la soif de Moreau, Pierre-François à la Manufacture de livres

munificence


Vent du sud sur le roman noir, balayant tout, ou presque.Petite perle de la manufacture stylée, livre original de par sa plume, sa construction , ses personnages, épais, et cet humour pince sans rire. Toute une galerie de personnage plus loufoques les un que es autres dans le sud de l’Espagne. Corruption de tout coté, certains veulent survire ou prendre un bonne part du gâteau.
Sur fond de trafic d’eau, ce livre nous propose une vision non tronquée du monde ou l’on vit. on se concentrera sur ‘Los Angeles, ville bâtarde qui n’a rien a envie à son homonyme américain, surbla luxure, ou tout autre des sept pêchés capitaux, hum !!! ou du capital selon Marx, vous lirez !!!

Un livre qui tire vers la munificence, enchanteur et qui sort de la torpeur actuelle du polar ou du noir
Bravo!!!

auteur à suivre quelle verve bon dieu de merde

deux séries noires, Norvège et Amérique

Donc deux valeurs sures, mais,passer après Ingrid Astier, un « Léon, » un Thomas Bronnec, hum pas simple !!!

Ces  deux livres sont bons, rien à dire, mais un cran en dessous voir deux ou trois, que les suscités

AMERICA

On commence par Eoin Colfer, et son deuxième, livre où l’on retrouve son héros exactement là ou il l’avait  laissé dans son premier ….

Emmerde à la clef,même si il cite du Elmore léonard on n’est quand même loin du niveau. Action, humour débridé, humour, …trop par ailleurs. C’est le grand défaut de ce livre à force d’en faire des tonnes, il y a un moment ou on a envie de dire au héros et à ses potes, STOP !!!!

Putain un peu de tristesse bordel !!! A part cela tous les ingrédients sont présents pour que la mayonnaise monte et elle monte, dommage que l’humour à outrance ralentisse le livre. Je radote ? oui

Dans la lignée du premier avec plus de plus, si vous cherchez de l’humour, beaucoup et de l’action, c’est à vous

Trad. de l’anglais (Irlande) par Sébastien Raizer

Collection Série Noire, Thrillers, Gallimard
Parution : 13-04-2017
Norvège

Autre lieu, autre décor, autre style, mais encore dirait on bien, un personnage récurrent en devenir. C’est donc le premier d’une série, donc on installe le personnage, avec tout ce que cela comporte.

C’est ce qu ‘on appelle « un police procédural », on suit l’enquête de a à z,  avec les médias, la hiérarchie etc  . Premier jet donc avec des personnages qui prennent de l’ampleur au fil des pages, des relations père et fille malheureuses, et une vue sur la banditisme élargie à l’Europe. .Lituanie, et non pas litanie quand tu nous tiens !!!

On est loin de Jo Nesbo, mais cela tient la route auteur à suivre, car malgré quelques maladresses, d’un premier, cela reste de bon niveau

 

Trad. du norvégien par Céline Romand-Monnier

Collection Série Noire, Thrillers, Gallimard
Parution : 13-04-2017

368 pages, sous couverture illustrée, 155 x 225 mm

LE SYNDROME E, FRANCK THILLIEZ, par Bruno D.

Huitième roman de Franck Thilliez paru en 2010, Le syndrome E, va réunir pour la première fois Franck Sharko et Lucie Henebelle.

On découvre sur une commune de la Seine Maritime 5 cadavres mutilés, ensevelis sous deux mètres de terre, cranes ouverts, cerveaux et yeux prélevés. Sharko,commissaire parisien est appelé en renfort.

Ludovic Sénéchal, lillois et ex petit ami de Lucie Henebelle, passionné de films anciens, se rend à Liège pour acquérir de vieilles bobines filmographiques que vend un jeune suite au décès de son père. Ludovic devenu brutalement aveugle suite au visionnage d’un de ces films a juste le temps de contacter Lucie. Le Lieutenant Henebelle et le Commissaire Sharko vont enquêter chacun de leur coté, sur deux affaires distinctes… au départ.

