« L’Escalier de sable » de Benjamin Legrand (Seuil) – on a aimé!

Abdel aurait pu, aurait dû finir comme ses copains de la cité mais il a décidé de bousculer son destin et s’est engagé dans l’armée de terre.

Présentement, il assure la garde d’Oasis 1, un poste avancé d’une mission de l’OTAN consistant à ériger un pont à la frontière de trois pays frontaliers d’Afrique.

Et il se prend une balle dans la gorge.

 

Benjamin Legrand prend toujours le temps de présenter ses personnages avant de les effacer, comme le ferait le sable du désert. Son histoire, dans laquelle j’ai fini par me laisser embarquer malgré mon intérêt très relatif pour la chose militaire,  se construit autour d’oppositions : celle, bien sûr, qui met face à face une armée de reconstruction et un sniper obstiné, mais aussi le fossé séparant l’Europe rationnelle de l’Afrique des initiés, celui entre les Français de souche et ceux issus de l’immigration, les homos et les hétéros… Et à travers ces différences, l’auteur tisse une trame où la lecture mystique, incarnée à petites touches par un mage sans âge, se révèle bien plus perspicace que celle d’une armada de spécialistes suréquipés ; et, accessoirement, que celle du type plein d’idées préconçues qui s’attendait, au mieux, à un bon roman d’action.

Alors d’accord, le voyage proposé par Benjamin Legrand ne fut pas de tout repos mais en attendant, sans aller jusqu’à crier au coup de maître, je serai du prochain.

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