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Strictly Criminal (Black Mass) de Dick Lehr et Gérard O’Neill chez Hugo.doc

« La véritable histoire de Whitey Bulger, le criminel le plus violent de l’histoire de Boston, qui est devenu un informateur du FBI pour détruire une famille Mafia qui menaçait son territoire.

Whitey Bulger, le chef du gangs Winter Hill, auteur de 19 meurtres a été arrêté le 22 Juin 2011, après une chasse à l’homme de 16 ans, il avait 81 ans.

Mais Black Mass, c’est l’histoire d’une amitié entre deux gosses perdus des quartiers défavorisés de Boston, John Connoly et James  » Whitey  » Bulger, tous deux d’origine irlandaise. Connoly est devenu flic, Bulger voyou. Après une peine purgée à Alcatraz pour vol de 1956 à 1959, Whitey Bulger va mettre Boston à sa botte en exécutant tous ceux qui se dressent sur son passage et devenir le parrain incontesté de Boston. Bulger va alors passer un pacte avec son copain Connoly, il donne des infos au FBI sur gangs rivaux en échange de sa tranquilité.

Mais avec le temps, la ligne de partage entre le bien et le mal va devenir floue et la criminalité ne cessera d’augmenter à Boston ville du trafic de drogue, du racket et du meurtre. La ville est devenue un lieu où les bons étaient méchants et les méchants étaient des cauchemars.

Prévenu par Conoly que les Fédéraux vont l’arrêter, Whitey Bulger entame une cavale avec sa compagne qui va durer 16 ans. En novembre 2013, il est condamné à la prison à vie. C’est lui qui a inspiré le personnage incarné par Jack Nicholson dans le film Les Infiltrés de Martin Scorsese. »

La sortie du film BLACK MASS est prévue en octobre 2015.

Aye !!! on ne ressort pas indemne d’un livre doc, de ce genre, quoi la police, quoi ? Jusqu’où la collusion peut elle aller entre indics et flics ?

On pensera fortement à Michel Neyret que l’on peut ou pouvait croiser dans les bars par chez nous….et on sera indulgent….au vue du livre qu’on vient de se taper

Superbe couverture déjà, édition remis à jour, joli travail que cette maison d’éditions a fait.

Après bienvenue à l’asile. Ce livre remets nos convictions au placard, et soulève des tonnes de questions ? Questions insolubles … ? Je n’en sais rien, mais il y a la limite à ne pas franchir que John et Morris ont allégrement franchie.

C’est formidablement et subtilement bien écrit, pour un doc, pas chiant, c’est comme un polar de haut vol avec beaucoup de suspense on le dévore pour savoir le fin mot…de cette horrible histoire…..

Attention c’est largement meilleur que les trois derniers romans de Denis Lehane qui ont à peu prés le même sujet. En un seul livre vous avez de quoi voyager en première classe direction l’enfer, et la vraie vie….

Avec le recul, si dans ma première impression j’étais dégouté par ce livre amoral, j’en reviens. Qui suis je pour juger si vite, qu ‘aurai je fait moi grande gueule assis derrière mon livre ?

Ce livre est un coup de cœur, moi qui ait horreur des documentaires, ces 2 écrivains m’ont prouvé qu’on pouvait en faire un superbe polar

merci à une de mes ADP favorites la chère Anne B. qui pense toujours à moi pour les bon livres

 

 

Fuck off et de la compassion aux victimes

lâches

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Attention arnaque l’album de Kurt Cobain

une mouise pour vous faire débourser votre fric

Montage-of-Heck-The-Home-Recordings

R.I.P. Philthy Animal Taylor et merde…

bonne nouvelle

https://web.archive.org/web/20150927212849/http://www.unwalkers.com/

tout est là, les archives du site … hé hé hé

on remercie Tannhäuser

yeahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh

 

 

Night Train par Nick Tosches, chez Rivages oldies…

 

