Je vis Je meurs (Philippe Hauret-Editions Jigal)

Franchement il ne fait pas bon devenir vieux!
D’abord tu trimes toute ta vie pour les autres et quand t’as fini tu touches pas un rond, ensuite tu te rends compte que t as loupé plein de trucs et qu’en plus t es tout seul et enfin…tu bandes plus. Alors quand t’as l’occasion de jouer le preux chevalier pour une pauvre fille en galère, ben tu te poses pas de question et tu brandis fièrement ton glaive de justice.
Oui mais voilà, faut savoir que la vie c’est comme l’Histoire: ça se répète !
Racailles de banlieue c’est pas mieux! Y a trois catégories : les méchants cons qui méritent ce qui leur arrive, les méchants gentils qui sont comme les chats et retombent toujours sur leurs pattes et les méchants méchants qui eux ben au final sont des vrais méchants ! Et puis on sait comment ça se passe.
Être flic ouais ça a du bon. Ok tu bosses dur, tu picoles et tu prends de la coke parce que ta femme s’est tirée avec ton gosse et que tu penses qu’à te détruire te salir…mais t’es pas tout seul! Comme Laurel tu as ton Hardy, ton antonyme, celui à qui tout réussi dans tout et en plus c’est ton pote et coéquipier.
Tout ça raconté en une histoire morcelée de leurs différentes expériences passées ou actuelles, mélangée avec une enquête crédible et cohérente, le tout garni de petites références culturelles ça fait passer un bon moment.
Ouep j ai bien aimé. En même temps je suis un aficionado du morcellement et des mélanges de destins donc là j’ adhère ! Le rythme est bon, pas trop lent, pas trop rapide: juste comme il faut. Parce qu’en fait c est suffisamment fluide pour quel on ait l’impression que cela ne dure que quelques jours maxi un mois….
Les personnages sont chouettes et tous attachants…ouais tous même les deux bourrins de la cité. La densité du récit tient à ses protagonistes, l’histoire ne servant que de bande sonore.
Alors svp Philippe vit mais ne meurt pas parce que Le Corbac ferait la gueule !

Entretien avec Fred Gevart, pour son dernier livre et le reste

5 ans après notre premier entretien, ici même, on recommence maintenant pour

1/ question basique pourtant autant de temps entre ces deux livres ?

Ce n’est pas une question de fainéantise, en tout cas pas uniquement. Bon, il y a combien de temps que tu m’as envoyé les questions de cet entretien, au fait ? Après la sortie de Bois, mon premier roman, je n’étais pas convaincu du sujet de mon prochain. J’avais tergiversé durant quelques mois en gribouillant quelques chapitres à propos d’un groupe de rock, avec une histoire de vengeance et de trajectoire brisée, mais je ne me sentais pas totalement habité par mes personnages. Et puis à propos de trajectoires, la mienne a connu quelques cahots à cette époque. Il a fallu du temps pour mettre de l’ordre là dedans. La course m’a aidé à y voir plus clair. A force de me vider l’esprit, j’ai fini par me sentir capable d’écrire une histoire que j’avais envie d’écrire.

2/ On rebondit , car vous n’êtes point seul à l’écriture cette fois, alors, comment on en arrive là et comment on fait ?

Durant 4 ans, j’ai écrit tous les jours, sans rien montrer à personne. C’était redevenu confus, atténué. Ca n’avait pas fière allure. En 2012, Nathalie a commencé à courir, et je ne comprenais pas pourquoi. Je préférais m’escrimer sur mes embryons d’histoires bancales, que je ne lui montrais plus. Après un certain temps, je me suis mis à courir, moi aussi. Ca nous a pas mal rapprochés. C’est devenu un truc vraiment important, pour nous deux. Ça nous a pas mal soudés, en fait. L’écrivain, bien rouillé, a fini par suivre l’exemple du coureur. Il a cessé de faire n’importe quoi à l’entraînement, de se lancer dans des expéditions sans préparation. Il a refait des gammes, allongé progressivement les distances, retrouvé du rythme. J’ai senti que ça revenait. Mais je n’avais pas tiré routes les leçons de ce que m’avait appris la course : j’ai foncé dans cette histoire, celle de cavalier seul, bille en tête. J’ai posé les bases, le personnage de Denis, celui de son père, j’ai rédigé des chapitres, mais je sentais que j’allais encore m’en remettre au Dieu du cut-up, comme je l’avais fait pour Bois. Je me suis remis à douter. Nat m’a aidé à restructurer l’intrigue. On s’est mis à en discuter, chaque jour, et puis j’ai recommencé à rédiger. Le soir, on relisait ensemble, on taillait dedans. Je suis très nostalgique de ces mois là.

