SOLEIL ROUGE, Matthew McBride-NeoNoire, Gallmeister par le Corbac

Avec un titre pareil tu t’attendais à quoi ? À un gentil petit polar propre sur lui, au bord de l’océan et au crépuscule ? Avec un verre à cocktail à la main et une jolie femme à tes côtés ? Ben non! C’est tout l’inverse, pas une once de ce doux romantisme ni de cette tendresse ni de ce rêve que tu as eu quelques instants. Ici tout est rouge mais plutôt rouge sang. Pas de place pour les bons sentiments et les roucoulades. Ici il fait chaud, il faut moite et quand tu sues tu pues. Tu pues la peur, tu pues le manque, tu pues d’envie, tu pues le sexe et le manque d’amour, tu pues la folie et tu pues la mort. C’est bien connu, la meth ( oui oui celle de Breaking Bad) elle fait faire des conneries. C’est bien connu le métier de flic ça rapporte pas un radis et c’est dangereux. C’est bien connu que la drogue, la corruption, l’argent ça te ronge pire que la gangrène. Le roman de Matthew McBride il est comme le soleil : il te met le cerveau en ébullition, il fait monter ta température, il fait bouillonner tes sangs. Le roman de Matthew McBride il est rouge comme le sang qui coule ou qui gicle, celui qui charrie des drogues, celui qui fait battre ton coeur d’amour pour ta famille ou tes amis, celui qui pulse et te fait te dépasser. Soleil Rouge c’est une lueur d’espoir dans un monde de noirceur, c’est un roman qui te parle d’amour au milieu d’une corruption qui touche même les plus gentils. Soleil Rouge c’est un livre où les méchants peuvent être gentils, où les gentils ne sont pas ce qu’ils sont mais où les fous sont grave atteints… Viens prendre un coup de Soleil chez Gallmeister

LA PIEUVRE, JACQUES SAUSSEY par Bruno D.

Jacques Saussey est l’auteur du  Loup Peint encensé par la critique lors de sa sortie .Avant Le loup il y en eu d’autres comme  Colère Noire ,son tout premier et La Pieuvre qui nous concerne aujourd’hui est déjà son 6ème roman .On retrouve avec plaisir le capitaine Magne, Lisa Heslin et la fameuse équipe de la Police Judiciaire, les personnages récurrents créés par Jacques Saussey pour notre plus grand bonheur.

Lisa Heslin, officier de Police judiciaire ,est aussi la fille d’un juge d’instruction célèbre assassiné au début des années quatre vingt dix; affaire non résolue depuis plus de 20 ans. Lorsqu’elle apprend que sa mère, avec laquelle elle n’a plus depuis longtemps aucun contact, est à l’agonie,elle prend le premier TGV pour Marseille afin de se rendre à son chevet .

Pendant ce temps, le capitaine Magne, qui est son supérieur,mais aussi son concubin, est amené à enquêter sur un meurtre qui pourrait bien relancer l’affaire du juge Heslin, non élucidée et véritable aiguillon puant dans l’appareil judiciaire .

On sent bien en voyant la couverture noire et inquiétante que l’atmosphère va être lourde et sournoise. D’un fait simple si l’on peut dire,l’assassinat d’un coursier, va resurgir un fil à dénouer, une piste à suivre et une affaire qui va empoisonner les plus hautes sphères du pouvoir. Lisa de son coté va découvrir également bien des choses sur son passé.

Ce roman démarre comme une course de formule un, et ne ralentit même pas pour s’arrêter au stand. Jacques Saussey, contrairement à d’autres auteurs donne de l’épaisseur à ses personnages principaux et la découverte du passé de Lisa est une réussite du genre. Il y a l’enquête dans l’enquête et on jubile en tant que spectateur, pardon lecteur, en avançant au cœur de ce pavé de 550 pages .

Ses personnages ont de la consistance, du charisme, un vécu et des racines que l’on ne soupçonnait pas. J’ai entendu parfois des choses pas toujours agréables sur Jacques Saussey, je pense que ces détracteurs mal embouchés devraient lire La Pieuvre avant de d’émettre une once de réserve. C’est bien écrit, mené tambour battant, et je ne vois vraiment pas ce qu’on peut reprocher à un tel roman.

