Le Village des ténèbres de David Coulon par le corbac

Lire ce livre c’est un peu comme repartir en arrière! Comme si de nouveau j’avais quinze ans, que j’étais au ciné avec mes pop-corn et des potes, de la bière planquée dans le falzar et du temps où on pouvait cloper comme des pompiers!
Maintenant on dit Thriller, avant on disait film d’horreur!
Si si je vais me faire frapper et haïr mais ce village est plus proche d’un film comme Frontières, de La Colline à des Yeux des ce bon vieux Wes ou même d’un des premiers Jason ou Halloween.
Oui je sais il est marqué Thriller et c’est un roman mais moi je l’ai lu comme un livre d’horreur qui aurait eu sa digne place dans la collection Epouvante de Pocket ( mais si les poches Rouge et Noir!)
Il est flippant ce bouquin, il est effrayant et horrible! et puis la fin…
Il a le sens du rythme et de l’angoisse le David, il sait construire son histoire étapes par étapes de manière à faire monter l’angoisse, à nous tenir en haleine.
Il ne fait pas dans la parlotte inutile, il ne fait pas non plus dans le sanglant trash inutile.
Ses personnages sont taillés au fusain, croqué avec rapidité et justesse afin qu’on les comprenne. Ses scènes de violences ou de barbarie sont justes esquissées, nous laissant les imaginer et les développer en fonction de notre sensibilité.
C’est du violent, c’est du flippant; c’est sale et horrible, c’est effrayant et stressant; c’est monstrueusement bien écrit et tendu comme écriture.
A se chier dessus…mais que c’est bon!

Etoile Morte Ivan Zinberg Editions Critic par le corbac

Comment te dire à toi l’ex-ado pré-pubère que nous avons tous été…Comment te dire à toi je jeune adulte queutard en quête de sexe que nous avons tous été…Comment te dire à toi le vieux con frustré dans son canapé avec son clébard et son clebs…
Comment te dire? Avec mes mots? Simplement?
Ok
Les femmes ne sont pas de la viande. Les femmes ne sont pas des objets de salubrités personnelles ni objets à fantasmes.
Une femme ça se câline et ça se dorlote. Une femme ça se protège et ça mérite toute ton attention, ta tendresse, ton amour et ta passion.
Une femme c’est beau. Une femme ça te promet monts et merveilles, des châteaux en Espagne qu’elle ne construirait que pour toi! Une femme elle déplacerait des montagnes pour que le soleil te touche sans que t’aies à bouger ou à l’inverse pour que tu crames pas.
Une femme c’est beau et ça mérite d’être aimé pour elle…pas pour son cul, ses seins et tous les fantasmes de gros porcs lubriques que tu imagines quand tu la croises dans un supermarché, sur le trottoir, à la sortie de l’école. Non une femme ça ne mérite pas qu’on s’acharne sur elle pour assouvir de simples désirs et bas-instincts animaux; pour qu’on l’utilise dans de sales jeux pour adultes dégénérés en manque de sensations.
Non une femme il faut la respecter et l’aduler, l’adorer ou sinon…tu vas morfler!
Voilà ce que nous apprend Ivan dans son roman Etoile Morte!
Comment il fait? Il utilise deux enquêtes parallèles: celle d’un duo de flics et celle d’un journaliste people en plein crise de conscience. Et puis pour l’intrigue…ben tu coupes ton poste de télé, tu t’installes sur ton canapé et tu lis son bouquin.

