The fractured Europe sequence de Dave Hutchinson

« The fractured Europe sequence » est un cycle de trois romans (pour l’instant) écrit par Dave Hutchinson, les titres sont : « Europe in autumn », « Europe at midnight », « Europe in winter ».

Dave Hutchinson est l’auteur britannique découvert ces dernières années qui m’a le plus donné envie de recommencer à écrire des chroniques pour Unwalkers…

J’entendais parler de ses deux romans « Europe in autumn » et « Europe at midnight » depuis 2014 et 2015, ils avaient tous les deux de très très bonnes critiques sur plusieurs sites anglais, (Gromovar avait aussi fait une chronique de « Europe in Autumn » sur Quoi de neuf sur ma pile ici si vous voulez un autre avis) j’ai mis du temps, mais quand le troisième tome est paru en novembre 2016, je les ai enfin lus. Et quelle révélation ! Je vais parler des trois livres dans cette chronique sans trop spoiler, au cas où un éditeur français se déciderait enfin à traduire ces superbes romans (les deux premiers avaient été nominés pour le prix Arthur C. Clarke et pour le prix John W. Campbell Memorial Award en 2014 et 2015, le troisième a quant à lui reçu le prix du meilleur roman de la British Science Fiction Association en 2016).*

*J’en profite pour faire une autre parenthèse sur le prix Arthur C. Clarke qui reste quand même à mon avis un des prix synonymes d’une certaine qualité littéraire. Contrairement à d’autres prix récompensant des romans sf et fantasy, notamment le prix Hugo qui est parasité par les sad puppies depuis quelques années, le prix Arthur C. Clarke est décerné par un comité composé de cinq professionnels issus de trois organismes britanniques soutenant la science-fiction. Regardez un peu, voici quelques gagnants depuis la première édition en 1987 : « La servante écarlate » de Margaret Atwood, « Vurt » de Jeff Noon, « Le moineau de Dieu » de Mary Doria Russell, « Perdido street station », « Le concile de fer » et « The city and the city » de China Miéville, « La séparation » de Christopher Priest, « Quicksilver » de Neal Stephenson, « Zoo city » de Lauren Beukes, « Station Eleven » de Emily Saint-John Mandel ou encore « Underground railroad » de Colson Whitehead cette année, et je ne parle même pas des différents auteurs nominés. Jugez plutôt : Elizabeth Hand, Connie Willis, James Morrow, Vernor Vinge, Mary Gentle, Octavia E. Butler, Greg Bear, William Gibson, Ian McDonald, Lucius Shepard, et j’en passe… listes que vous pouvez retrouver ici… Pour finir l’écrivaine Nina Allan (lisez son livre « La course » chez Tristram !!!!!) a organisé cette année un « Shadow jury », qu’on pourrait traduire par « jury fantôme », du prix Arthur C Clarke pour remettre en avant les discussions des jurés sur les romans et sur la « short list » des nominés et non seulement le gagnant du prix, dans l’optique de prédire le vainqueur du prix. Les différents membres du jury fantôme s’étaient décidés sur le space opera de Yoon Ha Lee « Ninefox gambit » soit dit en passant, un super livre aussi. Pour les anglophones tout est ici. Fin de la parenthèse.

De quoi parle « The fractured Europe sequence » ? Imaginez une Europe dans une vingtaine ou une trentaine d’années, après une extrême épidémie de grippe et plusieurs crises économiques et politiques qui ont laissé la majorité des pays en ruines. Les grandes nations européennes se sont plus ou moins effondrées, de multiples petits pays ou entités politiques (appelées « polities » en anglais) se sont créés sur le territoire européen, les frontières connues n’existent presque plus, de multiples nouvelles frontières parsèment désormais l’Europe de l’est, et une entreprise privée s’est lancée dans la construction d’une ligne de chemin de fer (sobrement appelée « The line ») avec pour objectif de traverser tout le continent en reliant le Portugal au fin fond de la Russie, ligne de chemin de fer qui finit par se déclarer elle-aussi une nation souveraine.

