conduits à kidnapper quelqu’un d’aussi négligeable ?

Ce bouquin, rythmé et construit autour de personnages crédibles, prend l’enseignement de Bouddha à contre-pied : non seulement toutes les vies ne se valent pas, mais le prix d’une existence ne dépend pas de qualités intrinsèques ; uniquement de la position sociale. C’est ce constat que l’auteur s’ingénie à montrer, laissant la part belle à des avocats marron, des directeurs de banque escrocs, des journalistes qui vendent leurs talents et leur réseau au plus offrant, des stars nombrilistes en mal de couverture médiatique et, enfin, des policiers qui, au fur et à mesure qu’ils avancent en grade, ont pour préoccupation principale de se couvrir… De l’autre côté, on s’aperçoit que les chevaliers blancs, qui oeuvrent à retrouver Aaron (où, au moins, à réunir la somme susceptible de le faire libérer) n’ont pas nécessairement les plus belles voitures ou les meilleures opportunités.

Qu’importent, ils incarnent d’autres valeurs et avancent malgré tout. Jusqu’au dénouement, conforme au cynisme mesuré de l’auteur.

Au final, bien que Terry Kay propose, avec ce Kidnapping d’Aaron Greene, une idée divertissante et originale, son œuvre manque sans doute du petit supplément d’âme grâce auquel elle aurait pu prétendre à bien plus qu’un agréable moment de lecture.

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