Des forêts et des âmes, d’Elena Piacentini, éditeur au-delà-du-raisonnable par Laetitia Au Pouvoir Des Mots

Un agent de police au passé sombre tombe dans le coma suite à un mystérieux accident, des adolescents fragilisés disparaissent, des laboratoires pharmaceutiques peu scrupuleux taisent de lourds secrets et tout cela semble converger vers ce centre de soins psychiatriques niché au cœur de la forêt vosgienne. C’est du moins là que l’on va suivre le commandant Léoni chargé de démêler l’affaire. Pierre-Arsène Léoni est originaire de Corse mais il officie à Lille. Il apparait ici dans sa sixième aventure, héros récurrent d’Eléna Piacentini. Je le découvre. Un homme que la vie n’a à priori pas épargné, mais point de caricature d’enquêteur torturé à l’œil torve noyé dans l’alcool. Non. C’est un homme solide, plutôt taiseux, honnête et à l’esprit franc. Je l’imagine la quarantaine passée, le cheveu grisonnant légèrement, la barbe naissante. Un homme rassurant, aux épaules confortables sur lesquelles toute femme irait s’abandonner. C’est comme ça que je le vois. Et un homme qui a dans sa vie une femme comme Angèle ne peut être qu’un homme bon aux valeurs sûres. Mémé Angèle ! La grand-mère idéale. La grand-mère qui trouve que tu ne manges jamais assez, celle qui s’occupe de savoir que tu es vraiment heureux, celle qui t’accompagne dans tes joies, dans tes chagrins, dans ton ombre mais qui est là. Toujours. Avec les mots qui apaisent, les mots qui rassurent. Je t’ai présenté deux personnages piliers du roman, ceux qui font l’âme de ce polar et très certainement des précédents de l’auteure, mais j’en oublie un dans cette affaire-là. Dans cette intrigue-là. Un troisième personnage. La forêt. Omniprésente, tantôt étouffante, tantôt rassurante. Toujours odorante, caressante, parfois angoissante, rude. La forêt comme un rempart autour du centre de soins.

Le contact de la terre et des fétuques de bois écrasés sous ses pieds lui procurèrent une sensation de paix. Nouveau, ce sentiment d’être baigné d’ondes et de courants d’énergie, de percevoir les pulsations du sol fourmiller dans ses muscles. Bienvenu, le vide de l’esprit, les pensées qui se désagrègent et ce ressac de la raison qui aspire les hiers et les demains. Le temps qui s’ouvre et se dilate au jouir du maintenant.

J’aime comme Eléna Piacentini prend soin de ses personnages. Un polar, je disais. Et si dans la forme, l’intrigue est menée piano et sano, et que j’ai aimé ça, je voudrais m’attarder juste un peu sur le fond puisque c’est le marché des antidépresseurs qui est montré du doigt. Quand on sait que plus de 5 millions de français sont sous antidépresseurs, que le marché mondial rapporte 19 milliards de dollars, que les diagnostics de troubles divers augmentent, que les molécules sont utilisées ici, modifiées, réutilisées là, que les effets secondaires ne sont pas forcément maîtrisés, que toi, toi ou encore toi, si tu cherches bien, tu te trouveras sûrement une phobie ou autre névrose et que sans forcer trop, ton médecin te prescrira la pilule du bonheur et que tu en seras addict, quand on sait tout ça, on referme le livre frustré, en colère et désabusé. Je te conseille de découvrir cette plume à l’accent corse.

Au-delà du raisonnable (2014) 375 pages

L’AUTEUR

Elena Piacentini est née en 1969 à Bastia. Elle a donné naissance à Léoni, le commandant de police Corse qui dirige la section homicide de la PJ de Lille, capitale du Nord dans laquelle l’auteure vit. Dans ses romans, elle orchestre avec psychologie une humanité malmenée et, comme la société, souvent victime de ses choix entre l’ombre et la lumière. Après Le cimetière des chimères, qui a remporté le prix Calibre 47 et le prix Soleil noir en 2014, Des forêts et des âmes est le sixième roman de la série. (biographie de l’éditeur)

Vilnius Poker par Monica chez M T L

Le premier Mars prochain, le fabuleux Monsieur Toussaint Louverture revient avec un nouveau titre, La Maison dans Laquelle , son meilleur, à mon humble avis. Mais il va falloir patienter un peu, j’en dirai plus dans un billet à venir !