3/ Je pense que dans ce livre il y a de votre vie, pas besoin d’être medium , je ne pense pas qu’en 2010 pour notre premier entretien vous en étiez là….sans rentrer dans les détails….

Des montées, des descentes. Le moins de plat possible. Même si on est bien content de pouvoir souffler un peu, parfois.

4 / Bois était déjà doté d’une écriture assez sèche après, sans fioritures, marque de fabrique ? tout en notant que ce deuxième livre est plus lumineux que le premier.

Le message, dans Cavalier seul, est sans doute moins pessimiste que dans Bois. Il faut croire que j’ai mûri. Ou alors vieilli, je te laisse choisir. Peut-être qu’écrire avec Nat m’a rendu heureux. Pour ce qui est de la sécheresse de l’écriture, c’est une exigence que nous partageons. On ne passe pas vingt ans avec quelqu’un sans déteindre un petit peu l’un sur l’autre. Le lyrisme, le plus souvent, ça nous fait rigoler. Et quand j’entends parler de « langue », je pense à des tranches molles et tièdes et visqueuses assaisonnées à la vinaigrette. Cela dit, tu prends « Et quelquefois j’ai comme une grande idée » de Ken Kesey, et là tu pleures. Mais il n’y a pas beaucoup de Kesey. Rien de pire que le comique involontaire. D’où la chasse aux métaphores et autres enluminures.

5 /sinon cette intrigue qui quand même est bien déjanté, vous l’avez trouvé sous un caillou ?

L’intrigue est certainement plus solide dans Cavalier seul que dans Bois. En apparence en tout cas. Bois était un labyrinthe. Mais j’aime bien les labyrinthes. Et je peux te dire que j’avais sacrément bossé sur le plan. Dans Cavalier Seul, il y a des souterrains, tout un réseau de galeries, même si elles ne sautent pas aux yeux. Elles sont là. Bien cachées. L’intrigue, elle est venue des personnages. Je voulais écrire la biographie d’un hybride entre Anton Krupicka, l’ultra-trailer, et Theodore Kaczinski, plus connu sous son surnom d’Una-Bomber. Des types qui vivent seuls dans la montagne. Alors pourquoi ils courent ? Pourquoi ils envoient des colis piégés ? Pourquoi l’un plutôt que l’autre ? Et puis l’histoire d’amour. Toujours la même. Je crois. C’est le grand mystère, au fond. Pourquoi on aime ? Et surtout, comment ? Jusqu’où ?

6/ Addiction donc à la course, c’est mieux que l’alcool la drogue le reste, mais c’est un palliatif non ?

Ce n’est pas à toi que je vais expliquer qu’on va tous finir par crever. Autant faire que ça se passe le mieux possible avant. A l’instant où je te parle, rien ne me fascine plus que des kilomètres de caillasse et le silence de la montagne, mais dans dix ans ? Je n’en sais rien. Pour l’alcool, la drogue, et le reste, j’ai arraché mon dossard il y a déjà un bout de temps. Pour ce qui est de la course, on verra bien jusqu’où mes genoux me portent. Mais c’est toujours la même histoire, tu sais. C’est vingt-quatre heures à la fois.

 

Que vous dire de mieux, que j’ai un regret j’aurai pu poser les questions à son amie aussi, et que j’adore ce gars, et ses livres

Lyndwood Miller de Sandrine Roy édition Lajouanie

Un premier roman n’est jamais chose facile surtout quand on s’attaque à un genre où les américains dominent ( comme au cinéma )…
Certes l’écriture en elle même ne m’a pas fait grimper au rideau (oui j en ai qu’un et alors), certes elle mériterait plus, un peu comme si Sandrine avait peur de se lâcher, peur de se laisser aller et qu’il y avait de la retenue…
Mais…mais il n’y a pas que ça.
D’une base classique ( un super gentil au passé douloureux qui devient un chevalier blanc accompagné de son fidèle écuyer et qui part sauver la pauvre pucelle- au sens propre-et qui met ses talents violents au service de la justice) Sandrine construit une famille.
Recomposée ou décomposée peu importe elle arrive délicatement à tisser entre ces personnalités fortes des liens tangibles et cohérents, de véritables sentiments que l’on n’imaginerait pas mais qui font leur chemin au fil des pages.
Et la magie fonctionne : ce qui pouvait paraître cousu de fil blanc prend une autre dimension et le roman prend alors une autre direction.
De thriller ou roman d’action il passe à la vitesse supérieure, le personnage de Linwood, principal jusque là devient secondaire pour laisser place à un sujet: commet trouver sa place quand on est « différent « ?
J’aime ces histoires qui ne se cantonnent pas à une histoire mais qui sont capables de me faire réfléchir sur nous, notre place, nos comportements. J’aime ces fictions qui sont capables de mettre en évidence des réalités quotidiennes qui dérangent parce que la Société veut que l’on fasse comme si.
Un premier roman un peu inégal mais dont j’aimerais lire la suite car derrière quelques tâtonnements hésitants on sent une plume qui a des choses à dire.