«Le corps fut retourné et gisait face contre la table d’autopsie en métal. C’est là que le coroner les vit : des marques de coups de fouet, couleur cuivre, anciennes et délavées, comme on les imaginerait sur le corps d’un esclave brutalisé. Dire que Charles Liston avait été un esclave serait réduire une vie d’homme à un euphémisme bas de gamme. Et pourtant, ces cicatrices sur son dos n’étaient rien comparées à des blessures plus profondes, de celles qu’aucun coroner ne verrait jamais…» Ainsi commence cette biographie de Sonny Liston, que Nick Tosches définit comme «le plus redoutable des hommes, le plus invincible des boxeurs poids lourds». Devenu champion du monde des poids lourds en 1962, Liston semblait avoir alors exorcisé son passé de fils d’esclave, d’homme de main de la pègre, de forçat condamné pour vol à main armée. Il s’était frayé un chemin jusqu’au sommet, et ceux qu’il affrontait sur le ring disaient que personne ne pouvait l’arrêter. Sonny, de son côté, savait qu’il en était autrement. Ses liens avec la pègre, sa violence provoquée par l’alcool, en avaient fait un champion craint mais impopulaire. Et lorsqu’il perdit son titre face à Muhammad Ali, presque sans combattre, tout le monde à commencer par lui eut l’air de s’en moquer. Seules les circonstances mystérieuses qui entourèrent sa mort allaient provoquer un regain d’intérêt pour l’homme qui était déjà descendu aux Enfers depuis longtemps. « Un livre fantastique sur une vie qui a commencé dans les ténèbres et n’a cessé de s’y enfoncer jusqu’à ce que la mort devienne la seule lumière possible.
Nick Tosches est un écrivain extraordinaire. » (Hubert Selby Jr.)

 

 

 

Je surenchéris, Nick Tosches est un des derniers grands écrivains vivant. Le seul à posséder un regard lucide sur notre monde, et là ce sera sur Sonny Liston, et l’esclavage. Il trouvera même l’explication rationnelle de sa mort, qui est sujet à caution

L’esclavage donc, l’auteur va sortir des lieux communs qu’on a sur ce thème  et nous  faire un joli cours.

Hein !!! Aristote et ta théorie fumeuse de l’époque :

 

Il y a des êtres qui sont esclaves par nature et pour eux « l’esclavage est utile autant qu’il est juste. » L’autorité du maître sur l’esclave doit être juste car ce dernier est comme une partie de son corps : « entre le maître et l’esclave, quand c’est la nature qui les a faits tous les deux, il existe un intérêt commun, une bienveillance réciproque ; il en est tout différemment quand c’est la loi et la force seule qui les ont faits l’un et l’autre. » Le maître doit autant que possible laisser à un intendant le soin de commander à ses esclaves, afin de pouvoir se livrer à la vie politique ou à la philosophie, seules activités vraiment dignes d’un citoyen

Il aurait pu en parler donc à Sonny liston, que  l’on va suivre de la naissance à sa mort. L’esclavage lui il l’ a connu sous toutes ses formes, dès sa « tendre enfance ».

On va suivre le parcours de cet homme légendaire sans apriori aucun. Nick Tosches réalise encore un incroyable travail d’érudition, de vulgarisation, d’histoire, en écrivant sur cet homme. Un homme aux mains si grandes qu’il fallait lui faire faire des gants de boxe sur mesure. Un homme qui mettait tout le monde Knock out, la boxe et parfois le reste. C’est aussi l’histoire de la boxe, du sport et de son pendant avec la mafia.

Véritable plongée en apnée dans la noirceur, et de la tragédie d’un homme…

 

 

MEFAITS D’HIVER de Philippe Georget chez Jigal

Gilles Sebag, superflic de Perpignan aux déductions légendaires, découvre, après des mois de doute, l’infidélité de sa femme. Hasard malencontreux, le dur labeur de lieutenant de police, qui aurait pu constituer le palliatif idéal, l’amène à enquêter sur une série de crimes dont l’adultère semble le point commun…

En ce quatrième (de mémoire) opus des aventures de Sebag et sa bande, Philippe Georget a décidé de déplacer l’intrigue hors du commissariat.