Aujourd’hui j’aimerais revenir sur Vilnius Poker, paru au printemps 2015 et qui, à l’époque, m’avait laissée sur le carreau. J’appréhende toujours les lectures qui portent sur l’Europe de l’Est, encore plus lorsqu’il s’agit de l’époque du « bloc de l’est ». Toujours peur, au pire des cas, que l’image renvoyée soit fausse (en clair, qu’elle ne corresponde pas au monde que que j’ai pu connaître ou apprendre). Au mieux, je crains que la même image me mette KO à coup de fantômes se bousculant pour me ramener dans un monde désormais disparu.

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Vilnius Poker fait partie de la deuxième catégorie. Autant le dire tout de suite.

Vilnius Poker ou la lente descente vers la folie dans un monde où l’identité est annihilée au profit d’un dragon omniprésent, omniscient, omnipotent… à vous de le reconnaître.
Je n’en ferai pas un résumé, c’est un roman qui ne se « résume » pas. Parce qu’il ne se « résume » pas à une quelconque dénonciation du totalitarisme et de l’absurde, il vous entraîne avec lui dans un monde tellement halluciné, hallucinatoire qu’il en paraît irréel. Et pourtant.

Passée sous des corps étrangers, prise de force par les Allemands, offerte aux splendides vainqueurs de l’Armée Rouge, la Lituanie kanuk’ée, colonisée, inerte, grise est habitée dans Vilnius Poker par l’homo lithuanicus. Vous avez peut-être entendu parler, je l’espère, de l’homo sovieticus, ce triste produit du XXe siècle dont la descendance refuse de s’éteindre. L’équivalent lithuanien de l’époque est la personne qui agit de la même manière, le dogme et la conviction en moins. Il « ne croit en rien depuis le départ, mais il apprend à jouer le jeu dès son plus jeune âge. »
Il a l’oeil vide, l’homo lithuanicus, l’oeil vide et le visage plat. Il pue. Il transpire la peur.

 » Ici bas, tout homme capable de pensée logique est paranoïaque. La paranoïa coule dans nos veines. On se met immédiatement à soupçonner que l’ on veut nous voler cette miette de sagesse et nous envoyer pourrir au fond d’un trou. On commence à voir des espions partout. Dès que l’ on décroche le combiné, on est intimement persuadé d’être sur écoute. Et si on ne s’est pas levé du bon pied, on se met à croire que même nos pensées sont secrètement enregistrées. »

L’ambiance du roman est une claque pour chacun des sens du lecteur. Vilnius, fière capitale à genoux, ploie sous l’odeur des feuilles moisies, le free-jazz qui résonne dans les ruines d’une ancienne église transformée en distillerie, perce le tympan, tout comme les pleurs des déportés vers la Sibérie, comme le silence des camps.
Il y a de l’amour aussi à Vilnius : brutal, multiple, sans issue. Les cartes ont déjà été distribuées et c’est la Faucheuse qui a la main.

Les personnages de Vilnius Poker évoluent dans un espace-temps mouvant, passé et présent se chevauchent au gré des souvenirs, des évènements qui font irruption dans leur quotidien à la manière des rêves… ou bien des cauchemars…
Et chacun raconte sa version des faits: Vytautas Vargalys, le bien nommé, Martynas Poska, collectionneur-ethnographe, Stéfania Monkeviciuté, plante importée de la campagne lituanienne, Gédiminas Riauba, autre bien nommé, à l’odorat sur-développé.

Grâce à Monsieur Toussaint Louverture vous pourrez errer dans les rues de Vilnius, jouer cette partie de poker incroyable, apprendre, ouvrir les yeux, ouvrir les yeux….

