
Un roman du terroir fort, élégant, pudique : Matthieu le fils est typiquement le genre de livre vers lequel je n’irais pas instinctivement, et que je découvre grâce à Unwalkers…
Loin d’être naïf, comme on pourrait le penser de prime abord, ce roman illustre ce bonheur simple que procure le sentiment d’être à sa place, exactement là où on sait que l’on est le mieux. Cette satisfaction de savoir que même si la vie n’est pas simple, on est toujours chez soi quelque part.
Pourtant, Matthieu le fils déchante lorsque Blanche est assassinée… Cette vie qui était la sienne, et qui pourtant était déjà loin d’être parfaite, dérape, et le jeune homme met un pied dans une tourmente dans laquelle il se débat.
Jean-Paul Belly a un style bien à lui, suranné, vif, sensible, servi par un vocabulaire tout à la fois compliqué/recherché et évident. Matthieu le fils se lit d’un trait, avec plaisir, même s’il a tendance à viser un public assez restreint. Qu’à cela ne tienne : il sera comblé.