« Morpheus Road – Tome II : Les Ténèbres » de D.J MacHale (Le Rocher) – la littérature jeunesse se porte bien

Morpheus Road 2

L’auteur prévient de ne pas lire ce tome II avant d’avoir lu le premier, La Lumière, mais j’aime les défis. Tant pis donc, je me lance étant donné que je n’ai pas le premier dans ma pile et que ce deuxième me paraissait plutôt engageant.

Pari réussi. Ok, peut-être que certaines subtilités m’ont échappées, mais dans l’ensemble, ça fonctionne très bien, avec (probablement) et sans premier tome.

Nous retrouvons (ou découvrons) Coop, un jeune garçon, en proie à une drôle de situation : le voilà mort, percuté de nuit par un bateau alors que lui-même était allongé dans sa barque pour se remettre des émotions d’une dure journée. Mais il découvre vite que l’expression « repos éternel » n’est qu’un leurre. Le voilà proie d’un ancien général d’Alexandre le Grand (rien que ça!), Damon le Boucher (ça laisse entrevoir le genre de bonhomme que c’était et que c’est toujours), qui est responsable de sa mort et qui souhaite l’utiliser pour parvenir à ses fins : retrouver une hallebarde avec laquelle, à son époque, il avait créé une faille entre la Lumière (la vie) et les Ténèbres (la mort), grâce à Marsh, le meilleur ami de Coop (mais pas seulement, comme on le découvre). Petit à petit, Coop comprend « pourquoi lui » et use et abuse de son sens de la répartie pour affronter ses nouveaux « colocataires » du monde des morts. En parallèle, il doit  gérer différents »petits » problèmes : parvenir à protéger Marsh des illusions mises sur son chemin par Damon pour le tuer ou en tout cas manipuler Coop ; tenter de faire comprendre à ses proches vivants que lui ne l’est plus et les informer de l’endroit où trouver son corps ; résoudre les situations de Maggie, une jeune fille rencontrée dans « la vision de son grand-père », qui lui plait tout particulièrement  (les visions sont les éternités dans lesquelles évoluent les morts en attendant de gagner le Paradis, ou l’Enfer/Le Sang, et qui sont issues de leur propre vécu) et de son grand-père, bloqués dans les Ténèbres depuis longtemps et qui doivent s’améliorer pour continuer leur route ; aider les gardiens de la Faille à la protéger pour que Damon ne puisse pas revenir dans la Lumière ; s’habituer à son nouveau statut d’esprit et aux possibilités qu’il offre ; … .

Tout ça se tient plutôt très bien, cette vision de l’entre-deux, ce qu’on peut appeler parfois le Purgatoire, entre la vie et le Paradis/l’Enfer, est particulièrement convaincante et, disons-le, optimiste. Mais n’oublions pas que c’est avant tout une lecture jeunesse. Si nous nous en rendons compte dans l’intrigue et ses développements (quelques petites morales glissées ça et là, quelques émois de jeunes gens, quelques maladresses également dans les actions et réflexions), rien dans le style n’est concédé : bien écrite, l’intrigue va vite, n’a pas de longueur, et cette naïveté (niaiserie ?) que l’on a parfois dans la littérature jeunesse est absente des Ténèbres. Coop est un personnage vraiment sympathique, coincé éternellement dans sa crise d’adolescence et qui tente de faire au mieux, tout en ne sachant pas vraiment ce qui l’est. Colérique, parfois égoïste, mauvais garçon par ennui dans la vie, il a du mal à se résoudre à la mort et à abandonner ceux qu’il a laissé derrière lui : une réflexion sur la mort bien tournée, une analyse de ce qui effraie dans la mort, … un texte qui a aussi pour volonté de dédramatiser cet état.

Une lecture très sympa, donc, à conseiller et recommander, qui, entre autre, explique pourquoi la littérature jeunesse se porte si bien.

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