Pour aller un peu plus loin : http://www.courrierinternational.com/article/2015/02/25/par-crainte-de-la-russie-le-pays-reinstaure-le-service-militaire

Hobboes, Philippe CAVALIER, Editions Anne Carrière 2015 par Monica

Un Avenir Si Proche

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Roman qui dépayse… ou pas, qui fait réfléchir, beaucoup, qui se lit d’une traite et qui s’obstine à vous coller à la peau même après l’avoir refermé.

 

« Banes pénétra dans le parc par la grande entrée  du rond-point de Broadway. Il marcha d’abord jusqu’au Pond, un petit lac où la pêche était autrefois autorisée comme loisir, à condition de remettre à l’eau les poissons ferrés. Il n’y avait plus de prises à faire ici. Ses carpes et ses sandres depuis longtemps dévorés, l’étang n’était plus qu’un marigot souillé par des taches d’huile et des déchets en plastique qui flottaient à sa surface. Sous une première rangée d’arbres, Raphaël avisa deux grandes tentes marquées du symbole de la Croix-Rouge. C’était un poste de consultation médicale et un autre de distribution de colis. Deux files de malheureux serpentaient devant l’entrée. Hésitant à s’avancer, Banes alluma une cigarette. Ce qu’il avait sous les yeux le mettait mal à l’aise. Ce n’était pourtant pas la première fois qu’il assistait à pareille scène. Depuis qu’il avait l’âge de s’intéresser à l’actualité, dans les journaux ou à la télévision, sa mémoire était emplie d’images de centres de secours. Mais, en l’occurence, les malheureux qui faisaient ici la queue pour consulter ou se ravitailler n’étaient pas les victimes d’une guerre lointaine ou d’une catastrophe naturelle survenue à l’autre bout du monde. Ce n’était pas la Mésopotamie du chaos ou l’Asie des typhons, c’était l’Amérique! New York! Le coeur même du rêve américain! Surplombés par les silhouettes hautaines du Rockefeller Center ou du Dakota Building, des milliers de miséreux dûment estampillés citoyens de l’empire US ne pouvaient recourir qu’à la charité pour assurer leur survie. » 

 

Le roman de Philippe Cavalier résonne encore étrangement en moi, 24 heures après l’avoir fini. Le monde décrit dans cette dystopie, ô combien crédible, hélas, malgré les quelques envolées fantastiques qui pourraient nous faire nous tromper de chemin, est un monde qui paraît aujourd’hui à portée de main.

Le Prologue du roman est pour le moins destabilisant: tous les habitants d’un petit village de la côte canadienne répondent à l’appel silencieux  d’un vagabond venu de nulle part et se jettent à la mer. Tous, à l’exception de quatre parmi eux: trois hommes et une adolescente. Ils seront les élus d’une mission de destruction.

 

Pendant ce temps, dans un coin de l’ Amérique en désordre, Raphaël Banes, professeur de sociologie et de sciences politiques à l’Université de Cornell, perd son poste suite à un coup de sang qui mettra KO l’un de ses collègues. Malgré son inquiétude, Banes ne restera pas longtemps désoeuvré: une très allécheante proposition de collaboration lui sera faite par la Fondation Farnsborough. Inconnue pour le professeur jusqu’à son « entretien d’embauche », la Fondation en question s’avère être « un des instituts de prospective les plus reconnus au monde ».

« … il s’agit de recueillir de l’information de première main, de compiler les donnés et d’en tirer les lignes directrices pour l’avenir. Nous intervenons dans toutes les branches: sciences, économie, technologie, sociologie, politique et même… religion! Aucun domaine de la pensée humaine ne nous échappe. Anticiper. Prévoir. Saisir la globalité du présent pour mieux préparer l’avenir. C’est ça notre travail. »

Si le profil de Raphaël Banes semble intéresser sincèrement son interlocuteur, un autre profil, surgi, lui, au détour de la conversation, changera la destinée de notre professeur: Milton Millicent, ancien étudiant de Banes, préparant une thèse sur les « Mécanismes du don et de l’échange au sein des sociétés néomarginales contemporaines » et disparu des radars de l’université depuis des mois.

