nouveauté de l’écrivain Anthelme Hauchecorne

http://www.anthelmehauchecorne.fr/romans/le-carnaval-aux-corbeaux/

le-carnaval-aux-corbeaux

Ludwig grandit à Rabenheim, un petit bourg en apparence banal.

Claquemuré dans sa chambre, il s’adonne au spiritisme. À l’aide d’une radio cabossée, il lance des appels vers l’au-delà, en vue de contacter son père disparu.

Jusqu’à présent, nul ne lui a répondu… Avant ce curieux jour d’octobre.

Hasard ? Coïncidence ? La veille de la Toussaint, une inquiétante fête foraine s’installe en ville. Ses propriétaires, Alberich, le nabot bavard, et Fritz Frost, le géant gelé, en savent long au sujet du garçon. Des épreuves attendent Ludwig. Elles seront le prix à payer pour découvrir l’héritage de son père.

À la lisière du monde des esprits, l’adolescent hésite… Saura-t-il percer les mystères de l’Abracadabrantesque Carnaval ?

Les droits du présent roman

sont reversés en faveur de l’UNICEF.

un écrivain que l’on suit depuis longtemps, j’ai reçu son magnifique ouvrage, magnifique illustré avec un présent et dédicacé

A DÉCOUVRIR D URGENCE

 

Pendant que les mulots s’envolent Corinne Valton par Laetitia Au Pouvoir Des Mots

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Pendant que les mulots s’envolent est un recueil de vingt nouvelles écrites par Corinne Valton.
Je démarre ma lecture sur des images en gros plan, des bouches. Ca mâchouille, ça mastique. Du chewing gum goût cannelle qui me laisse un goût d’incommode. Je continue sur le torcheur qui n’est pas fleuriste puisqu’il torche. De nouveau, gros plan, je me sens à l’étroit. Le mal être du personnage me poisse. Mais j’avance encore, je ne lâche pas. Comment peut-on écrire si vrai en si peu de pages ?
Sur le rebord de la fenêtre ouverte, mon fugueur de colle était assis. Je hurlai son prénom, eus droit à un petit signe de la main, mignon, puis l’élève leva les yeux, comme pour penser à quelque chose qu’il aurait oublié, et il sauta.
Et j’ai continué encore. J’ai lu ces vingt nouvelles qui sont comme vingt huis-clos. J’étais enfermée dans chaque scène, mais surtout dans chaque tête. Je me suis cognée dans les folies de chacun, les névroses du quotidien, les obsessions irrationnelles. L’auteur pose les personnages si près de nous que j’aurais pu les toucher. J’aurais pu frôler leur folie, leur désespoir. Une écriture décalée qui détaille la brutalité de chacun, la violence de leurs sentiments exacerbés. Dégoût, compassion, répulsion, empathie, les situations s’enchaînent morbides et azimutées.
Les éditions Paul&Mike doivent avoir un détecteur de nouvellistes de grand talent. Après avoir goûté à la plume brillante de Fabien Pesty (La cour des innocents, La hauteur de l’horizon), je découvre l’univers déroutant de Corinne Valton avec jubilation.
A lire !

Paul&Mike (2015)
178 pages

L’AUTEUR
Corinne Valton, écrivain, prix spécial du jury Don Quichotte en 2016 .Elle a publié son premier recueil de nouvelles chez Paul&Mike.

La Femme qui avait perdu son âme de Bob Shacochis par le Corbac

Traduit par François Happe

Jackie Scott, alias Renee Gardner, aussi connue sous le nom de Dottie Chambers ou Dorothy Kovacevic, est retrouvée morte au bord d’une route en Haïti. Qui était-elle réellement et dans quelles circonstances vient-elle de disparaître ce jour de 1998 ? Nombreux sont les hommes qui aimeraient répondre à ces questions et comprendre cette femme qui les obsède. De l’avocat Tom Harrington au membre des forces spéciales américaines Eville Burnette, chacun tente de rassembler les pièces du puzzle. Mais comment percer le mystère de cette fille de diplomate, familière depuis toujours de ceux qui façonnent l’histoire du monde dans l’ombre des gouvernements.