Le personnage principal du premier livre s’appelle Rudi, d’origine estonienne, il est chef-cuisinier dans un petit restaurant de Cracovie quand on le rencontre. Son patron le met rapidement en contact avec des truands mais pas n’importe quelle sorte de truands, ils se présentent comme faisant partie d’une organisation appelée « Les coureurs des bois » (en français dans le texte), une organisation aidant à passer de la contrebande dans toute l’Europe, que ce soit des personnes ou des marchandises. Lorsqu’une de ses premières missions ne se termine pas très bien pour lui, Rudi décide de s’intéresser à cette ligne de chemin de fer trans-européenne et à la direction des Coureurs des bois, tout en évitant les services de renseignements des vieilles nations européennes et des états plus récents…

Quand Rudi commence à travailler avec les Coureurs, l’auteur en profite pour assaisonner les romans de plusieurs clins d’oeil et références aux romans d’espionnage classiques de John Le Carré ou Eric Ambler, avec également une ambiance très proche de Kafka dans les descriptions des bureaucraties des différents états.

Le mélange polar / espionnage avec le coté anticipation politique et la description de cette Europe fracturée et morcelée fonctionne à merveille. L’auteur a aussi beaucoup d’humour, un humour très britannique, malgré l’ambiance très noire.

Je ne comprends pas pourquoi aucun éditeur français ne l’a encore traduit, parce que c’est également bourré de réflexions sur les frontières, sur les migrants et émigrés, et sur l’histoire de l’Europe de l’Est ou de l’Angleterre, (l’auteur n’avait pas imaginé le Brexit, mais presque…), et sur ce que pourrait être l’Europe, problèmes incroyablement d’actualité depuis quelques années.

Et en prime, une multitude de références à des spécialités culinaires de plusieurs pays d’Europe de l’est et des Balkans…

Est-ce de la sf ou du polar alors ? A part le coté anticipation politique, on pourrait croire qu’il s’agisse essentiellement d’un roman noir ou d’un roman d’espionnage, mais à la fin du premier livre, et je ne sais pas si c’est considéré comme un spoiler de simplement en parler, mais bon…., à la fin du premier livre donc, Dave Hutchinson nous assène une sacrée révélation, qui remet en perspective toute l’histoire qu’il vient de nous raconter, et qui place le livre dans un style résolument sf, proche de China Miéville ou Charles Stross.

Un autre point fort de cette trilogie est la narration et la construction des trois romans : dans le premier roman, on fait donc la connaissance de Rudi et des « Coureurs des bois », à travers son parcours, on devient de plus en plus familier avec cette Europe morcelée et en ruines. Dans le deuxième, l’auteur nous raconte une histoire parallèle à l’histoire du premier livre, avec des nouveaux personnages et des nouveaux enjeux. Et le troisième livre ? Sans trop dévoiler, disons juste que le troisième roman termine l’histoire de Rudi, et l’histoire pourrait se finir là. Mais il y aura au moins un autre roman dans ce cycle, pour l’instant rien n’est connu à part le titre « Europe at dawn ». Le site de Dave Hutchinson est aussi assez intéressant, pour ceux qui voudraient en savoir un peu plus sur lui.

Ces trois romans font partie des meilleurs romans que j’aie lus ces dernières années, les personnages sont incroyables, l’univers que Dave Hutchinson a créé est à la fois trop proche et malheureusement trop crédible sur certains points, son humour m’a fait mourir de rire à plusieurs reprises, que demander de plus ? Il y a également de nombreux passages consacrés à l’histoire ou à l’architecture de certains pays, l’Estonie (un super passage se déroule dans un parc naturel), la République Tchèque, l’Allemagne…

Pour finir, le premier roman de Dave Hutchinson intitulé « The villages » date de 2001, roman qui a l’air aussi intéressant mais je ne l’ai pas encore lu. Il vient également de publier un court roman intitulé « Acadie » dans un style assez différent, plus space opera qu’anticipation, à lire en attendant « Europe at dawn ».

JIGAL et JOB

© Les Pictos

J.O.B. – Jacques Olivier BOSCO (Ce billet n’est pas de la soupe même si l’on y cause de biscotte.) 