« Si mes souvenirs sont bons, M. Millicent ne s’était pas tenu à cette stricte définition, précisa Raphaël. Il avait vite dérivé sur d’autres thématiques plus fumeuses.

– Lesquelles? voulut savoir Peabody.

Banes se passa nerveusement la main dans les cheveux. Il ne comprenait pas pourquoi la conversation se fixait ainsi sur le plus insignifiant  de ses anciens étudiants. Encouragé par Franklin, il ressembla néanmoins le peu de souvenirs qui lui restaient.

Milton s’était mis à se passionner pour des histoires sans queue ni tête qui se colportent parmi tous ces pauvres gens victimes de la crise… (…) De simples réitérations des mythes de la fin du monde. Des contes de bonne femme opposant des destructeurs et des rédempteurs sur fond d’effondrement du système, justement. »

Ce qu’employeur veut, il l’aura: Milton Millicent et ses mythes eschatologiques deviendront ainsi la première mission de Banes au sein de la Fondation Farnsborough , l’ancien étudiant doit être retrouvé coûte que coûte.

 

Commence alors pour Raphaël Banes une épopée personnelle qui le portera jusqu’au sein de la réfection prédite par Milton Millicent. Vagabond parmi les vagabonds dans une Amérique où les marginaux occupent de plus en plus de territoires en attendant le meneur qui saura les guider, Raphaël apprendra que l’on peut coexister avec les mythes et que ces derniers peuvent nous rattrapper.

Road-trip et roman initiatique à la fois, Hobboes soulève de nombreuses questions: la liberté, l’individualisme, le matérialisme, la transmission du savoir, parmi tant d’autres. En ce qui me concerne, j’ai choisi de m’attarder sur la problématique des masses.

La crise a poussé à la rue des milliers de gens. Central Park, à New York ou le quartier Skid Row à Los Angeles étaient devenus des bidonvilles à l’Américaine. Le chômage, la misère, le froid, la faim ont fini par atteindre des classes sociales qui se croyaient à l’abri de tous ces malheurs. En filigrane, deux mouvements, tendus vers un but identique, faire changer la société, mais dont les moyens diamétralement opposés en font des ennemis mortels: les Sheltas et les Fomoroï.

Qui sera le maître choisi par les masses? Qui portera la force mortelle d’une foule soulevée par les frustrations? Et quel en sera le but?

« D’aucuns chantaient des psaumes chrétiens ou des litanies inventées de toutes pièces. Plusieurs hurlaient des prières ou dansaient sur des airs anciens. Comme les mystiques le font aux Indes, certains perçaient leurs membres de longues aiguilles quand d’autres faisaient contrition, en avançant sur les genoux. Il y avait des évangélistes et des satanistes. Des born again et des athées. Des dérangés et beaucoup d’êtres sans histoire…

Camden Hodge- Okhlos- était parvenu à rassembler ces gens qu’aucun lien n’aurait dû unir. Il leur avait donné une cause, un but. Plus important que tout: il leur avait donné un chef à suivre – lui-même, bien sûr. Un chef qui avait désigné des responsables à leur misère, à leur mal-être. Un chef en la parole duquel il était facile de croire. »

Manipuler les masses, appuyer sur les bons leviers, donner une voix unique à tant de frustrations et d’humiliations distinctes, appeler vengeance et se servir de la force d’une foule soulevée pour réaliser son rêve de domination: Hobboes nous livre une leçon magistrale sur ce mécanisme qui a si bien fonctionné par le passé et qui, aujourd’hui encore, fait très bien ses preuves.

Philippe Cavalier maîtrise sa narration d’une main de maître: la quête de Banes, la lutte entre Sheltas et Fomoroï, le soulèvement des populations dans les grandes villes des Etats Unis, un mounty canadien qui mène son enquête en solitaire pour connaître les raisons du suicide collectif qui ouvre le récit, autant de paliers que le lecteur descendra le souffle coupé jusqu’à l’éclat final.