De la région parisienne à la région niçoise en passant par la secrète Suisse, le romancier nous emmène dans le sillage de Lisa et Daniel, malmenés et en danger comme jamais. Les menaces sont larvées et omniprésentes, au coin de la rue, dans les tribunaux, dans les couloirs du pouvoir ici et aujourd’hui, mais aussi hier et demain. La pieuvre et ses tentacules ont essaimés partout et chaque pas doit être contrôlé, assuré. L’ennemi rode et chaque respiration peut être mortelle. Sur un léger fond de vérité historique, l’auteur en profite pour nous livrer une vision des institutions politiques et judiciaires. C’est une fiction bien sûr mais quelquefois la réalité et la fiction…

Bref, ce bouquin est une totale réussite et je persiste à dire que Jacques Saussey est un auteur non seulement à suivre, mais qui devient un incontournable dans le paysage du Polar français. Sa nouvelle aventure publiée en début d’année 2017 Ne Prononcez jamais leur nom fera certainement partie des sorties les plus attendues de l’année et certainement des meilleures ventes. A bien des égards il le mérite aussi bien pour son talent que pour la gentillesse et la disponibilité de l’auteur.

Jacques Saussey sera en dédicaces le 10 mars chez Humeurs noires à Lille pour ceux qui souhaiteraient découvrir son univers.

HEATHER MALLENDER A DISPARU, ROBERT GODDARD par Bruno D.

paru chez Sonatine 2012 et Livre de Poche 2013

Un titre simple et accrocheur Heather Mallender a disparu,  un auteur, Robert Goddard, qui ne me disait rien, voilà ma curiosité piquée au vif.

La 4ème de couverture : Venue séjourner sur l’île de Rhodes pour se remettre d’un drame personnel ,Heather Mallender disparaît brusquement au cours d’une ballade en montagne ,presque sous les yeux d’Harry Barnett,le gardien de la villa où elle résidait.

Alléché par la perspective d’un voyage à Rhodes autant que par la découverte d’un nouvel auteur, je n’ai pas hésité bien longtemps. Harry Barnett, le quinquagénaire alcoolique, désabusé,vexé par la tournure des événements et avec pour seul indice une série de photos, va entreprendre une longue quête afin de découvrir la vérité.

Dès le départ, l’écrivain restitue fidèlement l’ambiance de cette île grecque, de sa ville principale Rhodes, et de la petite cité très touristique de Lindos. Pour y avoir été deux fois, je vous assure que ce décor naturel est parfaitement retranscrit et je me suis vu y retourner. On a l’impression d’être en vacances ou au paradis et dans un tel cadre, rien de grave ne peut vous arriver… sauf que… Haether Mallender va disparaître .

En Grèce, puis en  Angleterre Harry va suivre son idée et retrouver l’île anglaise quittée depuis neuf ans. Plus il va remonter les derniers mois de la vie d’Heather, plus le mystère va  s’épaissir .Des écoles d’Oxford à la campagne anglaise et avec le soutien d’ un ministre du gouvernement, ami de longue date d’Harry, quelques secrets bien gardés pourraient bien refaire surface. Les apparences ne sont pas faciles à cerner et essayer de retrouver un fond de vérité est une tache ardue pour notre enquêteur .

Ce n’est pas du thriller ou du noir, mais c’est un vrai bon roman policier que nous propose l’auteur au cours de ces 714 pages de la version poche. L’auteur nous promène avec bonheur au cœur de cette Angleterre ou chacun ou presque a quelque chose à cacher. Derrière le vernis, la peinture est prête à craquer, et cette société anglaise, quelquefois hautaine et puritaine, est tout sauf ce que l’on croit. Enfin peut être !

Par petites touches et avec entrain, l’auteur par le biais de son personnage principal nous fait visiter l’Angleterre profonde et ses vieux travers.Tout ce qui fait que la perfide Albion est ce qu ‘elle est en train de devenir. Des profondeurs de son histoire, de ses coutumes et de ses vieilles traditions, des individus ont été forgé et leur parcours n’est pas toujours exempt de tout reproche. Harry, dont la ténacité n’a d’égal que sa passion pour le whisky ou pour la bière se trouve embarqué dans un tourbillon passionnant de tranches de vie d’où il aura bien du mal à démêler le vrai du faux.