Pari réussi pour Franck Thilliez dans ce bouquin. Non seulement il crée un des duos les plus célèbres de policiers auquel son fidèle public va devenir accro, mais son intrigue fouillée avec des meurtres en série vous fera voyager de Liège à Montréal en passant par le Caire, ainsi qu’au quatre coin de l’hexagone.

Entre un Sharko schizophrène et sous médocs qui n’arrive pas à faire le deuil de sa femme et de sa fille et une Lucie se réfugiant dans le boulot pour pallier son vide affectif ; un film bizarre tourné en noir et blanc dans les années cinquante semble être au cœur de toute l’affaire et va réunir plus qu’on ne l’imagine nos deux héros fragiles, volontaires et obnubilés par la résolution de l’affaire.

Franck Thilliez explore cette fois ci les mystères du cerveau et de la contamination mentale. Entre cinéaste fou et doué, savants cupides, services secrets et période sombre de l’histoire du Canada, l’auteur nous offre une fois de plus un récit haletant sur un sujet des plus  intéressants.

Troublant et documenté, bien ancré dans son époque, ce dyptique consacré à la violence tient en haleine jusqu’à sa conclusion finale et nous invite à enchaîner sur Gataca.

Sharko + Henebelle c’est du solide, c’est jouissif, et de vous à moi, ce bouquin fondateur n’est que le début d’une superbe aventure avec nos deux limiers.

Franck Thilliez, qui sort le 11 mai Sharko son 17ème livre, n’a jamais cessé de faire évoluer ses deux héros et de nous ravir par la qualité de ses intrigues et les univers explorés. N’hésitez pas à aller à sa rencontre chez les libraires lors de son « Sharko Tour », parce que ce gars là, il le vaut bien !

 

Brutale de Jacques-Olivier Bosco paru aux éditions La bête noire – Robert Laffont

Dangereuse, sexy, brutale…


Ce livre va faire un très bon film. En tout cas quand je l’ai lu j’avais l’impression d’être au cinéma. Le livre est dynamique, parfois comique, noir comme un bon polar. Il y a tous les ingrédients pour que ce livre fonctionne. L’écriture est fluide, les descriptions sont parfaites l’histoire tient la route.
J’ai vraiment appréciée, c’est rare de voir une femme au centre de l’histoire dans les polars. Cette jeune femme déjantée, paumée, totalement barrée vas_t’elle réussir à rester dans les clous ? Ses relations familiales font-elles s’améliorer ou au contraitre vas_t’elle tout détruire par soif de combat ?

Polars très réussi j’ai vraiment appréciée. Pour être franche la fin me laisse un peu perplexe peut-être que Brutale la suite est en cours j’espère car j’aimerai bien retrouver Lise, Camille, Jade, le cramé dans une autre histoire absolument noire.
Au plaisir de relirJacques-Olivier Bosco.
Fin de la discussion

Pyromane de Wojciech Chmielarz

Depuis un an les éditions Agullo nous ont habitués à leur flair imbattable et pourtant je suis à chaque fois épatée par les excellentes pépites qu’ils dénichent Ailleurs.

Cette fois-ci il s’agit d’un polar polonais, Pyromane de Wojciech Chmielarz, première enquête de l’inspecteur Mortka dit le Kub qui, dans la galaxie Agullo, risque de faire concurrence au commissaire Soneri (Le Fleuve des Brumes, La Pension de la villa Saffi de Valerio Varesi)

 

En ce qui me concerne Jakub Mortka a trouvé une groopie ! Ronchon, têtu, droit dans ses bottes, dans une Pologne où la corruption, la précarité, la misogynie et la violence conjugale (big up à l’auteur pour un gros focus sur ce dernier fléau) font toujours partie du paysage, il ne lâche jamais le morceau.

 

Le Kub est divorcé, partage la garde de ses deux garçons avec son ex-femme et oublie systématiquement de verser la pension. Le Kub est mordu par son boulot et même si cette enquête, celle dite « du pyromane » le trouve plutôt sceptique quant au qualificatif « criminel » du premier incendie, il continue à creuser, parfois à contrario des consignes reçus.

 

Il vit en collocation avec un couple d’étudiants assez fêtards et casse-couilles. Son salaire ne lui permet  pas de louer un logement individuel.