 

Sous ses apparences dystopiques, Hobboes nous met face à nos démons, à notre présent et pose des questions sur notre avenir proche. Mais il porte aussi malgré tout une lumière qui traverse tout le récit et qui porte aussi son lecteur: suivez-la!

 

 

Franck Bouysse Plateau collection Territori par Ontheroadagain Chris

Plateau, c’est un hameau en Haute-Corrèze où réside un couple de vieux paysans, Virgile et Judith. Judith, est maintenant atteinte d’Alzheimer, elle oublie tout sauf une chose : elle a mal vécu l’absence d’enfant dans le foyer. Le couple a élevé Georges, ce neveu dont les parents sont morts d’un accident de voiture alors qu’il avait cinq ans. Maintenant Georges vit dans une caravane face à la maison de Virgile et Judith. Alors lorsqu’une jeune femme rencontrée sur internet, emménage chez Georges, lorsqu’un ancien boxeur, Karl, tiraillé entre ses pulsions sexuelles et sa croyance en Dieu vient s’installer dans une maison du hameau et qu’un mystérieux chasseur sans visage rôde alentour, Plateau prend des allures de village où toutes les passions se déchaînent.
1507-1, p
Ta deuxième claque livresque 2016, (après Neige noire de Paul Lynch) et maintenant tu tentes de remplir ta page blanche. j’ m’attendais pas à ça  » un peu quand même, en tout cas pas moins , faut quand même avouer qu’on allait pas le rater après son magnifique ‘ grossir le ciel’ en lecture et au premier tournant… Je vais tenter moi aussi de  »passer de la folie au courage sans y perdre mon âme « (extrait) Un « plateau  » de Mille-vaches oú vit une famille un peu bancale, Judith et Virgile , un couple âgée aux douleurs multiples,physique et morale , leur neveu Virgile plus ou moins leur fils adoptif et Karl un voisin..tous taiseux au possible, l’économie des mots est de rigueur dans cette contrée hostile. La vie sur le ‘ plateau ‘ est un combat permanent et certains sont mieux armés que d’autres pour s’en sortir,pour les autres juste une question de survie.mais toujours avec l’espoir de remonter sur le ring et de continuer la lutte jusqu’au dernier son de cloche. Un jour après l’autre en apprivoisant ses fantômes. Un matin une fille de la ville débarque dans le paysage et s’en suit un sacré ‘bordel’ Les émotions inavouées bousculent les esprits les plus chastes .. Un loup sur deux pattes rôdent à deux pas de la bergerie, la tension monte,ça claque, les culasses s’agitent… Certains ont croisé le petit chaperon rouge, pour ma part j’ai bien cru apercevoir Don Camillo et Peppone ( vous verrez!) En attendant je viens de prendre un uppercut, suis chaos … À terre ..scotchée ..un récit encore plus fort que ‘Grossir le ciel ‘d’une maîtrise parfaite , avec une plume toujours aussi élégante ,toujours aussi poétique où la flore , la nature chère à l’auteur sont bien présentes ,une noirceur éclatante , un diamant noir . Un récit qui vous embarque et vous ferait presque aimer la campagne.Un récit d’un réalisme étonnant, surprenant,les mots vous bousculent, les secrets éclatent et vous laissent sur un final explosif. Et maintenant je lis quoi MOI après cette merveille ?? En attendant, vous mes lecteurs préférés, n’attendez pas, foncez découvrir ‘plateau ‘ de Franck Bouysse, je vous le sers avec plaisir, en bonne compagnie vous serez..

Dragon de Thomas Day, nouvelle collection du Bélial

Du pur thomas Day, pour les connaisseurs, qui ouvrent donc la nouvelle collection aux éditions Bélial. Des petits formats au petit prix avec de grands auteurs.