 

La femme qui avait perdu son âme est une fresque envoûtante qui traverse cinq décennies de l’histoire d’un père et de sa fille. Entre roman d’amour et thriller, Bob Shacochis nous entraîne à travers les conflits du monde moderne sur les traces d’une héroïne inoubliable

Gallmeister est une maison d’édition surprenante. La preuve en est avec La Femme qui avait perdu son âme de Bob Shacochis. Après les grands espaces de Craig Johnson, l’intimité noire de Trevianan, les enquêtes de Ross MacDonald, Olivier Gallmeister nous avait époustouflés avec sa collection Néo Noir ( Bassoff, Hinkson, Robinson…) dure et réaliste, contemporaine et violente….l’éditeur nous balance ce bouquin comme ça, en passant, mine de rien. Alors hormis le fait que c’est un pavé, quand il atterrit dans la mare il fait de sacrés remous! En effet c’est un livre riche et complexe. L’écriture est plus proche de la littérature que du roman Noir ou policier, rappelant régulièrement par sa construction narrative un certain Michel Butor ou un Dostoïevski. De la même manière, il fait songer à La Puissance des Ténèbres d’Anthony Burgess de par la large période historique qu’il balaie; histoire de l’Histoire, Histoire aussi des histoires….rien n’est inventé juste créé et romancé, transformé…Shacochis prend les faits et les adapte à ce qu’il veut raconter. Sans tricher. Sans fioritures. Et puis il a John Le Carré et David Mamet qui traînent là ! Du barbouze et de l’amour, une fresque géo politique sur la complexité de l’enfance, sur la réalité des conflits économiques politiques et familiaux, des crises existentielles et les dessous de l’adolescence, les coups d’États et les observateurs trompés par les tromperies de ceux qui sont censés mener à la Paix, ramener le calme mais pour qui les intérêts personnels et les arrangements financiers passent avant tout. Il y a tout cela et plus encore dans La Femme qui avait perdu son âme parce au-delà d’une fresque baroque et dramatique sur le monde de l’espionnage moderne il y a un pamphlet énorme. Une dénonciation terrible de l’univers commun et souterrain qui nous entoure, du visible et de l’invisible dans lequel nous évoluons sans songer à la grandeur et à la décadence de ceux qui le dirigent. Un roman Noir dans la grande tradition du terme, un roman sur l’être humain, un roman sur l’existence. À ne pas mettre entre n’importe quelles mains parce que c’est du lourd. Très lourd.

Personne ne le saura… mais Brigitte Gauthier l’écrit ! par Perrine

 

Quand on ouvre un Série Noire on sait toujours que les pages ne vont pas nous emmener au pays des merveilles, mais avec Personne ne le saura c’est carrément une plongée au plus profond de la cave qui nous attends.

Je ne sais pas si être une femme change les émotions ressenties à la lecture, mais j’ai pour ma part été retournée, écartelée, écœurée, choquée … j’ai plus de rimes en «ée»

Personne ne le saura c’est l’histoire d’une femme, belle, intelligente, qui réussit, et qui se retrouve dans un club échangiste avec un ami… et un black-out total. Ecran noir, aucun souvenir, si ce n’est la certitude d’avoir été droguée et violée.

Le style m’a déroutée dans les premiers chapitres. Phrases courtes, dialogues énigmatiques, comme si nous étions spectateurs extérieurs et que beaucoup de choses nous échappaient (à vrai dire être lecteur c’est surtout ça non ?). Mais finalement c’était le meilleur moyen de chercher à comprendre, à combler les vides, à saisir le fouillis d’émotions et de pensées qui traversent cette femme, habitée par ce besoin de savoir, ce courage au-delà de la honte. Car parlons-en de la honte, la culpabilité, le regard des autres, proches et professionnels, et cette cruelle vérité de la solitude et cette impression que parler ne servira à rien. Pas de preuves, d’ailleurs est-ce vraiment arrivé puisque rien ne s’est imprimé dans sa mémoire ? Pour le découvrir il faudra le lire, accrochez-vous car Brigitte ne nous épargne rien…

Rural Noir…Benoît Minville…Série Noire. par le corbac

 

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Trois heures de sommeil en moins sur une nuit par définition trop courte, voilà comment ce bouquin m’a happé!

Impossible de le refermer…Impossible de le poser…Trop envie d’avancer, de savoir.

Ben pas déçu le Corbac!

Je vais juste me méfier des gosses avec des flingues en plastique qui tire des plombs sur le cul des vaches…

Surpris l’oiseau!