Le Corbac

Jacques-Olivier Bosco… que je l’aime… que je l’adule et adore (Ceci étant dit et posé vous savez que les mots qui vont suivre n’auront strictement rien d’objectif). Un homme dont j’aimerai avoir la coupe de chev… pardon je m’emballe…

Donc Jacques-Olivier Bosco (dit JOB) fut une de mes plus jolies découvertes de ces deux dernières années dans le panorama du roman noir francophone, et étranger (Ben oui je dis que Job il écrit tout aussi bien voire mieux que certains auteurs internationaux et que même si tu me dis que c’est peut-être la faute du traducteur je te dirai qu’avec Job ben il ferait quoi qu’il arrive le boulot nickel chrome et rubis sur l’ongle sans rechigner parce que sinon… ben pan…).

Pourtant il m’a fallu attendre l’été 2016 pour me plonger dans son œuvre (ben ouais avant je n’avais pas eu le temps !). Et là d’emblée je prends uppercut et crochet (ou inversement je sais plus) qui me foute la tête de traviole et le cerveau tout chamboulé : je vous parle du Cramé et de Aimer et Laisser Mourir.

Quand dés le départ tu te tapes deux mecs comme ça (Le Cramé et le Maudit) t’es content de t’en être tiré vivant. Parce que ouah… tu la sens la culture du Job, tu la vois son appropriation de ce qu’il aime, de ce qui le fait vibrer comme un avion au décollage. Parce que les mots ils fusent, les scènes s’enchaînent, souvent comme les balles dans le chargeur, pour venir te percuter.

Alors quand t’as lu ces deux là tu te dis que ouais ok c’est pas mal, ça déménage bien et que les gars sont quand même sévèrement burné et pas tout seul dans leur tête… alors t’attends un peu et puis tu t’enfiles le reste de la fournée…

Loupo qui est d’un nihilisme puissant et dont l’écriture si hachement travaillée te découpe l’âme comme une bûche.

Tu retrouves Lucas et tu réalises que le Job sa thématique il la tient et qu’il la lâche pas et quand tu finis par rencontrer Le Noir et ses 5 anges tu comprends.

Il est pas d’origine sicilienne pour rien le gaillard et du haut de ses 1m10 (les bras levés et debout sur un tabouret) il y a deux choses qui ne méritent aucun pardon : la Famille et l’Honneur.

Ben ce sont les valeurs que Job véhiculent dans ses 5 romans jigaliens, il les explore, les explique, les justifie et parfois même les excuses au nom de ces deux valeurs authentiques que sont la famille et l’honneur.

Oui ses personnages sont des maudits au noir comportement cramé comme des loups affamés mais ce sont avant tout des êtres humains qui restent attachés à ces valeurs qui font de nous des êtres bons. Oui leurs armes et arguments sont souvent mortels et violents mais comment permettre de laisser toucher à ce qu’il y a de plus sacrés sans répondre ? Qui laisserait détruire son amour, sa famille, son avenir, sa vie, son honneur sans vouloir un jour ou l’autre demander réparation et faire payer cette douleur ?

Vous voulez connaître Job ? Suivez le guide, il va vous parler de lui.


Quand les anges tombent, 2014

Pourquoi as-tu décidé d’envoyer ton manuscrit chez Jigal la première fois ?

Cela faisait presque dix ans que j’envoyais des manuscrits en espèrant être publié, j’essayais de donner le maximum de chance à l’ouvrage que je pensais être indispensable au monde du polar, j’essuyais les (nombreux) refus, je me remettais en question, j’attaquais une autre histoire dans un autre style avec encore plus de hargne, et je recommençais a essayer de donner sa chance à ce nouvel opus ! Et la mort se lèvera était mon troisième espoir, et j’y croyais beaucoup. Je l’ai d’abord envoyé à une dizaine de très grosses maisons d’éditions (14€ d’impression plus 9€ de port, les apprentis auteurs savent de quoi je parle), puis, au bout de deux ou trois mois, j’ai fait passer une deuxième rafale chez Jigal, La Manufacture, Le Diable vauvert, L’écailler (à l’époque), Baleines, L’Archipel, etc… Pour moi, Jigal est un éditeur de polar comme les autres, je le voyais sur les tables des librairies et aussi dans les salons, et puis j’avais été marqué comme tout le monde par la vague «Marseillaise», Izzo, Carrèse et Del Pappas (entre autres), ce fut donc un énorme bonheur de recevoir une réponse de sa part une quinzaine de jours après mon envoi. 

Comment perçois-tu la ligne éditoriale de Jigal polar ?