On commence donc par l’auteur susnommé, direction la Thaïlande, Bangkok et foret, paradis du tourisme,…..sexuel ?

Pour ceux qui ont eu la chance de s’y balader comme moi, l’auteur retranscrit bien cette putain d’atmosphère qui règne au pays du sourire de la ville à la jungle….

La trame oscille entre polar et , et et   et  atchoum !!!! pardon, et polar engagé ? Engagé contre la perversion, la politique de la Thaïlande, la société,….. Non, rien de tout cela, un énorme constat, de la part d’un humain tout simplement. Rajoutez à cela de l’orientalisme, c’est-à-dire de la fiction, bon c’est Thomas Day qui écrit.

Il y a des passages horribles, le tout en 7 pas…..

Si vous voulez en savoir un peu plus, mais pas trop, bref vous voyez, vous allez là

http://surlapistededragon.eklablog.com/-a105957682

Après la moralité, le manichéisme, c’est vous qui vous placez, ……, franchement moi je n’y arrive pas, pourtant je suis père….j’ai eu la chance ne rien voir quand j’y suis allé, mais je sais qu’un de mes potes a craqué et en a tabassé un….bref…..et a fini au poste….

Le début de trame est classique, mais entre les mains de cet auteur, elle ne le reste pas longtemps. Un assassin de pédophiles ; de proxénètes vient de surgir du néant, et agace les autorités. Le personnage de Dragon et son flic qui lui colle aux basques sont fortement bien campés. Après la suite c’est du Thomas Day, c’est donc en terrain inconnu qu’on avance, et c’est très bien ainsi. La morale si il vous en faut une absolument? Il faut lire l’épilogue, le conte des dragons !!!!

Très bel ouvrage pour l’ouverture ce dette collection, un livre qui ne vous laissera pas de marbre….

Euh sinon les remercîment sont touchants…..

Le régime politique vient de changer.
Le dérèglement climatique global a enfanté une mousson qui n’en finit plus.
Dans la mégapole thaïlandaise pour partie inondée, un assassin implacable s’attaque à la facette la plus sordide du tourisme sexuel. Pour le lieutenant Tannhäuser Ruedpokanon, chargé de mettre fin aux agissements de ce qui semble bien être un tueur en série, la chasse à l’homme peut commencer. Mais celui que la presse appelle Dragon, en référence à la carte de visite qu’il laisse sur chacune de ses victimes, est-il seulement un homme ?

 

A la bourre comme le lapin chez Alice …….et merde

C’est chronophage Facebook… du coup moins présent ici, et je teins à m’en excuser

tout va rentrer dans l’ordre bientôt…car je ne serai plus seul

Play it again sam

Corrosion de Jon Bassoff John, collection Néonoir chez Gallmeister

Toi qui entre dans ce livre….Si le conducteur s’arrête dans un bled à Thompson Ville , c’est soit du hasard, soit c’est la référence, le lecteur comprendra….

Jusqu’ou la folie peut elle emmener un humain, tu auras peut être la réponse dans Corrosion…

J’avoue avoir eu un peu peur de commencer ce livre loué comme le seigneur sur le net et ailleurs. Après l’excellent viens avec moi, j’avais peur de retourner chez les Redneck pour un nouveau billet sans retour, et de vivre un « déjà vu ».

Que nenni mon brave, c’est toute la subtilité de la collection néo noir qui est mise en lumière, un récit qui se démarque, de sa collection, du genre et du reste.

Ca envoie du lourd, en trois mouvement, c’est une lecture épuisante, sans lumière, mais sincère (j’aime la rime). Faut avoir le cœur bien accroché pour avaler la trame, c’est noir et pas brillant, référence à Noir désir.

Cela commence comme un classique, la voiture d’un estropié de la guerre tombe en panne dans un patelin pourri. Une femme se fait tabasser notre héros intervient, et après…quand on croit avoir tout lu on entre en enfer, sous une certaine forme…..

