News from hell !!!

merci à tous et toutes pour les préventes….
Nous accusons réception des chèques et autres
Hier nous avons appris que le CD sera livré le 23/12/2015 par le fabriquant
voilà les infos du jour…
Nous procédons à un premier encaissement des chèques…
Humblement nous vous remercions.

UNW_livre_couv-verso

Oldies but goldies BALTIMORE de David Simon chez Sonatine

Dans Baltimore, David Simon raconte son expérience de journaliste suivant les équipes d’un commissariat de Baltimore, jour et nuit, pendant un an à la fin des années 80.David Simon est un grand, c’est, entre autres, un des deux créateurs de la série culte se déroulant à Baltimore « the wire », il est aussi l’auteur de la série « Treme » sur le milieu musical à La Nouvelle Orléans.

Pour l’écriture de the Wire, il a été aidé par ses amis écrivains, la crème du polar urbain ricain. Au chevet de la bien malade Baltimore se sont succédées la plume de Washington : George Pelecanos, celle de New York : Richard Price et celle de Boston : Dennis Lehane.

Comment le produit pourrait-il être mauvais avec de tels compagnons ?

 

Baltimore raconte la criminalité à Baltimore en explorant tous les angles. C’est un travail de forçat qu’a effectué l’auteur ne laissant rien passer. Tous les aspects des tragédies urbaines sont étudiés. Du premier coup de fil pour annoncer un meurtre au pot entre flics une fois l’enquête terminée, tout est signalé, raconté, expliqué, analysé, vraiment tout mais d’une façon intéressante ne créant jamais de lassitude car David Simon sait écrire et sait aussi créer du suspense en nous servant l’enquête sur le crime d’une fillette comme fil rouge de l’ouvrage.

C’est un pavé qui fait plus de 900 pages mais, je pense que l’on voit ensuite les flics d’une autre façon, toujours aussi incompréhensible : comment peut-on faire ce boulot ? Comment peut- on se lever le matin en sachant qu’on repart à la guerre ?

Le seul bémol mais bien compréhensible car il était invité par la police de Baltimore,  Simon n’explore pas le versant privé des flics. Ils apparaissent  comme des preux chevaliers dont le côté sombre n’est jamais dévoilé.

Baltimore est un témoignage fascinant, éprouvant par ce qu’on peut y lire, bouleversant bien des fois et profondément humain. Ceux qui pensent y retrouver un alter ego côte est de la très sympathique série de romans de Joseph Wambaugh sur la police de Hollywood n’y trouveront pas leur compte.

Enfin, si je n’ai pas réussi à convaincre, sachez que Richard Price a écrit la préface  et que son texte de sept pages est admirable.

Wollanup.

Le Boss,le vrai, album enregistré à Baltimore.

oldies but goldies MANUEL DU HORS LA LOI de Daniel Woodrell chez Rivages

Article de juin 2013.

Ce que l’on appelle littérature « white trash » regroupe un courant géographiquement situé dans les états du sud des Etats Unis et dans cette immense région appelée Midwest dont une grande partie fut autrefois française et vendue pour une bouchée de pain par Napoléon 1er, grand stratège peut-être mais pas visionnaire pour deux sous.Ce terme générique regroupe les expressions comme  hillbilly dans les Appalaches, cracker en Georgie et Floride ou ockie dans l’Oklahoma désignant à chaque fois des pauvres blancs crétins.

 

Plus encore que Faulkner, le grand initiateur fut Erskine Caldwell, qui au début des années 30, décrivit avec talent mais aussi avec humour la vie de ces pauvres blancs du Sud dont le sort n’avait rien à envier à leurs compatriotes noirs. La liste des auteurs ayant utilisé ce créneau des rejetés du rêve américain au cours des décennies suivantes est longue et constellée de grands écrivains du noir. Sans être exhaustif mais juste partisan je citerai les regrettés Harry Crews et Larry Brown, les formidables et méconnus Eric Miles Williamson et Tom Franklin qui, par leurs descriptions de vies désespérées font monter l’émotion à des hauteurs peu souvent atteintes.

Dernièrement, cette littérature a pris un nouvel élan avec Donald Ray Pollock qui après un premier recueil de nouvelles « Knockemstiff » particulièrement réussi mais resté anonyme, sort en 2012 le ROMAN « le diable tout le temps » qui est une Cour des Miracles où règnent la bêtise, la cruauté, la sauvagerie, l’obscurantisme, la barbarie et surtout la folie de gens ordinaires complètement cabossés par l’histoire, la vie, le destin, les héritages génétiques et culturels, les drogues et l’alcool.