Je m’attendais à un Total Western dans la Nièvre ou à un Goonies version Réglement de compte dans le trou du cul du monde…

Ben non! Rien de ça…bien mieux au contraire.

Du haut de mes quarante deux branches j’ai fait un trip retour dans le passé.

Quand je disais qu’on allait se voir affranchi d’un Stand by Me à la French, j’étais pas loin; sauf que le Devil Minville y rajoute une pointe de La Horse (si si! le film avec Gabin? Quoi vous connaissez pas, Pfff trop jeune alors pour lire ce genre de bouquin…quoi que …)

Rural…ouep.

Parce que ça sent la bouse de vache fraîche, le vent chaud de l’été de tous les apprentissages qui fait sécher l’eau de la rivière sur la peau. Parce que ça sent les phéromones qui travaillent à l’adolescence le désir et la peur, la colère et la haine, la violence et le besoin d’en imposer. Parce que la douleur des vieux qui voient le village s’éteindre et disparaître tu la sens, parce que les difficultés des paysans et la méfiance des marginaux du coin tu les vois aussi et tu les ressens dans le creux du bide…

Noir…ouep.

Parce que pour s’en sortir faut parfois faire des trucs chelous, parce que redorer le blason d’un bled à l’abandon en s’encainallant avec la petite délinquance ou les gros dealers c’est pas toujours simple. Parce que la fuite, l’abandon, la honte, la solitude, la famille, la guerre, la haine, l’amitié et les premiers amours c’est pas facile à gérer surtout dix ans après…

Rural Noir parce que quand The Devil Minville te transforme la Nièvre en champ de toutes les souffrances, de toutes les craintes, de toutes les violences il te choppe par les couilles ou la gorge et qu’il t’emmène sur les petits chemins tortueux des choix de l’adolescence, au travers des champs coupables des choix des adultes, dans les rivières où coule l’eau du doute et de la jalousie, dans les forêts de l’amitié entre potes où chaque arbre à son importance qu’il se nomme Julie, Vlad, Chris, Romain ou même Cédric…

Rural Noir parce que…lis le et donne moi ton avis…mais soit gentil sinon…

 

« Entre les deux il n’y a rien » Années de plomb, années de lutte Mathieu Riboulet, éditions Verdier

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« J’avais sept ans, je ne pensais rien. Un an plus tard, Mai 68 en France, la chienlit que la droite a prise sur la gueule sans l’avoir vue venir, et qui, dans le fond, ne s’en est toujours pas remise, à preuve la rage vipérine suintant des propos de la clique réactionnaire, quarante ans plus tard, qui n’en finit pas de pointer du doigt les évidences sociales, politiques, culturelles, sexuelles, comportementales, éducatives mises au jour par cette vague qui balaya le monde occidental, pour en dénoncer la permissivité, le laxisme, le relâchement qu’elles ont induit dans les mouvements des peuples, en déplorer les conséquences délétères et appeler à leur renversement, ce qui témoigne à la fois de la très grande peur qui fut la sienne à ce moment-là, du vertige extrême qui l’a saisie à quarante ans d’ici à la seule idée de perdre une once de son pouvoir sur l’argent, les corps, la régulation des villes comme celle des champs, dont elle titube encore à se ressouvenir, et de son incapacité pathologique, aujourd’hui, à admettre qu’elle n’a pas la mainmise sur les fruits de cette pensée-là, les affects de ces heures-là, alors qu’elle l’a sur tout le reste, qu’elle a gagné sur toute la ligne, et qu’il n’y a plus personne pour lui contester ça. »

 

Je viens de découvrir Mathieu Riboulet. On dit « vaut mieux tard que jamais » mais quand même! Je m’en veux d’être passée à côté jusqu’à aujourd’hui. Entre les deux il n’y a rien m’a soufflée. Je ne croyais pas qu’une pensée aussi juste, une révolte si sincère puissent exister encore. En même temps il est vrai que ce n’est pas le type de discours que les podiums et les prix aiment mettre en avant.

C’est là que nous en sommes.