A la lecture vous êtes en capacité de développer un malaise, introspection d’hommes borderline, comme la vie qui les entoure. Borderline le mot est encore faible. L’auteur cache bien son jeu, pour ne jamais en finir.

What else disait Georges au café hier soir ? Rien qui puisse être en mesure d’être développé sans gâcher le grand plaisir qui vous attend. L’écriture est de grande qualité, le découpage narratif aussi, franchement c’est parfait, enfin presque, il me reste dans la bouche un gout de puanteur qui n’est pas prêt de partir…..

Traduit par Anatole Pons

Un vétéran d’Irak au visage mutilé tombe en panne au milieu de nulle part et se dirige droit vers le premier bar. Peu après, un homme entre avec une femme, puis la passe à tabac. L’ancien soldat défiguré s’interpose, et ils repartent ensemble, elle et lui. C’était son idée, à elle. Comme de confier ensuite au vétéran le montant de l’assurance-vie de son mari qui la bat. Ce qu’elle n’avait pas réalisé, c’était qu’à partir de là, elle était déjà morte.

 

Ron Rash Le chant de la Tamassee , au seuil…pas de ta porte andouille…..

La Tamassee, protégée par le Wild and Scenic Rivers Act, dessine une frontière entre la Caroline du Sud et la Géorgie. Ruth Kowalsky, 12 ans, venue pique-niquer en famille sur sa rive, fait le pari de poser un pied dans chaque État et se noie. Les plongeurs du cru ne parviennent pas à dégager son corps, coincé sous un rocher à proximité d’une chute. Inconscient des dangers encourus, son père décide de faire installer un barrage amovible qui permettra de détourner le cours de l’eau. Les environnementalistes locaux s’y opposent : l’opération perturbera l’état naturel de leur rivière, qui bénéficie du label « sauvage ». Les deux camps s’affrontent violemment tandis que le cirque médiatique se déchaîne de répugnante manière et que des enjeux plus importants que la digne sépulture d’une enfant apparaissent… Le Chant de la Tamassee, deuxième roman de Ron Rash – publié aux États-Unis avant Le Monde à l’endroit –, est le plus représentatif de l’engagement de l’auteur pour la protection de l’environnement. Tout en décrivant un drame humain déchirant, il y rend hommage à ses références avouées, Peter Matthiessen et Edward Abbey. Né en Caroline du Sud en 1953, Ron Rash est un poète, auteur de cinq recueils de nouvelles et de six romans, tous lauréats de prestigieux prix dont le O. Henry Prize et le Frank O’Connor Award (pour Incandescences). Le Chant de la Tamassee a reçu le Weatherford Award et le SEBA Award du meilleur roman. Ron Rash est titulaire de la chaire John Parris d’Appalachian Studies à la Western Carolina University. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Isabelle Reinharez

 

Alors j’arrive comme une buse, c’est mon premier  livre de cet auteur….Et putain de bordel de merde il sait écrire…whouaaaaaaaaaaaaa

Ne conaissant pas ces autres livres, je peux juste dire que cete histoire  a pour une fois le mérite d’avoir une quatrième de couverture qui dit vrai.

on dirait un livre écrit par  le fabuleux Edward Abbbey mais sans l’humour…C’est une histoire tragique qui nous interpelle, nous secoue. De quel coté serions nous ?…Les personnages sont épais, les liens avec nous lecteur sont vite établis par la narration sublime de l’auteur. Je ne vais pas m’attarder sur les descriptions de la nature ou sur son écriture géniale,  mais plus sur les personnages. La photographe, le journaliste perdu, le père, l’écolo et d’autres, leurs vies sont minutieusement détaillées. Un livre très inspiré qui donne envie de connaître sa bibliographie.

Et reste la question que feriez vous, vous ?