Nouvelle sensation en ce début d’année avec Frank Bill et ses « chiennes de vie » ou devrais-je dire nouvelle escalade dans la violence et l’abjection tant ses chroniques de l’Indiana puent la meth et racontent brillamment des histoires de types dont le cerveau déjà bien dérangé est rendu incontrôlable par l’arrivée et le commerce de cette substance. Parallèlement, aux USA, la série polar « white trash » par excellence, Justified, initiée à l’origine par Elmore Leonard connaît un succès amplement mérité.

Et ainsi, Woodrell, auteur hautement estimable, coupable de grands romans comme « la mort du petit cœur » et « un hiver de glace » se lance lui aussi dans l’écriture de nouvelles sur les gens de la terrible région des Ozarks (un four l’été et des hivers terribles) sa région natale où il vit encore. En voyant la quatrième de couverture, j’ai eu peur de recommencer Frank Bill car j’aime consommer cet agglomérat de violence de façon assez étalée dans le temps.

Et donc… il n’y a pas photo quand même entre les deux ouvrages, celui de Woodrell est un cran au-dessus et ceci, à mon avis, pour deux raisons. Premièrement ses nouvelles, très proches du « Kentucky straight » de Offutt, relatent le quotidien criminel de ces populations dégénérées du fin fond du Missouri mais avec moins d’artifices « rock n’ Roll » que Bill. Il y vraiment de l’authenticité chez Woodrell, il écrit sur les gens qu’il connaît, c’est terrible et aussi bien souvent très touchant. En 1996, il a déclaré faire du « country noir » et c’est exactement cela : des histoires de ploucs dans des régions arriérées avec une morale et une justice autres.

Deuxièmement, cet homme manie l’humour noir avec un grand talent et certaines nouvelles sont à hurler de rire malgré ou à cause des horreurs qu’on y lit. Si les premières phrases de la première nouvelle ne vous incitent pas à dévorer la suite d’une seule traite, c’est que ce genre de bouquins n’est pas fait pour vous, tout simplement.

« Depuis que Boshell avait enfin tué son voisin, il lui semblait qu’il ne pourrait plus s’arrêter de le tuer. Il le tuait de nouveau dès qu’il se sentait en manque d’affection, qu’il avait du vague à l’âme ou des heures à perdre. »

Un grand plaisir de lecture à savourer avec un bourbon et une Schlitz (« Schlitz the beer that made Milwaukee famous », rien que ça !) et Drive By Truckers en fond sonore.

Wollanup

OLDIES BUT GOLDIES (enfin je trouve!) Interview James Sallis

traduction:Morgane Spinec

Un peu de mal à lire en ce moment,j’en profite donc pour remettre des vieux articles qu’on a réussi à sauver du « chaos »,enfin ceux dont je pense qu’ils peuvent susciter un quelconque intérêt et qu’on annoncera par ce OLDIES BUT GOLDIES formule connue de tous les vieux amateurs de rock.

Je démarre par un grand moment dans la vie d’un bloggeur: pouvoir s’entretenir avec un de ses auteurs préférés et qu’on pense inaccessibles.James sallis est immense.Pour l’anecdote,tel le vieux prof qu’il est,il m’avait gentiment suggéré quelques minimes modifications dans la traduction.Précieux et précis.

 

Il y a les auteurs qu’on aime lire, retrouver comme des amis et il y a les écrivains, la minorité, des personnes qui vous chavirent en vous racontant les histoires que vous rêviez de lire, de vivre ou d’écrire, qui ont une sensibilité, une intelligence supérieures à la moyenne et qui créent des univers parfois obtus pour le novice, des écrivains qu’il faut décrypter tant la compréhension de leur pensée complexe se mérite et James Sallis fait, pour moi, partie de ces gens extraordinaires et je suis vraiment heureux de partager avec vous ce moment avec un homme hors du commun ayant accédé à la notoriété en France par le grand prix de la littérature policière 2013 avec « le tueur se meurt » et par l’adaptation cinéma de son roman « Drive ».Bien plus francophone que je suis anglophone, James Sallis a reçu les questions en français. Les réponses ont été traduites avec talent par Morgane.