 

L’individu est part entière de l’histoire, il y participe, il la façonne; pour Mathieu Riboulet cela devient une évidence grâce à son arrière-grand-mère:

« Avant 1871 l’histoire est pour moi celle des livres, romans épopées récits Roncevaux Michelet la Fronde Chateaubriand 89 Stendhal, en 1871 ça quitte les livres et ça vient s’écrire dans le corps de mon arrière-grand-mère qui, me tenant sur ses genoux quatre-vingt-quatorze ans plus tard, imprime en moi le souffle qu’elle a pris au sortir de Sedan et du massacre des communards. »

Ce sens aigu de l’histoire et du rôle que l’individu y tient se trouve à la base des questionnements qui arrivent à la sortie de l’enfance du narrateur. Que fait-on lorsque l’on se trouve dans un entre-deux de l’histoire? Quelle est la partition que l’on doit jouer quand on arrive trop tôt ou trop tard sur scène? Car on ne peut pas se taire, tout sauf se taire.

Mai 68 trouve le narrateur dans l’enfance, il a huit ans. Trop tôt pour se lancer, pour comprendre. Mais il écoute ce monde qui vibre autour de lui et se saisit inconsciemment  des morts qui commencent à encombrer les trottoirs européens  à partir des ces années-là. Les morts des pays en paix dont les noms, en italiques, parsèment les pages du livre. En France, Allemagne, Italie « … nous mourons comme des chiens parce que nous sommes des hommes et que les hommes ne meurent pas dans la rue abattus comme des chiens mais dans leur lit, paumes ouvertes. »

Attentif à son environnement, aux discussions parents, voisins, amis, l’enfant qui devient adolescent sent naître en lui à la fois une conscience politique et une conscience sexuelle. Les deux vont ensemble, et ce sont là les fils conducteurs sur lesquels se structure le récit.

Un voyage en Pologne à douze ans (1972, bloc communiste), la même année Pierre Overney est assassiné par un vigile de la Régie Renault, une rencontre avec un ouvrier à Billancourt deux ans plus tard, dans un bus, un effleurement, un renoncement, un souvenir indélébile et cuisant.

Heureusement, en 75 il y a Martin et avec lui la conscience sexuelle prend corps.

« Un parfait manuel d’apprentissage. Comment ai-je pu, moi plutôt en angles, ruptures, muscles plats et poils noirs, jouer sensiblement le même rôle dans sa vie que lui dans la mienne, je ne le lui ai jamais demandé. Au traditionnel jeu de mains jeu de vilains, nous avons transformé une chamaillerie en étreinte d’emblée dépassionnée – je veux dire sans l’entour des mystères du sentiment confus qui livre pieds et poings liés aux délicatesses piègées des comptes à règler – mais passionnante. »

Seulement voilà, les droits des homosexuels n’étaient pas encore à l’ordre du jour, loin de là puisque même des radicaux de gauche s’y font de temps en temps la main.  Il y a bien le FHAR (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire) mais il faut dire ce qu’il est, les années 70 en France, même s’il y a des tensions latentes et des militants qui tentent de se faire entendre, sont loin des années de plomb  allemandes ou italiennes. Lotta Continua, les Brigades Rouges, la Fraction Armée Rouge laissent leurs morts sur le bitume, dénoncent le fascisme, le capitalisme, s’arment et passent à l’action. En France, Action Directe arrive bien tardivement, en 79.

Avec Martin ou seul, le narrateur va en Allemagne, en Italie aussi, là où l’on enterre les morts, là où Ca se passe.

Et en 81 l’épidémie, encore des morts, plus de morts et puis Martin.

 

La question qui demeure au-dessus de toutes ces années de combats désespérés, de luttes utopistes, de morts en temps de paix, est toujours la même: comment en sommes-nous arrivés là? Mathieu Riboulet a une façon très belle de nommer cet échec: les enfants de la guerre ont triomphé de ceux de l’après-guerre.

Car la réalité, aujourd’hui ressemble à s’y méprendre à ce que l’on dénonçait à l’époque. Nous sommes devenus ce que nous ne voulions surtout pas être. Et 68 est devenu un repoussoir que même certains acteurs de l’époque dénigrent maintenant, trop contents, trop repus d’une situation sociale qui doit les combler.

Le livre de Mathieu Riboulet est salutaire: il nous rappelle à tous ce que nous sommes, il nous rappelle que des gens sont morts pour nous l’éviter.

Dans Entre les deux il n’y a rien on sent la colère, la déception (comment pourrait-il en être autrement?), mais surtout une sincérité qui fait mal. C’est un livre très intime, non pas à cause de la langue dépourvue de toute fioriture même lorsqu’elle dit la passion sexuelle, mais pour cette charge de sentiments qu’elle respire, pour le mise à nu des doutes, des interrogations sur le monde et sur soi, pour les deuils qu’elle porte.