Terminé, les «polars du Sud», depuis une dizaine d’année Jigal, ce sont des polars cultes (dépêchez vous de commander l’admirable La prière du Maure d’Adlène Méddi, Train bleu, train noir de Gourian, ou bien La vie est un sale boulot d’Otsiémi, et je ne vous parle pas du Cramé), mais surtout, c’est une pépinière de talents francophones qui se réactualise chaque année. C’est le seul éditeur à sortir neuf nouveautés en langue française chaque année.

Pour les auteurs de polars (qui écrivent en français) c’est une chance énorme. Car chaque année Jimmy Gallier se débrouille pour dénicher au moins un tout nouvel auteur. Bon aujourd’hui, il y en a qui sont un peu connu grace à FB ou bien parce qu’ils sont passés par d’autres maisons d’édition, mais s’il y a une chose qui caractérise la ligne éditoriale de JG, c’est l’écriture, le style. Chez Jigal vous trouverez du roman noir français dans la plus pure tradition sociale et stylistique, mais aussi du polar d’évasion – souvent aussi grâce à une plume caractéristique, une langue qui emporte, amuse, séduit, surprend ; le plaisir de la lecture par le ressenti des phrases – c’est un énorme plus, car un texte qui pourrait passer pour «non commercial» ou bien « hors des clous» s’il a une âme, une écriture, et surtout, Jimmy est strict là-dessus, une «Histoire», et bien, il aura ses chances chez Jigal !Alors, les apprentis auteurs qui rêvent (parce que c’est une maison de référence) d’aller chez Jigal Polar, vous savez ce qu’il vous reste à faire, et attention, une autre règle, pas plus de 400 000 signes grand maximum, c’est du polar !

Qu’est-ce que Jigal t’a apporté ?

Tout ! Bah c’est clair, pour un auteur, l’édition apporte la reconnaissance, auprès des siens, de son entourage, et surtout, par rapport à son (long, frustrant, minutieux, hargneux) travail. De se retrouver dans la même maison que Méddi ou Georget, l’année ou il a eu trois ou quatre prix d’affilés, cela fait quelque chose. Ensuite, maison indépendante, oui, mais qui fait tout pour que ses livres se vendent et soient connus (et là-dedans, il y a le votre). Ils en envoient donc plus de deux cents à tous les journaux, télé, radios, blogs, pages de lecteurs, sites et passionnés qui parlent et chroniquent des polars, mais aussi font tout pour que les livres soient inscrits dans les concours et que les auteurs soient invités dans les salons afin d’avoir de la visibilité et du contact auprès des lecteurs et, encore, passionnés. De mon côté, Le Cramé (mon deuxième ouvrage chez Jigal) a été plébiscité dans le magasine Lire, ainsi que dans Télématin, j’ai aussi pu participer et gagner le Prix Blues et Polarpour Loupo, et ainsi être remarqué dans le monde du polar. Ce qui fait que, par la suite, j’ai été directement contacté par d’autres éditeurs, mais avant, j’avais déjà sorti 5 livres chez Jigal. Patience et fidélité sont une des règles de ce milieu. Et aussi pragmatisme, comme l’est Jimmy Gallier, il m’a déjà refusé un texte, et il pourrait en accepter un si celui-ci convient à sa ligne éditoriale, sans regarder si je suis déjà dans telle ou telle autre maison d’édition. Comme je l’ai dit, ce sont les textes et les livres qui priment, pas les auteurs, donc, deuxième conseil aux apprentis auteurs, pensez d’abord au devenir de vos textes, avant de penser à vous. 

Qu’est-ce qu’il y a au programme pour toi dans les prochains mois ?