  • Auteur de romans noirs n’est qu’une infime partie de votre carte de visite dans le domaine littéraire comme dans votre activité d’adulte. Plutôt que de se contenter de la version Wikipédia, accepteriez-vous de nous parler de votre itinéraire, de vos réussites, de vos périodes de fierté ?

Mes premières ambitions tendaient largement vers la science-fiction et la poésie – c’est dans ces deux genres que j’ai commencé à publier, de la poésie dans des magazines littéraires, de la science-fiction dans New Worlds et dans Orbit, l’anthologie de Damon Knight, à peu près en même temps.

On retrouve ces influences dans tout ce que j’écris, la poésie dans mon approche structurelle du langage, la science-fiction dans ma vision du monde, ces mondes multiples à quelques pas de distance à gauche ou à droite de celui qu’on peut voir. Mon livre le plus récent s’intitule : Black Night’s Gonna Catch Me Here : New and Selected Poems, une sélection de poèmes inédits publiée par New Rivers Press.

 

Sur un peu plus de cinquante ans, j’ai publié près d’une centaine de nouvelles dans des magazines ou des anthologies littéraires, de policiers et de science-fiction, des centaines de poèmes et des milliers de pages de critiques, de théorie et de préfaces, trois livres de musicologie, une biographie de Chester Himes, une traduction de Saint Glinglin de Queneau et seize romans. A l’évidence, je n’ai jamais décidé ce que je voulais devenir quand je serai grand.

My first ambitions leaned heavily towards science fiction and poetry, and I began publishing both, poetry in literary magazines, science fiction in New Worlds and Damon Knight’s Orbit anthologies, about the same time. These influences persist in everything I write, poetry in my approach to language and structure, science fiction in the way I see the world, my sense of multiple worlds a step or two to the left or right of the visible one. My most recent book is Black Night’s Gonna Catch Me Here : New and Selected Poems, from New Rivers Press.

Over fifty years or so, I’ve published close to a hundred short stories in literary, crime and science fiction magazines or anthologies; hundreds of poems and thousands of pages of reviews, criticism and introductions ; three books of musicology ; a biography of Chester Himes ; a translation of Queneau’s Saint Glinglin; and sixteen novels. Obviously I’ve never decided what I want to be when I grow up.

  • Qu’est ce qui fait qu’un jour on décide d’écrire ? Avez-vous d’abord commencé uniquement pour vous avant de passer à l’édition ? Etait-ce dès le départ une passion pour l’écriture, une nécessité, une évidence ou un simple loisir ?

Vers l’âge de quatorze ans, j’ai compris que l’écriture serait une grande partie de ma vie. C’est comme ça qu’on fiche en l’air sa jeunesse.

By age fourteen or so, I realized that writing was to be a huge part of my life. In such manner are young lives ruined.

  • De la même façon, pourquoi avez choisi un jour de vous consacrer exclusivement à la littérature noire, si cette exclusivité existe réellement ? Qu’est-ce qui vous plaisait dans le cadre roman policier ?

Comme indiqué ci devant, les romans policiers ne forment qu’une fraction de ce que j’écris et ai écrit. (J’évite le terme « noir » qui , comme « jazz, » a été vidé de toute signification) Mais l’intrigue policière me paraît un modèle de notre façon de vivre, en quête de sens dans nos vies disparates, et le roman policier est à mon sens le roman urbain par excellence, qui décrit précisement ce que les villes et les nombreux conforts de la civilisation ont fait de nous.

As intimated above, crime novels comprise but a small part of what I write and have written. (I avoid the designation « noir » which, like « jazz, » has been drained of meaning.) But the detective story seems to me a template of how we live, trying to find meaning in the disparities of our lives; and the crime novel for me is the definitive urban novel, detailing what the cities and the many accommodations of civilization have made of us.

  • Lew Griffin, votre premier héros, très attachant et atypique détective noir déambulant dans les rues de la Nouvelle Orleans pendant six volumes, est-il un hommage à Chester Himes dont vous êtes un grand admirateur et aussi l’auteur d’une biographie ? Y a-t-il une part importante de vous dans les héros que vous avez créés.

En partie, oui, bien sûr : nous sommes tous prisonniers de notre propre tête, dans notre façon de voir le monde, et on ne peut pas en sortir. Mais l’art, c’est précisément une tentative d’évasion.

In part, yes, of course : we’re all trapped inside our heads, in the way we see the world, and can’t get out. But art is precisely an attempt to do so.