Ici, la famille du héros, et notamment sa femme Claire, habituels contrepoints aux tumultes de l’investigation, occupent une place centrale, le héros oscillant dangereusement entre l’amertume de la trahison et la volonté de pardonner.

Si Sebag, totalement désemparé, substitue dans un premier temps la bouteille aux efforts que nécessiterait une enquête au point mort, il se reprend lorsqu’il comprend que sa paix intérieure passe par la résolution de l’affaire.

Et pour ce faire, il sait pouvoir compter sur ses comparses, tous remarquablement campés (mention spéciale pour Molina le bourrin affectueux, et Lucie, la collègue lesbienne dont on se surprend à penser en plusieurs occasions qu’elle prendrait bien l’hétéro par les cornes), qui accompagneront les fulgurances du héros jusqu’au grand final.

L’intrigue, une dissection de la déchéance d’un brillant esprit en ces Pyrénées que l’auteur évoque avec tant de poésie, est prenante, voire touchante, et remarquablement orchestrée dans un style fluide et léger.

A mon avis, Philippe Georget signe là le meilleur volume d’une série par ailleurs de haute tenue.

Undead

HAUTE TENSION A PALMETTO d’Erskine Caldwell,Belfond Vintage.

Erskine caldwell est un auteur majeur américain contemporain de Faulkner et Steinbeck à qui il a été souvent comparé. Si on retrouve chez Caldwell le même style direct que chez Steinbeck,il ne peut pas être relié à Faulkner par une mise en scène dramatique de ses histoires, lui qui préfère montrer, sans réellement s’émouvoir, le même public de Blancs misérables du sud des U.S.A. mais d’une manière souvent très ironique parfois à la limite de la farce. Ayant lui-même connu la mésaventure de la misère à une époque de sa vie,il dépeint un monde qu’il connait bien, sa campagne de Georgie natale peuplée de pauvres gens mais aussi d’ un bon paquet d’abrutis ruraux.

 
En aparté, concernant les autochtones,de toute manière,il y a un problème familial récurrent au niveau de l’intelligence parce que quand même… les ancêtres de ces bougres ont traversé courageusement l’Europe pour échapper à leur destin terrible,affronté un océan puis parcouru un continent souvent hostile pour aller s’installer finalement,en Georgie, au pied des Appalaches, dans le trou du cul des USA et y rester…non,avec un minimum de jugeote,il y avait sûrement mieux à faire.

 
Steinbeck a gardé son statut de grand écrivain tandis que Faulkner apparaît sur quasiment toutes les quatrièmes de couverture dès qu’un roman noir à peu près correct se passe dans le Sud. Même James Lee Burke dont le nom se suffit plus qu’ amplement à lui-même s’est vu affublé dernièrement de l’appellation de « Faulkner de Louisiane »!!!Bouffonnerie.La notoriété de Caldwell,elle,a fait long feu en France et les dernières éditions poche de ses romans datent à peu près toutes des années 90.Il y eut un engouement énorme aux USA,plus de 80 000 000 d’exemplaires de ses romans vendus,des adaptations théâtrales et cinématographiques, tout cela certainement développé par le côté sulfureux des écrits d’un auteur souvent interdit et toujours combattu par les ligues de moralité américaines qui lui reprochaient des passages ou des thèmes érotiques et n’admettaient pas qu’on puisse faire de tels tableaux déshonorants de Blancs.

 
Ici, plus rien que des vieux poches et puis l’année dernière Belfond, alléluia,par le biais de sa collection Vintage, a enfin remis cet écrivain à l’honneur en rééditant son premier roman daté de 1929, « le bâtard » souvent cité comme un des romans fondateurs du Noir américain. Et bis repetita cette année avec « haute tension à Palmetto » de 1950 qui tire,lui, beaucoup plus vers la comédie avec un titre qui sonne comme un film américain de l’époque.