En février 2018 sortira mon deuxième livre chez La Bête Noire, là aussi, une collection extraordinaire : à la vitalité et au punch incroyable, cela sera une nouvelle aventure de mon personnage Lise Larteguy découverte dans Brutale. Il ne s’agit pas vraiment d’une suite, un peu comme les histoire de Supers héros, on y retrouve un univers lié au personnage principal mais projeté dans une aventure totalement différente et nouvelle. Je fais tout pour ne pas me répéter dans mes livres et surtout, pour ceux qui commencent à connaître ma patte, au-delà d’emmener et de secouer le lecteur, de le «surprendre !» à la fois par l’émotion, et le rythme. En plus, cette fois, j’ai essayé d’avoir une super intrigue avec des «rebondissements», une enquête criminelle où l’on découvre (et devine ?) le coupable qu’à la fin ! J’en peux plus de stress, j’ai trop peur de décevoir, ou de ne pas être à la hauteur, je sais déjà que je vais me taper une dépression de malade après sa sortie ! Je plaisante ( quoique), heureusement, pour moi, l’écriture c’est avant tout du plaisir et de la passion, je continue de la pratiquer, de raconter des histoires, d’imaginer des scènes, des situations, des dialogues, des personnages, faire toujours mieux par rapport à ma propre exigence d’écriture, que mes relectures soient prenantes, et même, surprenantes ! Y’a pas, j’adore les défis, et bien sur, raconter des histoires.


Au programme : 

ITINÉRAIRE D’UNE MORT ANNONCÉE, FABRICE BARBEAU (Hugo Thriller)

Voilà un livre sans temps mort qui se déguste avec passion et dont le seul défaut est de s’avaler trop vite !  295 pages à la mécanique bien huilée, avec une mise en scène à la Hitchcock, un scénario à la Stephen King, et à la rédaction, un français du nord de la France bien de chez nous… Fabrice Barbeau.

Démarrage pied au plancher pour cette fiction se passant dans la région lilloise, on fait la rencontre d’Anthony, personnage central du récit, qui mène une vie heureuse et tranquille avec sa femme et sa fille Agathe. Itinéraire classique d’un bonheur parfait qui vole en éclat dès la première scène du roman. A partir de là, vous ne pouvez qu’être accroché par un scénario trépidant à l’américaine avec un chapitrage fait de flash back d’une part et les dernières 24h découpées heure par heure comme un compte à rebours.

Soumis à rude épreuve, Anthony, broyé par le cycle infernal de sa vie, agissant toujours en réaction et non pas par choix réfléchi, va devoir se battre pour survivre dans ces moments ou tout devient flou, impalpable et dangereux. Descente aux enfers, décisions inappropriées, une âme en peine létale secouée et détruite peu à peu par ses meilleurs amis prénommés alcool et psychotropes, vont finir par amener notre héros aux portes de la folie.

Heureusement, Mélanie,la policière rencontrée par hasard va lui être d’un précieux secours alors que tout s’écroule autour de lui. Personnage clé de cette histoire mouvementée, au même titre que les anciens amis d’enfance d’Anthony, tous vont devoir faire face et affronter une situation hors du commun.

Angoisses, suspense, manipulations, faux semblants, personnages troubles fuyant leurs responsabilités la vérité que l’on sent poindre au bout d’un moment n’est peut être pas si simple. Jusqu’au bout de la nuit l’auteur nous emmène avec ses héros vers une sentence morbide pendant que les cadavres s’accumulent. Un huis clos millimétré ,étouffant,sanglant et cruel que ne renierait pas Hollywood au meilleur de sa forme.

Une belle photographie de la campagne lilloise et de sa capitale est également présente de façon fidèle. Pour ceux qui connaissent la «Gare des courants d’air» Lille Europe, ou le palais de Justice, on ne peut que sourire et valider le discours de l’auteur. Avec style et une jolie écriture, Fabrice Barbeau donne du rythme à son histoire effroyable se permettant de glisser ici et là quelques éléments d’infos réelles situant son roman dans le temps.

Une réussite incontestable, maîtrisée de bout en bout avec tous les ingrédients que l’on aime trouver quand on commence à mettre son nez dans un roman noir. Bravo pour ces 300 pages que l’on dévore à toute vitesse. Addictif et recommandé par votre serviteur.

Marin Ledun ils ont voulu nous civiliser, Flammarion

Je n’en doute plus, Marin est  du coté de Macron, ii bosse ce n’est pas un fainéant, un livre par an

Un récit court et concis très bien mené. Au niveau littéraire surement son plus abouti, en termes d’écriture, et tout ce qui va avec. Jusque-là tout va bien….

Ne délaissant pas son côté humain et son regard incisif sur notre société, Marin arrive à jouer avec les lieux communs, le tout prêt à consommer, à détourner les brèves de comptoir Jusque-là tout va bien….