  • Qu’est-ce qui fait qu’un jour, vous décidez d’arrêter le personnage de Lew qui pourtant continuait à nous charmer ?

L’aventure de Lew a commencé comme une simple nouvelle (la première partie du Faucheux), puis c’est devenu un roman, un seul roman, ou c’est ce que je pensais. Mais le personnage ne me quittait plus ; je voulais en savoir plus sur lui. Alors j’ai écrit un autre roman, puis un autre. Quand j’en suis arrivé au cinquième, je savais que j’en avais un de plus et l’histoire serait terminée. En un sens, le cycle de Lew Griffin est peut-être la seule série en six volumes avec une fin surprenante. On pourrait aussi considérer qu’il s’agit d’un long roman.

Lew’s story began as just that, a short story (the first section of The Long-Legged Fly), then became a novel – a single novel, I believed. But the character would not leave me alone; I wanted to know more about him. So I wrote another novel. Then another. By the time I reached the fifth, I knew I had one more, then his story was done. In a sense the Lew Griffin cycle may be the only six-volume series with a surprise ending. It might also be considered one long novel.

  • Vous aviez dit, à l’époque, qu’il n’y aurait pas d’autres personnages récurrents dans la suite de votre œuvre ? Comment s’est donc opérée la naissance de John Turner ex-flic et ex-détenu venu se retirer au fin fond du Tennessee ? Qu’est ce qui fait que l’on passe de la Louisiane urbaine au Tennessee rural ?

J’ai grandi dans le Sud rural ; j’ai toujours voulu écrire sur cette région. Mais je n’ai pas trouvé de bon récipient avant de visualiser la première scène du roman avec Turner : un homme debout dans les bois qui entend une voiture approcher. Le reste du roman s’est construit en répondant à quelques questions : qui est cet homme ? Pourquoi est-il là ? est-il ? Encore une fois, je n’avais prévu qu’un seul roman, mais le personnage ne voulait pas s’arrêter. Il restait d’autres questions.

I grew up in the rural South and always wanted to write about it but hadn’t the right container until the image of the first Turner novel came to me: a man standing in the woods listening to a car engine come towards him. The remainder of the book came from asking questions : Who is this man ? Why is he here ? Where is he ? Again, I intended only a single novel, but the character wouldn’t be put to rest. There were further questions.

  • Avez-vous aimé le film « Drive » ? Ryan Gosling était-il le bon acteur pour interpréter le héros ? Quand, par la suite, vous avez écrit l’impeccable suite « driven » avez-vous été parasité par l’image de Gosling interprétant un personnage finalement assez éloigné du héros du roman ?

Pour autant que j’admire le travail de tous sur le film, Ryan, Nic, Hoss Amini, chacun des acteurs dans le film, je n’ai jamais eu consciemment l’idée d’instiller le film dans le second roman. Ce film est un bijou et Ryan étincelle dans ce rôle.

As much as I admire everyone’s work on and in the film – Ryan’s, Nic’s, Hoss Amini’s, every single actor – I never felt a conscious impulse to let the film bleed into the second novel. It’s a stone brilliant film, and a stone brilliant performance from Ryan.

  • Retrouvera-t-on un jour « le conducteur » ?

Quand mon agent m’a demandé si j’accepterais d’écrire une suite, j’ai répondu : « Pas question. » Puis j’ai raccroché, je suis retourné à mon bureau et j’ai tapé le titre Driven ainsi que les deux premières pages. Je n’ai pas l’intention d’y revenir. Mais de même, je n’en avais ni avec Lew ni avec Turner.

When my agent asked if I’d consider writing a sequel, I said « No way. » Then I hung up the phone, walked back to my study, and typed the title Driven plus the first two pages. I don’t plan to return. But then, I didn’t with either Lew or Turner.

  • J’ai été époustouflé par « la mort aura tes yeux » récemment ressorti en France par Folio de Gallimard. Est-ce pour vous un roman d’espionnage tel qu’il est présenté par les éditeurs  ou une nouvelle preuve de votre art pour prendre un genre et de vous en servir à votre guise pour raconter bien d’autres propos étrangers au cadre originel ?

J’ai tendance à utiliser des formes standard, le roman policier, le roman d’espionnage, pour les structures internes qu’elles offrent, pour mieux en soulever la surface et aller voir ce qu’il y a en dessous.