 
Un bled en Georgie dans les 500 habitants,un trou où arrive une jeune institutrice particulièrement séduisante,célibataire troublant par là même, de façon dramatique et définitive le temps d’une semaine, l’état catatonique ambiant. Ce roman est donc l’occasion de sévères portraits des mâles du coin qui agissant par amour,par intérêt ou par simple désir concupiscent vont user de tous les stratagèmes relous (tous ceux que toutes les femmes nous attribuent unanimement ) pour se faire la Lolita. On s’apercevra en cours d’histoire, comme certains mâles déconfits d’ailleurs, que la demoiselle a bien des atouts autres que plastiques. Par ailleurs,pour parfaire le panorama local,sont croqués les portraits des femmes du village,épouses et matrones,toutes résolues à conserver leur mari moins par amour que par peur de perdre ce statut sans lequel elles ne seraient plus rien dans la Georgie rurale de l’époque, liées par dépendance économique à leur mari même si la passion peut avoir disparu. Certaines aussi auront des désirs coupables et Verona aura donc bien du souci devant tant d’assauts et de manifestations de haine.

 
Alors évidemment c’est parfois un peu exagéré,pas toujours très crédible mais c’est tellement savoureux de suivre les approches lourdes, de tous ces gaillards du village croyant avoir affaire à une oie blanche, héroïques dans la connerie, aveugles dans l’humiliation.Cette farce,ce vaudeville aura néanmoins une fin tragique,on s’en serait un peu douté tant il est forcément dangereux de lâcher un telle concentration d’abrutis en mode tombeurs,version « l’amour est dans le pré ».Pathétique et cruel,donc extrêmement jouissif pour le lecteur un peu sadique ou ayant des dossiers de litige en cours avec des spécimen de la gente masculine.

 

S’il n’est pas le meilleur roman de Caldwell « haute tension à Palmetto » s’avère néanmoins être une plaisante comédie proposant une belle vue sur les mentalités arriérées du Sud dans les années 40,un bel aperçu du ton de l’auteur aussi.

 

Fan!

 

Wollanup.

BASSE SAISON de Guillermo Saccomanno chez Asphalte

Traduction : Michèle Guillemont


Ayant pris l’option de prendre la quatrième de couverture pour faire le pitch à ma place, je suis forcément comblé quand c’est l’auteur qui fait la présentation et ici le subtil et impressionnant texte qu’il vous assène en préambule vous annonce le contenu mais aussi ce que vous allez prendre dans la tronche dans ce roman qui n’en est pas  vraiment un et qui  est pourtant une des plus belles réussites de l’année du genre donnant une dimension de grand écrivain à l’Argentin Guillermo Saccommano.

« Cette nuit, hypocrite lecteur, mon semblable, à l’heure où tu commences la lecture de ce livre, roman, nouvelles ou chronique, appelle comme tu voudras ces proses, ces rebuts du néant, en cette nuit gelée où la mer semble si proche et si distante, tout près d’ici, dans cette Villa, en mai, juin, juillet, août, septembre, qu’importe le mois de cette morte-saison australe, dans sa demeure du quartier résidentiel El Pinard el Norte, quelqu’un, un géomètre progressiste, nique son gamin, quelqu’un, un ouvrier mécanicien, dans son baraquement en tôle de la Virgencita, dérouille sa nana, quelqu’un, un péon ivre, en étrangle un autre au cours d’une partie de cartes dans un hangar, quelqu’un, à la gare routière, un veilleur de nuit chaussé d’espadrilles, une fois le dernier bus parti, prend un maté, ce bifteck des pauvres, quelqu’un, un malade du sida, se passe une corde autour du cou dans sa tanière du sud, quelqu’un, un contremaître d’une fabrique de ciment, enterre le cadavre de sa fiancée sur le terrain d’un chantier, quelqu’un, un jeune officier du commissariat, applique la gégène à un jeune voleur à la tire, quelqu’un, un paumé, enfoui sous des cartons, crève de froid à la porte d’un immeuble proche du quai, quelqu’un, un chauffeur de taxi, baise sa belle-soeur pendant que son frère, agent de sécurité, assure son service de nuit dans un entrepôt, quelqu’un, un lascar, file sur les sentiers du bord de mer pour échapper aux flics, quelqu’un, un conseiller municipal, sniffe un rail tandis que la partie de poker s’éternise, quelqu’un, une vieillarde apeurée, lâche ses chiens dans la nuit, quelqu’un, un animateur de radio, passe du Pink Floyd et se roule un joint, quelqu’un, derrière un temple, un évangéliste possédé, une hache à la main, fend le crâne de sa promise, pauvre pécheresse, quelqu’un, un caissier employé à la Banco Provincia, sort du casino après y avoir perdu, en plus de son salaire, une somme qu’il sera incapable de justifier, quelqu’un, le traiteur de la rue voisine, ôte sa ceinture et entre dans la chambre de son fils où son ombre se projette, quelqu’un, ton voisin, entrepreneur dans le bâtiment, se branle devant des films porno, quelqu’un, le meneur d’une des bandes d’El Monte, deale du crack à des gamines et à des gamins qui, encagoulés, viennent juste d’empoisonner ton rottweiler et vont maintenant pointer leurs armes sur toi, et ta femme devra les sucer, ils serreront ta fille, et mieux vaut cracher où tu planques ton fric parce que t’imagines pas ce qu’ils peuvent leur faire à elles, avec ce fer à repasser gagné grâce à tes points fidélité au supermarché, un fer qu’ils ont branché et qui chauffe déjà sacrément.»