La femme de son coéquipier essaie, en vain, de cacher des bleus qui fleurissent par inadvertance sur son corps. A qui faire confiance ?

Autour de lui une société qui, malgré les bonnes notes, continue sa « transition ». Les automatismes, les habitudes encrés durant les longues années qui ont précédé la libération du « grand frère soviet » combinés à la violence des changements que la jeune démocratie a apportés ont des conséquences lourdes.

 

Ce regard omniscient qui va bien au-delà de la simple enquête policière, qui en profite pour s’arrêter en plan large sur certaines caractéristiques de la société dans laquelle le héros évolue, nous le connaissons : Henning Mankell le faisait très bien. C’est à lui que Chmielarz me fait penser.

« -Tu travailles ? Demanda-t-il après un temps.

 -Non. J’ai travaillé quelques heures et maintenant je bouquine.

 -Quoi ?

 -Mankell. Tu connais ?

Il essaya de se rappeler s’il s’agissait d’un titre ou d’un nom, mais rien ne lui vint à l’esprit. Ça n’avait pas dû faire partie des lectures scolaires à son époque.

 -Henning Mankell.  »Les Morts de la Saint-Jean ». Un polar suédois. Tu lis des polars ? »

 

Bref, courez chez votre libraire et demandez-lui Pyromane. Vraiment.

C’est intelligent, prenant, réaliste, efficace.

Et je veux voir la suite, vite !

 

NE PRONONCEZ JAMAIS LEURS NOMS, Jacques Saussey par Bruno D.

Paru en Janvier 2017, le dernier Jacques Saussey est dans la continuité de La pieuvre ou on avait laissé le capitaine Daniel Magne et Lisa Heslin en plein doute sur leurs vies respectives. Magne s’est éloigné à Hendaye et Lisa en Suisse dans le chalet hérité de son père. L’histoire commence tambour battant comme d’habitude, avec un train chargé de voyageurs qui quitte le pays basque pour rejoindre Paris, avant que l’horreur vienne bouleverser la vie de tous dans un grand éclair blanc.

Attention le dernier Saussey est une bombe et je le revendique sans mauvais jeux de mots. On sent dans ce nouvel opus toute la révolte et l’indignation d’un homme qui a été touché de plein fouet, comme nous tous, par l’attentat de Charlie Hebdo. Ne prononcez jamais leurs noms est une plaidoirie pour réaffirmer qu’il faut se souvenir des victimes et ne plus parler de ces salauds répandant la mort.

Jamais l’auteur n’a écrit de façon aussi noire, réaliste et maléfique. Sa plume nous scotche à travers des chapitres courts, rythmés et dévastateurs. La rage au cœur des lignes se retrouve sur chaque page.  Quel est donc cet individu, le monstre responsable de ce carnage ? Le Capitaine Magne est par hasard le premier sur place et… tout va aller très vite.

Dans ce roman, Jacques Saussey  nous raconte la genèse du cinglé qui va défier les forces de l’ordre.  Le Capitaine Magne et le Lieutenant Heslin vont souffrir comme jamais et nous avec dans cette histoire à la noirceur exacerbée. Du boulevard Saint Michel en passant par Lockerbie et bien d’autres, l’auteur nous rappelle qu’au nom d’idéaux discutables, la liste des victimes est de plus en plus longue.

Haletant, époustouflant, hallucinant, captivant, cauchemardesque, brutal, mais aussi documenté et très instructif, ce livre vous retournera les tripes et vous fera explorer le coté obscur de certaines âmes humaines. Heureusement, l’amour reste le plus puissant des leviers à opposer face à cette barbarie des temps modernes.

Le pays basque riche de sa culture, de sa nature sauvage et magnifique, mais aussi  de son passé d’attentats avec l ‘ETA,  sert d’écrin à ce roman magistral ou les certitudes sont ébranlées,et ou la vie s’accroche jusqu’à son moindre souffle.

Voilà un auteur qui navigue en père peinard sur la grande mare du Polar et vient grossir les rangs des meilleurs comme Thilliez, Chattam, Bussi pour les hommes ou Favan ,Giebel et Piacentini pour les dames.