« Aucun de ceux qui tombèrent au fil de ces années-là, dont les corps jonchèrent brièvement les rues d’Allemagne, d’Italie et de France avant d’être emportés, autopsiés, rendus, enterrés ou brûlés, n’eurent le temps d’être inconsolés de quoi que ce soit, du moins je le leur souhaite. Ils n’ont pas eu l’occasion de voir l’axe du monde se déplacer légèrement sur la droite, de s’apercevoir que la vue initiale n’était plus tout à fait celle qui s’offrait à eux à l’heure d’agir, de sentir cette faille s’ouvrir sous leur pas, qui en engloutit tant. »

 

Entre les deux il n’y a rien, Mathieu Riboulet, Editions Verdier 2015

Morphine Monojet de Thierry Marignac,

J’aurai été éditeur, je l’aurai sorti de suite ce livre, un pendant d’écrivain à la faucheuse d’Éric Maravélias, un pendant toxique comme la drogue, mais la comparaison s’arrête là. Autre époque, autre lieu, tout autre. Sans dénigrer du tout la faucheuse, Thierry Marignac est un putain d’écrivain grand !!! Et aussi un grand traducteur.

J’ai le plaisir de le connaître et c’est donc un récit que j’ai lu il y a deux ans  déjà. De la chance, évidemment que j’en ai, parfois vous lisez des choses que j’ai déjà lu en manuscrit….;

Ce livre en est un exemple. A l’époque je me serai battu à coup de pelles, pour qu’il soit édité.

Au vu des nombreuses chroniques chez les potes, Claude le Nocher, Nyctalopes et tant d’autres je vois que j’étais bien de dedans, et comme dit un de mes potes, « on doit être bien dedans »…je sais je sais, le jour où on devient fin, n’arrivera jamais…..

 

http://pierric-guittaut.blogspot.fr/2016/01/morphine-monojet-thierry-marignac.html

http://www.nyctalopes.com/morphine-monojet-par-thierry-marignaceditions-du-rocher/

http://www.action-suspense.com/2016/01/thierry-marignac-morphine-monojet-editions-du-rocher-2016.html

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le blog de l’auteur

http://antifixion.blogspot.fr/2016/01/a-lepoque-de-morphine-monojet.html

Le chant des dunes de John Connolly, Presses de la cité

Traduit par Jacques MARTINACHE
Parution le 11 février 2016
496 pages

Pour se remettre de l’attentat qui a failli lui coûter la vie, le détective privé Charlie Parker s’est retiré à Boreas, un coin isolé sur la côte, dans le Maine. Diminué, meurtri, il tente de reprendre des forces et occupe ses journées à arpenter la plage. Mais la découverte d’un noyé trouble sa convalescence.
Suicide ? Accident ? Ou crime ? Alors que le mort porte sur l’avant-bras des chiffres tatoués évoquant un horrible passé et que la voisine juive de Parker reçoit elle-même des menaces, la question se pose. Et est-ce une coïncidence si, quelques jours plus tard, une famille entière se fait massacrer non loin de là ? L’heure de la retraite n’a pas encore sonné : Charlie Parker doit agir.

 

 

Enième enquête de Charlie Parker ….et toujours la grande forme, enfin du moins pour l’écrivain, Parker lui est au plus mal. C’est un survivant à qui  il manque un rein, etc. etc., il faudra lire le précèdent qui sort en poche pour en savoir plus……

On retrouve avec plaisir l’écriture de John Connolly au mieux de sa forme, pour un récit moins gothique, et atypique, un récit sur une partie de l’histoire, comme le cite la  4eme de couv, et la couverture, vous vous doutez bien du thème.

C’est un livre rare, qui parle de ce sujet avec beaucoup de recul sans manichéisme, et qui nous interroge, fait remonter des actes commis ou non commis, et apporte de la lumière ou un nouvel éclairage sur une période plus que trouble….

On retrouve nos amis Louis, Angel, Ross, les Fulci, des dialogues toujours hilarant et rentre dedans,

Les cents dernières pages sont une tuerie, l’auteur nous a bien baladés….