La fin à laquelle on ne s’attend pas surprendra plus d’un lecteur. Harry retrouvera t il Heather ? Est elle morte ou vivante ? Harry n’a t il pas couru après un fantôme ou ses vieux démons ? Ce gros pavé à suspense se lit avec gourmandise et je vais désormais  accorder à Robert Goddard toute l’attention qu’il mérite, parce que de vous à moi j’ai passé un excellent moment en sa compagnie ! 

93 Panthers de Jilali HAMHAM, Rivages

Bon, alors, c’est une joli trame pas mal faite que nous tenons là, calqué sur les black panthers originelles….

Tout est bien ciselé, belle écriture, mais, cela ne marche pas tout à fait…

J étais à fond, j’ai dévoré la première partie, et pas la seconde  trop surréaliste et une fin, un peu, un peu, soit, je reste mi figue mi raisin!!!

On a un auteur à suivre, c’est sur, bonne écriture, bonne idée, mais, mince, j’arrive pas à étayer, mais je suis resté sur ma faim, je radote je sais je sais je sais!!!

Certains personnages sont trop caractéristiques, au paradoxe d’eux même…..

bref pas un mauvais livre, je le redis, dévoré en deux jours, mais il m’a manqué la petite étincelle de la première partie qui est grandiose pour le finir et l’apprécier pleinement

voilà, je reste à l’écoute d’autres critiques, en rappelant qu’un livre se lit  un moment T, et que je ne suis pas omniscient, pan

Suite à un coup d’éclat sanglant sur les Champs-Elysées, le groupe terroriste des 93 Panthers déclare l’indépendance de la Seine-Saint-Denis. Après un moment de flottement, les services secrets français passent à la contre-offensive…

Un roman qui aborde des thématiques qui se sont, depuis, invitées au premier plan de l’actualité et seront débattues lors de la campagne présidentielle au printemps 2017 : terrorisme, climat de guerre civile, manipulation de la religion par des gangsters, manipulation de l’opinion, montée de l’extrême-droite…

 

Tito Topin : l’exil des mécréants, La Manufacture des livres

Mais putain dans quel monde on vit, honni soit les athées…..Enfin bordel de merde, si tout le monde avait une religion monothéiste et que le tout soit pratiqué dans l’œcuménisme, tout irait mieux non ?

C’est l’idée de départ de l’auteur, mais, soit, vous allez lire, que le retour style moyen âge pour la pensée unique, est pas si « top hein » que cela, hum !!!! zavez vu le jeu le mot sur l’auteur ^^

Soit,

Boris Soledad, Pablo, Annissa, et même Gladys sont pris dans une tourmente politico-religieuse .La tension s’installe dès le début du livre. Boris en fuite dans un monde futuriste, (enfin on croise les doigts que cela n’arrive pas) est recherché par la police, et autres tueurs. Il va s’en suivre une course pour sa survie. Une poursuite semée d’embuche mais aussi de belles rencontres, le tout saupoudré d’humour, pour une certaine légèreté dans un monde noire comme le cul de Satan !!!

Entre pamphlet contre la religion ou bien une société qui ne sait pas ou elle va, (euh dans le mur je pense), Tito Topin nous offre une belle cavalcade intelligente, et de quoi réfléchir

Pas mieux

Sous l’impulsion des États-Unis, de l’Arabie Saoudite, et d’Israël les États, lassés des guerres interconfessionnelles, ont décrété que l’ennemi n’était pas celui qui pratiquait une autre religion que la leur, mais celui qui n’en avait aucune. Ainsi, la Foi devenue obligatoire, les livres saints devenus constitutions, les athées, les rationalistes, les libres penseurs sont pourchassés ou enfermés dans des camps d’inoculation de la foi. Les réfractaires sont déchus de leur nationalité, exilés, spoliés. Pour ces états, les hommes ne sont plus des citoyens mais des fidèles. La contraception, l’homosexualité, l’adultère, le divorce, le mariage entre personnes du même sexe sont interdits et sévèrement réprimés. De plus en plus isolés, les pays du sud de l’Europe, pourtant réputés pour leur grande tradition catholique s’opposent toujours à la pression des gouvernements théocratiques.

