« Les Lunes de sang II : La Lune noire » d’Anaïs Cros (Lokomodo) – essai transformé, CaCo est conquise

Résumé :

Lunargent, hiver 1883.

L’un des personnages les plus puissants du royaume vient d’être assassiné au cœur même de Catelune dans des conditions pour le moins inquiétantes. Le roi Torn charge Listak de l’enquête et celui-ci, accompagné de la dévouée Amhiel, est amené à s’intéresser au sombre quartier de la Lune Noire. De son côté, Evrahl est confronté à la haine grandissante des habitants de la cité envers le peuple nain.

Qui a osé frapper ainsi dans l’enceinte du palais royal ? Qu’est-ce qui attend les nains dans une cité qui ne veut plus d’eux ? Et qu’arrive-t-il à Listak dont le comportement est de plus en plus étrange ?

Dans ces nouvelles aventures où l’ombre de Sherlock Holmes affleure encore une fois, nos héros affrontent des ennemis toujours plus redoutables. Désormais ce n’est plus seulement la vie du roi Torn qui est menacé, mais la paix dans tout le royaume de Mortelune.

Mon avis :

Comme pour le premier, j’ai énormément apprécié la lecture de ce deuxième tome. Je me demandais un peu comment Anaïs Cros pourrait renouveler vraiment son récit : des pistes sont très clairement lancées dans Les Lunes de sang, dont on sait en entament La Lune noire qu’elles seront reprises. Sauf que même si on peut prévoir certains éléments, leur développement est par contre surprenant. Le retour en force des lutins, ces gentilles petites créatures rencontrées précédemment, est très appréciable, tout comme la mythologie créée autour de leur monde. Le développement également de la mise à l’écart des nains, déjà entamée et esquissée dans le premier tome, est très bon : il ne reste pas en arrière plan mais est pleinement intégré à l’enquête principale, l’handicapant et l’étoffant.

J’aime énormément aussi ce parti pris d’écrire à la première personne et de se trouver ainsi dans la barbe et les bottes d’vrahl, pris dans le premier tome entre deux positions concernant la responsabilité du roi humain dans l’assassinat de nombreux nains (dont sa famille), et dans celui-ci entre deux mondes, deux camps qui s’affrontent au nom d’a priori raciaux (les nains contre toutes les autres races du royaume). Tiraillé, ses avis changent, ses croyances évoluent : pas d’obéissance aveugle mais des événements qui l’amènent à reconsidérer ce qu’il est et ce qu’il fait, donnant un effet de réel admirable et des ouvertures toujours plus nombreuses aux possibilités qu’a l’auteure d’orienter son récit. La capacité d’Anaïs Cros a entrainé le lecteur sur de fausses pistes, à l’induire en erreur, donne toute son originalité au texte et tout son intérêt à l’intrigue.

L’enquête en elle-même conduit les 3 compagnons et leurs alliés hors de la cité de Mortelune : à mon avis, ce passage dans le monde des lutins est l’un des plus beau écrit par l’auteure. Il n’y manque ni le rythme, ni le sens du détail, ni le souci du détail. Une petite touche également de « morale », avec quelques messages qui semblent tenir à cœur de l’auteure glissés dans tout le texte : tolérance, respect (de la nature notamment, de l’autre tout le temps), fidélité, réflexion personnelle plutôt qu’obéissance aveugle, la réflexion globale plutôt que le cas par cas égoïste… Des messages universels intégrés dans le monde de la Fantasy qui rendent le monde fictionnel plus proche du nôtre.

Je suis donc complètement conquise et compte sur la mansuétude de l’auteure et de Thomas concernant ma boulette récente pour recevoir le prochain, dont les pistes sont également lancées. Mais à la façon dont La Lune noire a réussi à me prendre de cours et me surprendre, aucun doute que les prochaines aventures de Listak, Amhiel et Evrahl seront aussi passionnantes et prenantes que les premières.

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