Marin nous offre ici, par la personnalité de ses personnages et de leurs sentiments, un monde plus complexe qu’il n’y parait, c’est la grande force de cette trame, balayant toutes idées préconçues se moquant du manichéisme et des idées toutes faites, un vrai anar quand il veut, jusque-là tout va bien…

Mais, voilà…Je n’ai pas accroché, j’ai peiné pour le finir, pourquoi ?

La qualité du polar français est excellente, l’auteur est en tête de file, mais, mais je suis incapable de dire pourquoi….

Je pense que cela vient du fait de passer après la famille Winter, qui est d’une force infinie…
Les moments, les envies, un instant T…va-t’en savoir Charles

Ils ont voulu nous civiliser par Ledun

 

Thomas Ferrer n’est pas un truand. Pas vraiment. Les petits trafics lui permettent de sortir la tête de l’eau, même si la vie n’a pas été tendre avec lui. De petits larcins en détournements de ferraille, le voilà face à face avec un truand, un vrai cette fois. Celui-ci, laissé pour mort par Ferrer, embarque deux frères assoiffés de vengeance à la poursuite de son agresseur. La traque sera sans pitié, alors qu’une puissante tempête s’abat sur la région.

Killarney Blues de Colin O’Sullivan chez Rivages noirs

Comme un blues, mineur ou majeur ce livre va vous bouleverser.

L’auteur est une araignée qui tisse une toile ou peinture fresque gigantesque sur une tragédie abordée avec un sens innée de la narration et de l’humour.

Ici-bas on parle d’humanité, de résilience surtout dans les pires moments. Avec une grande délicatesse et de soleil, l’auteur nous emmène dans les tréfonds sordides de l’être humain. Le blues vous accompagnera tout au long du récit. Pour les néophytes vous irez sur YouTube, sa connaissance du blues est grande, mais pas que…..

Il excelle aussi dans l’humain et sa vie.

Magnifique conte de ce siècle ou la morale est presque sauvé, Jean de La fontaine ou Esope rendormez-vous……

Lassiez-vous bercer par ce livre qui n’a pas eu le succès mérité, grand grand livre

 

Killarney Blues

La pittoresque ville de Killarney, dans le sud-ouest de l’Irlande, pourrait sembler l’endroit idéal pour profiter d’un soleil trop rare, mais la ville a le blues. Bernard Dunphy, cocher excentrique et guitariste, se languit d’un amour non réciproque et doit composer avec une mère et un cheval tous deux malades ; son ami Jack se mêle d’un crime violent ; et un trio de copines se prennent dans la toile de leurs propres méfaits. Le roman oscille entre l’obscurité et la lumière tandis que ses protagonistes luttent avec leurs démons intérieurs. L’amitié, l’amour et la musique peuvent-ils sauver leurs âmes tourmentées ?

Vulnérables de Richard Krawiec, éditeur tusilata

petit bijou, qui ne laissera personne indifférent

C’est exactement le genre de livres qu »éditaient feu la 13 me note, je ne connaissais pas cet éditeur, maintenant que c’est fait je ne lâche plus,

la préface de l’auteur est déjà un bijou à elle seule. Il nous explique que, parfois, et bien, voilà, la vie c’est autre chose que boulot dodo etc, avec un humanisme profond, car l’auteur en a bouffé de la merde.

Écrit sous Reagan, on a le début d’une grande paupérisation de la classe moyenne, et de la société en générale

Qu’importe le pays cette histoire est transposable de partout

De profondes scènes vous resteront en mémoire longtemps, je garderai à l’esprit une course poursuite débile qui finira devant un poste de police ou … ?

Sans oublier un fin qui vous laissera un sale gout de bile….

L’action se passe sous l’ère Reagan d’où la préface de l’auteur pour la sortie du livre en France, On est aux USA dans une ville ravagé économiquement, et l’auteur va passer à la loupe la vie d’une famille. On suivra principalement un antihéros confronté à la misérer quotidienne, et aux non dit familiaux. C’est u ne fresque gigantesque allant de analyse sociétale, à  celle de la famille, à la violence,  au sentiment de viol suite effractions à répétitions. L’histoire de générations totalement incompatibles. etc etc

La prose est limpide, fluide, éclatante malgré la noirceur qui envahissent les chapitres.