Dans les Brumes du Mal (René Manzor – Editions Calmann-Lévy )

Manzor ça fait pas franchement américain hein ? Ouais je trouve aussi… Ben pourtant le Frenchie il raconte la Caroline du Sud, il en parle bien et joliment parce qu’il y a été et que son regard est loin de ceux que nous connaissons, ceux de la population locale…

Ils ont été quelques uns d’Outre-Atlantique a ne pas peindre mais dépeindre ces États du Sud dans cette réalité qui eux leur échappe (par habitude?) et nous est vendue comme un rêve. Par le biais d’un thriller René nous montre une Caroline pas si vieille que ça, loin des grandes contingences urbaines qui ne se sont pas encore répandues, où les changements sont encore frais, où les mentalités anciennes (60 ans, c’est vraiment pas vieux !) sont encore bien ancrées. Maltraitance, religion, racisme, misogynie, déchéance, abandon…

Ce que dessine ce roman est loin d’une carte postale. Et dans tout cela évolue le thème de l’éducation, de l’enfance… enfance supportée, enfance idéalisée. Outre l’acte lui-même, sa raison d’être est empathique. Compréhensible, presque justifiable… Et puis il y a tous ces enfants errants, disparus, qui errent comme si chacun d’entre eux courrait après son ombre… comme si le conte devenait réalité…

LA FILLE DANS LE BROUILLARD, Donato Carrisi, par BD.

La sortie d’un Donato Carrisi est toujours un événement depuis que celui ci nous avait scotché avec Le Chuchoteur. Le petit dernier, one shot, met en scène la star des commissaires de police, le Commandant Vogel. L’histoire commence 62 jours après la disparition d’Anna Lou, jeune fille de 16 ans qui habite un village paumé des Alpes : Avechot. En pleine période de Noël, il va falloir un Vogel au meilleur de sa forme pour élucider le mystère.

L’atmosphère est lourde au sein de cette bourgade qui vit en autarcie et ou une communauté d’église qui  ressemble à une secte semble dicter sa loi. Le village, mort à cette période de l’année, va se trouver propulsé sous les feux des projecteurs et les langues vont se délier.

Pour obtenir les moyens d’enquêter autant que se faire mousser, il faut remuer ciel et terre mais surtout attirer les journalistes de la presse audiovisuelle. Vogel va élaborer un plan machiavélique pour faire avancer l’enquête à son rythme et selon son bon vouloir .

Le pouvoir de la petite lucarne est au cœur de ce récit . La curiosité morbide et le voyeurisme entretenu par le dieu TV animent l’enquête. Commencé avec une simple disparition et beaucoup de questions,on se dit qu’il n’y a rien de bien nouveau dans ce roman. C’est sans compter sur l’auteur qui nous manipule, ne nous lâche pas et nous fait glisser  implacablement vers l’effroyable. Vogel tire les ficelles. Stella la journaliste vedette, Florès le psychiatre, Rebecca Meyer la jeune procureur, le lieutenant Borghi et le professeur Martini seront plus ou moins les pions que l’on pousse ou sacrifie comme aux échecs s’il le faut.

« Les gens ne cherchent pas la justice, ils veulent un coupable. Pour donner un nom à la peur, pour se sentir en sécurité » ,terrible phrase de la page 176 !

Et quand l’opinion publique est alertée par des médias assoiffés de sensationnel, alors Presse et Police deviennent deux machines à broyer capables de faire la pluie et le beau temps afin de donner au peuple un coupable et du scoop.

Avec ses retours en arrière ,Donato Carrisi excelle dans ce thriller au faux rythme qu’il gère avec vista pour mieux nous saisir à la fin. Sa conclusion surprendra plus d’un lecteur. Je n’ai rien vu venir et  l’écrivain nous laisse dans le brouillard jusqu’à ce que la fin nous cueille avec bonheur et talent.