I tend to use standard forms, the detective novel, the spy novel, for the inherent structures they afford, then pry loose the floorboards to see what else is under there.

  • Vous avez écrit une belle introduction à « le petit bleu de la côte ouest » de Manchette pour le marché américain que l’on retrouve sur la sortie du bouquin chez Folio et où vous expliquez pourquoi vous aimez Manchette et il apparait, après réflexion, que la série de « Drive » est assez proche, dans le style, des romans du Français qui était connu aussi pour son engagement politique à gauche. Existe-t-il de tels auteurs de noir engagés aux USA ?

Tout à fait. Des auteurs noirs, des auteurs blancs, des auteurs américains d’origine asiatique, des auteurs hispaniques, des auteurs amérindiens,…L’histoire de la gauche américaine est étrange, extrêmement différente de la vôtre et bizarrement entremêlée à l’anti-intellectualisme américain et à notre autoportrait en cowboy, mais ne doutez pas que son esprit nous hante encore, de Hammett à Stephen Greenleaf, à George Pelecanos ou moi-même.

Absolutely. Black writers, white writers, Asian-American writers, Native American writers, Hispanic writers…The story of the American Left is a strange one, immensely different from yours, and strangely intertwined with American anti-intellectualism and our cowboy self-image, but never doubt that its spirit still haunts, Hammett to Stephen Greenleaf to George Pelecanos or myself.

  • « Le tueur se meurt » raconte des solitudes urbaines, des absences comme la série à la Nouvelle Orléans, pensez-vous que notre existence n’est finalement que solitaire, est-ce votre philosophie de la vie ?

Ce n’est pas une philosophie ; c’est une observation.

It’s not a philosophy, it’s an observation.

  • Vous racontez surtout des histoires d’hommes où les femmes brillent par le poids de leur absence ou de leur perte ? Ecrirez-vous un jour un roman avec une grande héroïne ?

Others of My Kind, qui n’a malheureusement pas été publié en France, a comme personnage principal Jenny Rowan, une femme qui a été enlevée quand elle était enfant et gardée emprisonnée dans un coffre en bois caché sous le lit de son kidnappeur. Ce n’est que l’histoire de fond. Le récit raconte ce qu’elle a fait de sa vie. C’est peut-être mon personnage préféré, et ce roman contient les meilleurs passages que j’ai écrits.

Others of My Kind, which, sadly, has not been published in France, has as its protagonist Jenny Rowan, a woman kidnapped as a child and kept in a wooden box beneath her abductor’s bed. That’s the back story. The story itself is what she has made of her life. She may be my favorite character, and the novel contains some of the best writing I have done.

  • Il y a beaucoup d’histoires ordinaires d’animaux, d’oiseaux surtout, qui peuplent certaines fins de chapitres de vos romans ? Ce n’est pas une question primordiale mais cela m’a toujours intrigué, pourquoi ces fantaisies animalières ?

C’est peut-être tout simplement parce que j’aime les animaux. Peut-être parce que j’ai l’impression que nous devons nous rappeler que ce monde ne nous appartient pas. Peut-être parce que je travaille près de portes vitrées, je passe beaucoup de temps à regarder dehors.

Possibly this is simply because I love animals. Possibly because I feel we need to be reminded that this is not our world. Possibly because I work next to French doors and spend a great deal of time looking outside.

  • Vous avez traduit Queneau pour les Américains, vous parlez notre langue, aimez Manchette, votre francophilie n’est plus à démontrer mais qu’est-ce que le France pour vous, actuellement, vue des USA ?

La découverte de la littérature française moderne et contemporaine, alors que je vivais à Londres et travaillais comme éditeur au magazine de Mike Moorcock New Worlds, m’a littéralement ouvert le monde ; son influence et l’éventail des possibles qu’elle m’a donnée s’étendent sur l’ensemble de mon écriture, depuis la poésie jusqu’à la fiction en passant par la théorie.

The discovery of modern and contemporary French literature, made when I lived in London editing Mike Moorcock’s magazine New Worlds, quite actually opened the world for me; its influence, the sense of possibilities it gave me, ranges throughout my writing, from poetry to fiction to criticism.

  • Le nouveau théâtre de vos romans est maintenant l’Arizona, autre état du Sud, vous considérez-vous comme un écrivain du Sud et que signifie cette appellation, quels sont les auteurs actuels que vous aimez ?