CULTE MERCI A L ÉDITEUR QUI VA SUREMENT PERDRE DE L ARGENT PENDANT QUE VOUS LISEZ  DE LA MERDE

Lorsque Madame Pike rentre du travail, elle trouve devant chez elle une estafette de police. Guidés par son mari, deux agents sont en train de constater les dégâts perpétrés dans la maison familiale. Cambriolée. Saccagée. Souillée. Le vieux couple est sous le choc. Leur fille, enceinte de neuf mois, demande à son grand frère Billy de leur venir en aide.

Quadragénaire à la vie en miettes qui n’a pas vu ses parents depuis plusieurs années, Billy revient donc en ville. Sans trop savoir pourquoi. Lui, l’ancien délinquant qui a braqué tant de maisons, se retrouve à devoir veiller sur son père et sa mère, traumatisés. Et à retourner dans la ville qui l’a vu basculer.

Partant de cette simple histoire de cambriolage, Richard Krawiec met le doigt où ça fait mal, et décompose méticuleusement les secrets troubles et les terreurs enfouies d’une famille moyenne américaine. Une plongée dans les entrailles sombres d’un pays renfermé sur lui-même, gangrené par la paranoïa et rongé par le malaise.

Une assemblée de chacals de S. Craig Zahler, Gallmeister

le retour du western, façon horde sauvage et impitoyable pour la trame dans la lignée de Méridien de sang, j’ai dit lignée pas autre chose, je m’expliquerai plus tard

ATTENTION JUSTE POUR LA TRAME

Bon ce livre dynamite un peu les codes du western noir, c’est un livre puissant, noir qu’on dévore. cela va vite très vite. Pas mal de scènes sont dérangeantes et me font penser au film Bone Tomahawk réalisé par lui, un film qui n’a laissé personne indifférent ou aime ou on déteste, j’ai adoré

Dans son premier livre l’auteur avait déjà posé ses marques, on est là dans l’action pur et dur, et avec férocité.

Alternant habilement les allez retour dans le temps, entre une bande de hors la loi et ce qu’ils sont devenu et ce qu’ils doivent régler., Cette combinaison fonctionne à merveille.

Paradoxalement on parlera d’écriture visuelle, c’est un livre fait pour le cinéma, ou pour vous emmener directement au cœur de l’histoire, de par la facilité qu’à l’auteur de décrire les scènes, paysages, avec un sens inné de la narration et du suspense pour que vous vous finissiez ce livre en même temps que le reveil sonne !!!

Pauvres personnages qui pensaient que la rédemption leur était acquises. Non. Il va falloir affronter un démon et ces cerbères revenus droit de l’enfer. Agissant avec le principe de précaution, parant à toute éventualité, il sont sur que…..lisez

Le renouveau du western noir commence ici.

Après nous allons évoquer ici un autre livre « La famille Winter »

 

 

Après avoir tiré un trait sur leurs jeunesses de braqueurs et d’assassins, les quatre membres du “Gang du grand boxeur” mènent désormais des existences rangées et paisibles. Jim a si bien réussi à refaire sa vie qu’il est sur le point d’épouser la sublime fille d’un shérif. Mais un fantôme ressurgi du passé annonce qu’il compte s’inviter à la cérémonie et profiter de la fête pour régler de vieux comptes. La mort dans l’âme, les quatre anciens amis n’ont plus qu’à se donner rendez-vous au mariage, où il faudra vaincre ou mourir. Mais ce qui les attend dépasse de très loin tout ce qu’ils avaient pu imaginer..

Bourbon Kid d’ Anonyme, éditions Sonatine

et si c’était le meilleur de tous,JE DIS OUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

Oh putain comme j’ai rit, de la damnation aux enfers à notre monde, j’ai éclaté de rire à toutes les pages presque.

Encore un très très bon roman de l’ami anonyme. Tous plus débiles les un que les autres, mais Sanchez remporte la palme, en tant que héros sublime du livre,. Le héros imparfait lui et ses affres de la digestion.muahhhhhhhhhhhh

Que puis je vous dire de plus, humour potache fonctionnant à merveille de la tuerie et de l’action, des chevaliers de l’apocalypse déglingués, un monstre, les dead hunters au complet et notre Bourbon kid.

bon certains diront qu’il est nécessaire de lire les autres pour apprécier certaine subtilité de la trame, MAIS, quand dm^me, vous pouvez y aller et vous les faire dans le désordre, l’humour tellement absents du polars et du noirs fait tellement de bien

cette chronique n’est pas sponsorisé par les laboratoires médicaux, zoloft, sertraline, codéine, xanax etc

ni par ton dealer en Thc

 

Traduit de l’anglais par Cindy Colin-Kapen

Quand le tueur en série le plus impitoyable et le plus mystérieux que la terre ait jamais porté devient une cible.