C’est au Portugal que Boris Prévert, journaliste, poursuivi pour avoir dénoncé les crimes des intégristes de toutes les religions essaye de s’exiler. Il va embarquer dans sa fuite une amie d’enfance – Soledad-  retrouvée à Avignon, Anissa, une fille-mère qu’il protège, et Pablo, un vieux braqueur de banque. A leurs trousses, le Querrec, une inspectrice du ministère de la Justice Divine, un tueur, Abdelmalek Chaambi, en mission spéciale pour l’Evêque Perrin. Ils vont tous se retrouver à Lisbonne, au milieu des cohortes de réfugiés de toute l’Europe qui fuient le pouvoir religieux qui s’étend inexorablement.

David Carr, la nuit du Révolver

Jusqu’où pouvons-nous aller dans l’introspection avec clairvoyance ?

Comment revoir des images passés sans être affecté par le solipsisme ou prisme .

Comment notre cerveau nos pensée peuvent occulter ou fausser notre vision du passée… ?

et encore encore comme chantait un célèbre chanteur dit la buse de la moustache…

Bon David Carr nous propose un allez retour dans sa vie. Et ce n’est pas une vie tranquille, malheureusement pour lui et les autres.

La différence entre une autobiographie ou un récit sur un moment T d’une vie avec ce livre est plus qu’ épaisse.

Journaliste de métier, David Carr entreprend de revisiter son passé de manière empirique avec pragmatisme, et une approche journalistique. Caméras, enregistrements, confrontations avec les personnages clefs , les endroits du passé seront là pour aider à reconstruire un pan de sa mémoire.

Attention ce livre n’est pas de tout repos. Ecrit d’une manière très intelligente jamais barbante, nous revenons sur les traces d’un sale mec. La capacité d’autodérision et d’un certain je m’en foutisme, nous sauvera de son ego, et de son autoflagellation et surtout de cette putain de vie qu’il a eu.

Pas de pitié, pas de manichéisme, pas de pardon possible pour cette partie de vie

Bienvenue dans l’enfer, attention chaque personne est susceptible de s’y retrouver un jour

 

http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2015/02/13/mort-du-journaliste-americain-david-carr_4575661_3382.html

 

REVOLUTION, Sébastien Gendron, Albin Michel

Ce que j’aime dans le roman noir c’est quand il gratte, qu’il asticote, et qu’il t’amène à réfléchir, à faire le point, à réévaluer ta propre vie. Avec Révolution ça a même été plus loin.

S’il y a un bien un moment pour le lire c’est maintenant, entre campagne présidentielle ras des pâquerettes et scandales en veux-tu en voilà. Au lieu de regarder BFM ou Capital, je vous conseille de lire, et de lire celui là.

Non pas que Sébastien Gendron débarque avec des réponses ça non, si vous voulez qu’il vous aide à choisir pour qui voter ce n’est pas ici qu’il faut frapper. Mais si vos apéros s’animent autour du prix du paquet de clopes, de la croissance exponentielle de votre ticket de caisse mais pas de celui du contenu du caddie, si vous couchez vos enfants en vous demandant ce qu’ils vont bien pouvoir devenir dans ce monde qui ne réponds tellement plus à vos espérances, alors lisez.

Avec Georges et Pandora vous verrez (si vous en doutiez encore) que vous n’êtes pas les seuls à vous poser des questions, et à ne pas avoir les réponses. Que vous n’êtes pas seuls à en avoir ras la casquette, à bouillir de l’intérieur. Mais (parce qu’il y a forcément un mais) vous avez un travail (ou pas), des enfants (ou pas) des factures à payer (ça c’est sûr), et un mélange de rage et de lassitude.

Et si au lieu de plonger dans l’abandon, le « mais que veux-tu c’est la vie ! » on laissait la rage prendre le dessus ? Alors peut-être que nous aussi nous prendrions la voie de la révolution, même si on ne sait pas trop ni comment faire, ni où cela mène, ni ce qu’elle nous coûtera, parce qu’avec le cynisme légendaire de Sébastien il ne faut pas s’attendre à un plan de campagne bien établi. 

Ce livre a résonné en moi, a fait écho à mes doutes, mes questionnements, m’en a rajouté d’autres d’ailleurs. Et puis merde ça fait du bien de voir tout ça écrit noir sur blanc, avec talent, avec humour corrosif et justesse.

Je ne sais pas où le monde va, je ne sais pas où je vais, mais je suis heureuse que ce roman me soit tombé dans les mains, et j’espère qu’il finira bientôt dans les vôtres, car après tout, « Levez-vous, ouvrez la fenêtre, penchez-vous et hurlez « Je suis fou de rage et je ne vais plus me laisser faire ! » Je vous jure que ça fait du bien. 