L’Arizona est un univers assez différent : le Sud-ouest des Etats-Unis. Un pays de cowboy, avec une petite pincée de Californie. J’y ai vécu pendant des années avant de me sentir capable d’écrire sur le sujet. Concernant les auteurs, il faudrait que vous jetiez un coup d’oeil à ma bibliothèque. Dernièrement, je passe mon temps à dévorer des nouvelles : Hilary Mantel, Kij Johnson, Dan Chaon, Otessa Moshfegh… Et de la poésie, avec mon troisième volume, à paraître en mars, qui comprend des poèmes depuis que j’ai commencé à en écrire, de 1968 jusqu’à maintenant.

Arizona is quite a different world: the American Southwest. Cowboy country, with a twist of California for good measure. I lived here for years before I felt competent to write about it. As for authors: You’d have to come look at my bookshelves. I’ve been on a short-story reading binge of late: Hilary Mantel, Kij Johnson, Dan Chaon, Otessa Moshfegh… And poetry, with my third collection due in March and containing poems from 1968 to the present – the entire time I’ve been writing them.

Vous êtes un mélomane averti, quelle musique, quel genre, conviennent le mieux à la lecture des romans de Sallis ?

Un peu de tout – ce que j’écoute. Les livres avec Lew Griffin semblent imprégnés de blues, la série des Turner avec de l’old-time music des montagnes, mais tout dérive du récit. J’ai une éducation classique, je reviens par défaut au blues quand je joue en solo, avec mon groupe on joue de l’old-time, de la country traditionnelle, du calypso, du cajun, du bluegrass, du blue, du swing et du jazz précoce – tout ce que j’écoute.

Any and all – which is what I listen to. The Lew Griffin books seem to be imbued with blues, the Turner books with oldtime mountain music, but that arises from their content. I’ve a classical background, generally default to blues when playing solo, with my band play oldtime, vintage country, calypso, Cajun, bluegrass, blues and swing and early jazz, all of which I listen to.

Entretien réalisé pendant la première quinzaine de décembre 2014 et actualisé fin décembre 2015.

Wollanup.

 

L’ami claude le Nocher

http://www.action-suspense.com/2015/12/voila-de-bonnes-nouvelles-welcome-to-the-unwalkers-club.html

merci mon ami, de la part de tous et toutes

bientôt dans ta boite

L’INCENDIE de Graham Hurley, Chez Lattès

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Seul un trésor de cocaïne d’une valeur de quelques millions de livres peut remettre à flot l’empire de Bazza McKenzie, le baron de la drogue de Portsmouth, chahuté par la crise financière. Or justement, cette bouée de sauvetage est volée dans une cache pourtant secrète.
Faraday, sévèrement blessé dans un accident de voiture au Moyent-Orient, est en convalescence. Quatre corps calcinés retrouvés dans l’incendie d’une ferme sur l’île de Wight le contraignent à reprendre du service, alors qu’il n’est pas vraiment d’attaque. D’autant plus que sa compagne s’est mise dans la tête d’adopter une petite fille palestinienne brulée au trois-quarts dans l’enfer de Gaza. Bref, il est sur la sellette sur tous les plans.
Paul Winter, lui, est toujours le fidèle lieutenant de Bazza McKenzie. Mais il doute de plus en plus et il semble prêt à mettre fin à cette collaboration du côté obscur de la force.
Deux enquêtes parallèles qui vont pousser les deux hommes au bout d’eux-mêmes.
Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Valérie Bourgeois

Livre émouvant et éprouvant d’une série que je prends en cours.Il y a longtemps que je suis d’un œil distrait les livres de cet auteur…et je me réjouis d’avoir franchi le pas, car j’ai pris un très grand plaisir de lecture.

Cette force pour créer l’empathie entre les héros et le lecteur est d’une des plus fortes que j’ai lu. Rajoutez à cela des histoires humaines, des personnages très forts, des situations presque désespérées, ces culs de sacs policiers. On est dans le genre « procédural », on va suivre tout le déroulement, et la mise en œuvre de la police pour arrêter et confondre les coupables, à partir de 4 morts et d’un incendie. Il y a plusieurs voix dans ce livre celle des policiers, Faraday, Suttle, mais aussi Winter l’ex flic travaillant pour un caïd local.Nous allons partager les doutes, la vie de chacun de ses hommes sur 450 pages, pour en finir, sur…une fin glaciale.