Voilà, vous savez ce que vous allez trouver, entre autres, dans la « basse saison » de Villa Gesell,station balnéaire de 31000 âmes en hiver située à 400km au Sud Est de Buenos Aires.

Mes rares incursions dans la littérature récente argentine avec Bruzzone (Asphalte) et Almada (Métailié) ne m’avaient pas particulièrement donné envie de connaître un pays déjà tristement sinistré, il est vrai, par le fait qu’il soit la patrie du pape et ce n’est pas ce tableau particulièrement dérangeant qui risque de me faire changer d’avis.

J’ai été abasourdi par ce début et malgré le fait que le roman raconte de très courtes histoires arrivant à des dizaines de personnages anonymes qui nous sont parfaitement inconnus et le resteront quasiment tout autant après une anecdote,une tragédie, une malchance ou un moment de joie voire de bonheur extrait de leur vie, je peux vous garantir qu’il crée une dépendance assez terrible et assez incompréhensible sachant qu’on n’est pas en mesure de s’attacher aux personnages ni au cadre. Certains, comme les criminels en col blanc surnommés les Kennedy et surtout Dante le journaliste de l’hebdo local parcourront tout le roman mais nous suivrons particulièrement de multiples petites histoires parfois bien insignifiantes mais tous ces moments particuliers de vie sont les minuscules pièces indispensables à la création de la magnifique et terrible mosaïque de Villa Gesell.

Évidemment,le travail d’écriture a dû être fastidieux mais le résultat est tout simplement magnifique. si vous aimez ce genre de romans sociaux qui sont la marque de fabrique des éditions Asphalte dont le catalogue de littérature américaine hispanophone est de tout premier ordre, vous allez vous régaler parce que ce roman, c’est encore la grande classe au-dessus.

Variant les personnages, les lieux, les situations, les sentiments, les atmosphères à un rythme étourdissant éliminant tout ennui ou usure, « Basse saison » nécessite une lecture assidue mais pas insurmontable pour vraiment se délecter de la prose toujours renouvelée d’une nouvelle à l’autre pour mieux adhérer à l’atmosphère tantôt légère ou moqueuse et parfois si dure et cruelle.

Roman social par excellence, « Basse saison » montre la stratification sociale de la ville:tout en bas les « bolitas » c’est à dire les Boliviens puis les « Afro-Argentins » les « negros » puis les « vrais » Argentins et tout en haut…les Aryens, enfin les descendants des nazis venus se refaire la cerise en Argentine en 1945.Triste et éloquent constat proposé par Saccommano qui en aucune façon n’a écrit un hommage à la ville mais plutôt un réquisitoire montrant les différents aspects de la délinquance dans la région : née de la misère sociale ou intellectuelle comme du commerce de la drogue ou de son addiction ou enfin des magouilles des nantis.

Passer la basse saison à Villa Gesell, vivre l’enfer de Dante le journaliste risque de gravement vous secouer.

Enorme roman.

Wollanup