BOMBES par Dominique Delahaye, la manufacture ben zur

Le titre est là pour nous rappeler les différents sens que ce mot a pris depuis ces dernières années, son sens premier, puis celui de taguer etc…

Nous sommes à Lyon, une ville que je connais bien. Rien à redire sur la description de la ville et on peut parler d’un bel état des lieux de la société dans laquelle on vit. En ce qui concerne la trame elle pourrait se passer dans une autre ville d’un point de vie sociétal, sauf que… Lyon a depuis longtemps, et j’en parle en connaissance de cause, un passé de fascistes, d’ extrême droite. On peut parler du GUD, omniprésent à l’université Lyon 3, de Bruno Gollnish prof à cette même fac. Une amie d’origine maghrébine pourrait vous raconter ce qu’elle a dû subir en faisant ses études à l’époque à Lyon III. Moi j’étais peinard à Lyon 2 et caucasien… sic

L’auteur évite tout manichéisme et stéréotypes basiques, et dieu sait que c’est dur, on peut le féliciter. Ce livre ressemble à un long fait divers qu’on lit parfois, c’est une histoire à trois avec plusieurs personnes qui finit parfaitement imbriquée, comme les Lego. Ne cherchez pas le bonheur dans ce livre, c’est le reflet de la vie.

C’est un livre engagé comme l’auteur, et je le suis, sur beaucoup de points, surtout ce putain de 8 décembre qui nous les brise… Amen

Greg est grapheur à Lyon, un grapheur militant : sa cible ? Les symboles des catholiques intégristes, remobilisés à l’occasion des manifestations contre le mariage pour tous. Salif est un infirmier d’origine malien, il vit sur une péniche. Emilie, une jeune auto-stoppeuse, une zadiste qui voyage avec son chien Joop, a trouvé refuge chez lui. Annabelle est une jeune fille de la bourgeoisie lyonnaise qui va passer quelques jours avec son amoureux, dans le respect des convenances : Annabelle a des valeurs. Elle croit en la famille et elle partage cet engagement avec ses amis. Lorsque ces derniers surprennent Greg et son pote Choukri à grapher sur un pont, des insultes, puis des pierres qui volent. Une atteint Choukri qui s’effondre sur le quai, mort…

A partir de cet accident, l’escalade effrayante des non-dits, des malentendus, de la culpabilité et de la vengeance vont aboutir à un drame dont la modernité va de pair avec une violence qui nous laisse le souffle coupé.

Un roman noir social très moderne avec pour héros des jeunes d’aujourd’hui confrontés à leurs engagements politiques sur les bords du Rhône et de la Saône.

Dominique Delahaye a enseigné en école élémentaire et a mené des activités syndicales et associatives. Il écrit depuis une quinzaine d’années des nouvelles et des romans noirs, des scénarios de BD, des chansons et des spectacles théâtraux. Il est un des fondateurs du festival du « Polar à la plage » du Havre. Il est également musicien et animateur du collectif « Polaroïds rock ». Il vit et navigue à bord d’une péniche.

LA DARONNE, Hannelore CAYRE (Métaillé)

Mon libraire, c’est une perle rare, une mine d’or, quelqu’un qui ne m’a jamais, absolument jamais, conseillé un livre que je n’ai pas aimé. Et là après un passage à vide assez déplaisant, je ne peux que le remercier doublement !  Pierre donc (librairie Eureka Street) m’a conseillé de jeter un œil à  La daronne, à mon tour je ne peux que vivement vous pousser à vous jeter dessus.

Ce roman est un véritable bol d’air frais, drôle bien que cynique, merveilleusement rafraîchissant, qui se joue de nombreux clichés et rempli de bon sens.

Extrêmement attachante, « la daronne » est une femme comme tout le monde (dont l’enfance cependant ne s’est pas déroulée en toute légalité), traductrice d’arabe pour la police qui un jour, sait saisir la bonne occasion au bon moment et se retrouve en possession d’une quantité astronomique de drogue. Après avoir traduit d’innombrables échanges entre trafiquants, elle a toute les ressources pour s’enrichir et mener enfin la vie qu’elle mérite !

La daronne se lit comme une fable, nous révolte par sa cruauté parfois (comment ne pas être touchée par les pauvres pensionnaires de l’EPHAD ou elle a dû placer sa mère), nous amuse par sa cocasserie, nous éclaire sur les dessous des trafics (qui sait ça peut servir), bref un roman noir léger (si si c’est possible) que je ne me lasserai pas de conseiller !