Version Officielle de James Renner traduit de l’anglais (États-Unis) par Caroline Nicolas, Editions super 8

Une trame comme jamais, j’en ai lu . Le terme dévorer prend une ampleur assez grandiose. Une fois que vous avez passé le premier chapitre. Livre pourtant dense, c’est en un jour qu’on le lit, voire deux pour les moins courageux. Roman  « Impossible à lâcher » prend vraiment tout son sens.

Bienvenue chez les fous. Mais qui donc est réellement fou,? En partant sur des bases de « conspirationnistes paranoïaque » l’auteur tisse une toile impressionnante de réalité suggestive….Certains phénomènes décriés prennent du sens avec la magie d’une plume.

Pouvons-nous ouvrir le cerveau de l’auteur pour regarder comment il fonctionne ? Je pense que  non, et pourtant ……

Avec beaucoup d’humour et de l’amour pour le genre humain et le reste vous allez entrer dans un livre ou votre mental sera mis à dure épreuve, surtout votre foi en l’histoire et dans le reste aussi.

Avec Jack et d’autres acolytes nous allons parcourir le monde. Sur les trace d’un ami disparu, Jack s’en va dans un monde différent du nôtre.  Alternant flashback de l’enfance de Jack avec une course poursuite de ouf, ce qui  cela permet de calmer la sauce !

Abnégation et résilience peuvent parfois alterner le cours de l’histoire.

Ecriture fluide parfait pour ce genre de récit beaucoup d’humour, et derrière une excellente appréciation de l’humain ou pas.

A lire d’urgence, en urgence mais pas au urgences^^

Ce sera tout, il est impossible deparler plus de ce livre sans dévoiler un bout de l’histoire

 

Professeur d’histoire, Jack Felter revient à Franklin Mills, sa petite ville natale de l’Ohio, où son père, pilote à la retraite atteint de démence, est en train de perdre la mémoire. Ce retour forcé ravive de douloureux souvenirs : celui de Samantha, la fille dont il tomba amoureux, aujourd’hui mariée à Tony Sanders, ex meilleur ami devenu psychiatre. Sauf que Tony a disparu depuis maintenant 3 ans, et est présumé mort.

Jack décide de se lancer à sa recherche, mais le seul qui semble capable de lui apprendre quelque chose est Cole Monroe, le dernier patient de Tony – un garçon de 16 ans soigné pour paranoïa. Jack est contraint de faire cause commune avec lui pour suivre la trace de son ami. Leur quête – sidérante  – va les mener de Manhattan à des structures secrètes enfouies sous les Catskills, pour s’achever sur une île secrète du Pacifique.

L’enjeu ? Aux frontières de la folie et du temps, percer le mystère du Grand Oubli, cette gigantesque conspiration chargée de dissimuler certains évènements de notre Histoire.

DERNIER APPEL POUR LES VIVANTS, PETER FARRIS par Bruno D.

Premier ouvrage publié de Peter Farris , le titre original Last call for the living est  un titre issu de la fameuse collection Neonoir de chez Gallmeister. J’avais déjà pu apprécier avec Le Verger de Marbre d’Alex Taylor combien cette collection sortait des sentiers battus en prenant  comme référence le style le Neonoir.

 

Dérivé du cinéma hollywodien, le Neonoir est considéré comme une évolution du genre noir. Ce type de littérature cherche à gratter le vernis d’une civilisation trop policée pour en révéler les effets pervers avec en première place bien souvent l’argent et la violence.

Avec ce roman, Peter Farris tape en plein dans le mille. Pour Charlie, ce ne devait être rien d’autre qu’une banale journée de travail à la banque. Pour Hickin, ce ne devait être qu’un casse de plus. Bref ,une journée ordinaire pour Charlie, sous le soleil de plomb de la Géorgie. En se réveillant ce matin là ,il ne savait pas que son destin allait basculer avec les événements à venir et qu’il allait  définitivement perdre sa petite vie pépère.

Avec ses chapitres courts au début pour donner du rythme et long ensuite (30 pages de moyenne), l’auteur nous immerge dans l’histoire avec une force réelle. Il prend le temps de bien camper le décor. Le braquage de la banque par Hickin est violent, rapide, et l’enlèvement de Charlie pas forcément prévu au programme. On sent déjà que ça dérape et qu’on va partir pour une folle équipée, d’autant plus que notre braqueur, malin et vif, a décidé d’entuber ses partenaires en opérant seul, une semaine avant la date prévue.