Quant au paranormal il a sa place, on pourrait parler de Sam, de Jennifer, il y a des pistes de plus en plus nettes, Epstein et Ross, mais, on est toujours dans le doute, Qui est tu Charlie, ou nous emmènes tu John, quelle sera la finalité de ton personnage……

L’auteur nous montre encore la potentialité de son héros, sous une autre forme, et reste original, il maitrise complètement la série de Charlie Parker, récit intime, historique, …that’s all folks

 

Le chant de Tamassee de Ron Rash Édition Le Seuil par Chris Ontheroad again

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Entre la Caroline du Sud et la Georgie coule une « rivière sauvage » La Tamassee .Lors d’un pique-nique en famille,Ruth ,jeune fille de Douze ans plutôt intrépide
s’y noie.La Tamasse garde son corps prisonnier.La famille trés croyante souhaite récupérer son corps pour lui donner un sépulture,et lui éviter d’errer au fond du
purgatoire. Alors s’en suit une guerre avec les écolos du coins,dont Luke fervant protecteur de « sa Rivière Sauvage  »
Les vieilles rancunes se réveillent,deux camps s’affrontent,qui l’emportera ?

Lire un roman de Ron Rash ,c’est une belle ballade en pleine nature,parfois semée d’embuches où tu croises toujours des cabossés de la vie,des personnages aux secrets enfouis,des familles disloquéés, et pas aprés pas tout se dévoile.
Ron Rash est aussi proche de la nature ,et aussi protecteur qu’avec ses personnages

Extrait:
 » Ce n’était pas la première fois que le chagrin pouvait être purifié en se transformant en chanson,ai-je soudain pensé.Tout comme un morceau de charbon est purifié en se transformant en diamant. »

On le savoure,on tente de ralentir la ballade mais on est déjà happé par l’histoire,même si on sait pertinemment qu’il faudra du temps avant la prochaine excursion livresque,avant de découvrir de nouveaux paysages Américains et d’autres histoires de ce fabuleux conteur .

Extrait:
« Elle chantait les pneus de voiture,écrasant le gravier d’une allée ,ce que l’on laisse derrière soi mais qu’on oublie pas  »

Elle était belle cette virée au bord de la rivière sauvage où il te suffisait de tendre l’oreille pour écouter son chant .

Un magnifique roman qu’Isabelle Reinharez a rendu possible ma lecture grâce à son super boulot de traductrice.Un grand merci à Isabelle et à Ron Rash pour cette ballade en terre d’Amérique,
Un roman Fort et Délicat,Noir et Lumineux,aux personnages aussi attachants que malmenés,où chacun à son histoire dans l’histoire…..
Une fois de plus cette plume m’a envouté,j’ai succombé et j’en redemande …..

À très vite Ron <3

Fondu au noir, complètements fondus, spécialistes du noir ! by Perrine

Ce week-end, j’ai eu le plaisir de rencontrer (parmi d’autres doux dingues dont je vous reparlerai) l’équipe de l’association Fondu au Noir.
J’avais déjà eu l’occasion de travailler par écran interposé avec Caroline De Benedetti à qui nous avons confié la modération des rencontres sur le rôle social du roman policier et l’autopsie du polar (qu’elle a menées d’une main de maître ce qui avec entre autres Aurélien Masson, Nicolas Mathieu et Benoît Minville n’était pas une séance de baby-sitting facile !)
Et puis Fondu au Noir c’est aussi l’Indic, un magazine d’une bonne quarantaine de pages, 3 à 4 par an, mais tel un café bien serré, noir à souhait ! Des chroniques bien sûr, mais surtout des articles de fond sur le monde du polar que tout le monde devrait s’arracher. (Finis de lire ma chronique quand même et fonce t’abonner ici :

http://fonduaunoir44.blogspot.fr/search/label/Abonnement)


Mais aujourd’hui, j’avais surtout envie de vous parler d’un duo de choc … Les docteurs Polar !
Pendant trois jours ils ont traqués les patients potentiels sur le festival, analysant en quelques questions vos symptômes « polardesques » et vous prescrivant rapidement trois ou quatre remèdes ! Le public conquis par la justesse de leurs propositions en redemande et l’ambiance était au rendez-vous !
Vous organisez un évènement en lien avec le polar, n’hésitez pas à les appeler, sincèrement ce serait dommage de se priver de leur présence et de (faire) découvrir de nouveaux auteurs et romans !