Excellent roman policier anglais, d’une finesse rare, d’un auteur qui possède l’art de vous transposer dans la tête des personnages et qui vous hante…en vous laissant sur une fin polaire.

N’oublions pas le regard lucide que pose l’auteur sur la violence à Gaza.

LE SAC DE GOUFFIGNAL The Gutting of Couffignal – Âmes malhonnêtes/Crooked Souls

 Retour à la base, au départ, les lectures soufflées par un de mes oncles et mon frère pendant ma jeunesse. Et c’est avec un immense plaisir que j’y retourne. Ce livre à la particularité de pouvoir se lire à la fois en français et anglais. Fait avec amour, quand on connait un tant soit peu Natalie Beunat et sa passion pour l’auteur.
Sa préface est éloquente, un véritable hommage avec de belles précisions sur l’auteur. Nous avons donc entre les mains, 2 nouvelles typiques, fini les romans à l’eau de rose, D Hammett crée des personnages dures, intraitables. Des trames violentes, façonnées par une écriture sèche, et rentre dedans. Le mythe du genre hardboiled est né.
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Trad. de l’anglais (États-Unis) par Janine Hérisson et Henri Robillot et révisé par Natalie Beunat. Préface de Natalie Beunat

Collection Folio bilingue (n° 190), Gallimard
Parution : 09-10-2014

Salut les vierges, si il en reste !!! il est temps de vous illuminer

bah woui chez nous, on oublie pas que les prières à la vierge nous ont sauvé de la peste…enfin….

Bon c’est surtout devenu une putain de foire à la sauce pognon…….

Moi pessimiste et cynique, meuhhhh non

Bon les filles ne confondez pas avec la sainte Catherine non plus, pas besoin de vous mettre un lampion sur le tête ce soir, un bonnet suffira pour vous réchauffer…ou bien …..

Bonne fête régionales et n’oubliez pas l’imodium pour le vin chaud……

La_Fte_des_Lumires dsc_03855

 

Salut ami Undead, ses dernières chroniques, Chez Jigal

5 ans déjà que ce putain de blog ou site existe….

A trois nous avons tenu longtemps, avec l’ami Undead,et CaCo…

Je reviendrai sur ses 5 ans bientôt….

En attendant merci l’ami, de m’avoir supporté et d’avoir été là…la porte t’es toujours ouverte, porte toi bien, tu nous manqueras, mais je respecte ta décision d’arrêter… sur tes derrières chroniques très alarmistes….

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Les voleurs de sexe (Janis Otsiemi)

Trois branleurs tuent la nuit gabonaise dans un quartier difficile lorsque, à quelques encablures, un accident de voiture vient perturber leur ennui.
Précédant les inévitables badauds, nos désœuvrés ont le temps de constater que le conducteur n’a pas survécu. Plus intéressant, il laisse un sac que les larrons s’empressent de s’approprier.
Dedans, en sus d’un peu d’argent, les compères découvrent des photos très compromettantes du président de la république en pleine cérémonie maçonnique… Une bombe, pour qui saurait les monnayer, à condition cependant de ne pas tomber sur des policiers par ailleurs occupés à poursuivre les voleurs de sexe, littéralement, qui sévissent depuis plusieurs semaines…

Dépaysant, ce périple en république gabonaise !
Hélas, ni au niveau de la corruption (même si elle atteint des proportions cahusaciennes) ni même dans un mode de vie qu’on retrouve sur bien des points en occident (là-bas aussi on pratique le PMU sur les heures de boulot) ; en revanche, lorsque le quotidien se mêle d’irrationnel on se prend à suivre une enquête très sérieuse sur des types capables de faire rétrécir les pénis d’un simple contact, le tout dans un style fluide et efficace serti de pépites linguistiques. Un bonheur.

Traditionnellement, c’est à Léopold Sedar Senghor ou à Aimé Césaire qu’était dévolu le rôle de chantre de la littérature africaine francophone.
Je dirais que depuis peu, un aut’ s’y est mis.

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Violence d’état (André Blanc)

Un corbillard provoque un accident sur le périphérique lyonnais.
En lieu et place du cadavre, drogue et armes voyagent dans le cercueil ; une singularité dont le commandant Farel et son équipe ne tarderont pas à saisir toutes les implications.
Car outre la bande organisée derrière ce trafic, la bande à Farel entrevoit des ramifications dans les plus hautes sphères de l’État, en ces lieux où le fonctionnaire lambda est censé courber l’échine.
C’est bien mal connaître le commandant qui, pour le moins, n’a pas laissé ses noix dans ma chronique précédente.