Les Dead Hunters ont une morale très personnelle. C’est la moindre des choses pour une confrérie de tueurs sanguinaires. Ils ont aussi quelques menus défauts, se croire invincibles, par exemple. Un démon va néanmoins vite les détromper. Malin, fort et intelligent comme seuls les démons savent parfois l’être, il va tranquillement les décimer les uns après les autres. À une exception près. Un des membres des Hunters reste en effet introuvable, et non des moindres : le Bourbon Kid.
Notre démon va alors jeter toutes ses forces dans la bataille, depuis les quatre cavaliers de l’Apocalypse jusqu’à une armée de morts vivants, pour retrouver et anéantir définitivement notre tueur bien-aimé.

la diagonale du loup par Laurent Rivière, éditions du Toucan

Tés bon polar hors des sentiers rabattus, avec beaucoup de découvertes à la clef dans ce récit très humain de surcroit

Troisième ouvrage pour l’auteur, il n’est jamais trop tard pour le découvrir.

L’histoire va suivre avec rythme la recherche d’un ou plusieurs assassins d’une fille .Des personnages truculents et bien bâtis

Le héros est enfin humain débarrassé de tous artifices du super flic. Un homme qui doute, un humain.

Belle intrigue tout en légèreté qui se découvre avec un réel plaisir. Comme cette région ou ses fouilles archéologiques assez méconnues.
Welcome in le pays de gueugnon son foot , le Morvan son passé gallo.

Soyons bon joueur, l’auteur nous entraine de fausses pistes en fausses pistes, nous faisant découvrir toute une vie de flic et surtout une région,

bravo

 

L’inspecteur Bostik vient d’être muté, après une malheureuse affaire à Paris, au commissariat d’Autun, en plein Morvan. Ancien joueur de football éloigné des terrains à cause d’une blessure, c’est un homme encore jeune mais qui remâche sa frustration.

D’autant plus qu’il a aussi laissé à Paris sa dernière histoire d’amour, fanée trop vite.

Lorsqu’une jeune touriste de 17 ans, venue en Bourgogne visiter le site archéologique de Bibracte, disparaît, son patron lui confie l’enquête, sûr qu’il s’agit là d’une classique fugue adolescente.

Mais les trésors de Bibracte pourraient bien avoir attiré des individus peu recommandables…

Saul Black Love murder presse de la cité

Et le retour gagnant pour Valérie Hart et son auteur, Saul Black

Remarquez il est difficile de ne pas aimer Glen Duncan pardon alias Saul Black

C’est une approche totalement différente du thriller que  Glen Duncan nous propose encore une fois. C’est   psychologiquement très fin. L’auteur va loin très loin dans la psyché, nous interpellant, sur des notions de non manichéisme, d »humanité, et les rapports sociétaux, mais vraiment loin, on se croirait chez le psy ou à confesse…

Entre action et interpellation de notre humble cervelet, enfin surtout vous, nous sommes proche de la manipulation mentale

Il y a du cul beaucoup de cul, dans ce récit qui est aussi un prolongement de  l’humain, du sexe, moteur principale de vie ou de mort, selon l’angle !!!

Je ne suis pas très thriller mais là, merde putain ce livre est une tuerie

c’est au dessus, très haut que se balade l’auteur, sur les nuages !!!

les autres continués, mais à mon humble avis, c’est impossible de faire mieux

 » Souviens-toi de son visage. C’est le dernier que tu verras. « Une nymphe à la beauté inquiétante, Katherine Glass, patiente dans le couloir de la mort pour avoir torturé puis assassiné une dizaine de femmes. Mais son partenaire dans le crime, l’Homme au masque, court toujours… Et six ans après les meurtres, il recommence à tuer. Valerie Hart, l’inspectrice à qui l’on doit l’arrestation de Katherine, est décidée à enfin clore le chapitre.