Le shérif Lang, séparé de sa femme et ne crachant pas sur quelques  packs de bières est chargé de l’enquête . On n’est pas loin du roman noir chez les bouseux, avec un employé de banque niais et un braqueur carburant lui aussi à la binouse, recherché par la police et …..ses ex associés de la fraternité aryenne  forcément pas ravis d’avoir été trahis.

C’est glauque, cru, viril. Nous en sommes en Géorgie, la chaleur est omniprésente et ne va pas tarder à amener l’orage. L’épopée est brutale et parsemée de cadavres. Au paradis des âmes perdues, des ploucs racistes, des rades de campagne, des poivrots et illuminés en tout genre ; Charlie va devoir s’accrocher pour survivre et trouver son chemin.

Ce bouquin n’a qu’un seul défaut, celui de se mettre à ronronner assez vite. De part son écriture ardue et ses longs chapitres, le lecteur tombe aussi dans une certaine léthargie voulue par l’auteur. Il faut par moment s’accrocher aussi pour ne pas aller chercher une bière, tout comme les acteurs de cette histoire sous peine de se déshydrater en tournant les pages tellement le sentiment larvé  d’étouffement est présent. Ce récit dense est bien un classique du néonoir et on devine facilement en se penchant un peu plus sur l’histoire et les personnages qu’ un second niveau de lecture peut faire jaillir bien des questions sur la société américaine.

En un peu plus de 300 pages, Peter Farris nous offre  un premier roman crasseux et angoissant à souhait ,avec une belle galerie d’individus complètement déjantés  dont l’unique but est de récupérer les fameux billets verts. On en vient à se prendre d’amitié pour ces cow-boys des temps modernes et on referme ce bouquin en se disant que l’auteur a bien su mener sa barque.

Leon de Mons Kallentoft , Markus Lutteman, Collection Série Noire

Aucune corrélation, avec le film, et c’est largement mieux !!!

Deuxième opus avec Zack, après une histoire de loups, voici un des travaux d’hercule avec le lion. Format plus court, mais plus sec, plus ramassé, avec un Zack en bout de course en permanence. Entre recherche de son passé, et d’un présent à la dérive, confère le passage de la roulette russe. Mais qui voudrait être Zack ? Pas moi.

Intrigue de folie, surprise à la clef personnage rentrant et sortant, ce deuxième tome est vivifiant et vivant, enfin presque. Le jeu, virtuel ou pas,  inscrit dans nos sociétés actuelles devient « hors-piste ». La recherche de sensations fait que certaines personnes courent à leur perte……a l’insu de pleur plein gré (mon cycliste préféré me l’a soufflé ) Un œil ouvert sur le monde du travail qui nous le savons tous devient aussi dangereux, burn out, dépression, suicide. Un petit rappel qui fait du mal.

Question basique du lecteur lambda, doit-on lire le premier tome ?

Evidemment on peut prendre le train en route, mais c’est mieux de se taper Zack avant, et d’attendre comme des ouf, la fin de cette trilogie.

L’intéressant dans ce livre n’est pas plus le « vilain » que le côté sombre de notre personnage principal,. Les autres personnages sont aussi très bien travaillés. Dans ce tome, on en apprend un peu plus sur Zack son , enfance, sa mère assassinée, et sur ses ami es, qui prennent de plus en plus de place. Quelques éclaircissement , mais le monde de notre « Hercule » moderne semble bien noire, même si un regard bleu glacé le surveille. Il ne s’agit pas de bienveillance…

Cette avec hâte qu’on attend la fin, tout est prêt pour une apothéose mythique.

Deuxième tome fougueux, sombre, et haletant, on en rugit de plaisir…..

Diversification des genres à la série, un grand bravo à Aurélien Masson.

 

un très bon entretien qui éclaira les lecteurs sur le personnage

http://www.lemonde.fr/livres/article/2016/02/04/mons-kallentoft-j-ai-voulu-creer-un-hercule-moderne_4859332_3260.html

 

Trad. du suédois par Hélène Hervieu

Collection Série Noire, Thrillers, Gallimard
Parution : 02-02-2017