Avec ce Violence d’état, André Blanc signe un polar salutaire où la force de conviction et le courage triomphent encore de la médiocrité institutionnalisée.
Tiens, en guise de conclusion, je ne résiste pas au plaisir de retranscrire ce dialogue entre le héros et un homologue américain, qu’on trouve aux pages 142 et 143 : «
[…] La vie ici n’est plus qu’un combat entre les gagnants et les perdants. L’Amérique n’a plus d’idéal, seulement une sorte d’utopie financière. Et plus inquiétant dans ce pays d’immigration, tout nouvel arrivant depuis le 11 septembre est désormais suspect.
Nous avons pendant longtemps été assez avisés pour ne pas sortir quand il pleuvait ailleurs. Nous savions attendre et voir ce qui se passait dehors. Maintenant, à la moindre petite pluie, nous partons en Irak, ou en Afghanistan, partout, la foi en Dieu au bout du fusil… Mais sommes-nous du côté de Dieu ? Je ne le crois plus.
En dehors de la religion, véritable carcan social qui gère nos vies, nous nous interrogeons pour savoir si le Patriot Act est conforme à notre Premier amendement. Personnellement, je pense que non. Nos libertés fondamentales sont menacées et je crois que vous avez le même problème en France, en ce moment ?
Oui, la nouvelle loi sur le renseignement présenté par noter gouvernement est votée, et indéfendable du point de vue de l’éthique. Je ne parle même pas de son inefficacité opérationnelle. Nous répétons la même erreur que vous, quinze ans après le Patriot act. L’État veut mettre en place des mesures qui déboucheront inéluctablement sur une précarité juridique pour les individus. Avec ce projet, nous entrons violemment dans une société orwellienne avec la suppression des garde-fous constitutionnels et l’affaiblissement des garanties juridiques des citoyens […]. »

 

 

N’oublie pas mon petit soulier de Gabriel Katz, au Masque

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Benjamin Varenne, un beau gosse acteur raté ou plutôt qui n’a pas encore percé, enchaîne les castings foireux et les jobs alimentaires. Pendant la période des fêtes, il fait office de Père Noël au Printemps. Débarque une petite bombe aux longs cheveux, encadrée de deux gardes du corps. Elle minaude ouvertement et exige un selfie avec le Père Noël.
De fil en aiguille, le Père Noël se retrouve dans le lit de la belle, dans un luxueux appartement du XVIe, les gardes du corps sagement parqués dans le salon. Avant de s’endormir, la princesse le prévient : il doit mettre son réveil à 6 heures et disparaître. Manque de chance, le portable n’a plus de batterie. Et Benjamin émerge trop tard. Il tombe nez à nez avec une mamie revêche qui l’insulte dans une langue inconnue – genre pays de l’est- en le braquant avec un énorme pistolet. S’ensuit un règlement de comptes de gangsters et notre Père Noël, paniqué, n’a d’autre choix que de fuir. Car la mamie flingueuse est en fait la mère du petit ami officiel, un caïd albanais qui va tout faire pour se venger selon le principe albanais du kanun.
si on avait encore nos archives vous conviendrez comme moi que cet auteur on le suit depuis longtemps et qu’il a fait une superbe trilogie chez Scrinéo, récompensée par ailleurs….hé hé hé

on le retrouve donc dans un autre registre un polar totalement loufoque entre vau de ville et Kanun. On va suivre les péripéties d’un acteur qui ne l’a jamais été qui marche au son de sa bite. Livre marqué d’un humour ravageur, et écrit à la première personne, l’auteur nous charme avec son héros et on se laisse entrainer dans des péripéties digne du film « L’homme de Rio ». un grand moment pour se décontracter, pour rire aux éclats,……

C’est le moment ou jamais pour dévorer ce livre. que du bon temps, ceux qui ont dû mal à lire,après les événements tragiques, ceux qui cherchent un livre, je vous conseille celui_ci..De plus on est en décembre, venez gouter ces mots vivifiants, et cette trame qui vous emportera ailleurs.

A LIRE URGEMMENT POUR PROFITER DE LA VIE, MÉDICAMENT OBLIGATOIRE CONTRE LA MOROSITÉ L ANGOISSE ET LE RESTE…..DEVRAIT ÊTRE REMBOURSE PAR LA CPAM