Haïku de Eric Calatraba. Les éditions de Londres

Alors j’ai mis toutes ces couvertures parce qu il fait froid dans le Nord…nan je déconne mais je trouve que chacune reflète l’esprit de ce livre.
Haïku c’est un film ou plutôt plusieurs: Crying Freeman( Christophe Gans), Ghost Dog (Jim Jarmusch), Black Rain (Ridley Scott), Zātoichi (Takeshi Kitano)…oui oui tout ça et que Tarantino aille se pieuter avec une tisane et deux suppos!
Haïku c’est un pur produit français, un truc qui pulse et qui va vite, un truc super réaliste qui déménage et qui frappe…fort très fort.
Haïku ça flingue et ça roule vite, ça défouraille et les corps s amoncellent…Un vrai carnage.
Haïku c’est un voyage dans le monde et dans l’univers des passe droits pour mecs blindés de thunes (style les libraires…arfff arfff arfff ), un guide touristique de plein de pays (Italie Suisse Japon France…) mais dans ce qu’ils ont de plus fort comme valeurs et non as d’un point de vue touristique.Alors oui parfois c’est pas très propre sur soi mais on s’en fout parce que l’on sait que c’est vrai.
Haïku c’est une leçon :de vengeance, d’honneur, d’amitié, de respect,d’amour et de foi.
Foi ça lui va bien comme mot ça. Foi en l’être humain et son amour de son prochain, foi dans la vie et dans la bonté, foi dans l’avenir et ce que nous même pouvons en faire…une livre de foie quoi…saignante à souhait mais oh combien pleine d’humanisme.
Haïku c’est un grand livre.
Merci Eric Calatraba de m’avoir rappelé que le genre humain n’est pas qu’un troupeau de bovins bêtes et méchants.
ps:t es le seul mec que je connaisse capable de me noyer en me faisant croire que c’est écrit par une femme… (private joke et merci à Eric Maravelias de m avoir fait te connaître )

Soul of London (Gaëlle Perrin Guillet -Editions Fleur Sauvge)

Le temps se prête bien à en parler aujourd’hui (ou depuis une semaine même ! ), niveau climat et non niveau ennui ou tristesse. Je lis partout que ce livre est un roman policier mis pour en avoir causé avec l’auteure ( qui n’avait encore rien bu…) je vais aller à contre sens de tous ces avis! Oui il y a meurtre. Oui il y a enquête. Oui il y a des policiers. Mais comme dirait l’autre « pas que… » En l’occurrence ici ceci n’est qu’un prétexte à écrire un roman noir, un roman social et naturaliste sur une ville et une période qui le permet d’autant plus qu’elles sont en pleine mutation. Londres et le 19ème…Son fog et sa crasse,  ses « fractures sociales, ses inégalité,  sa misère et sa richesse. Soul of London est un roman d’ambiance, un roman d’atmosphère… Tout n’y est qu’antagonisme,  que lutte des classes et des sexes. Qui a le droit,qui en fonction de son statut peut ou doit, qui mérite ou pas. Nébuleux comme le From Hell des frères Hugues (film), sombre comme la même Bd de Alan Moore et Edward Campbell(rien à voir avec la soupe), drôle comme les 4 de Baker street, Soul of London place son décor historique et social, déroule ses personnages attachants en utilisant les codes du roman d’enquête anglo-saxon à la Conan Doyle. Clairement il ne s’agit pas d’un thriller ni d’un roman policier mais d’un roman tout simplement. Gaëlle Perrin nous place un décor, un univers et un style qui sont autant de personnages à part entière. Hâte de lire la suite qui j’espère sera plus sombre encore. Le Corbac a aimé.

Sans retour de Matthew Klein, série noire

 

Après donc le magnifique Fordlandia de J C Derey, c’est un deuxième coup de cœur, une réussite totale maintenant à la série noire. Pour son premier livre, l’auteur fait très très fort. Bien qu’il existe presque une similitude avec un film chuttttttttttttttttttt Comment parler d’un livre inracontable…..pour ne rien dévoiler à la magie livresque, ivresse j’adore Après avoir posé les enfants chez leur mère hummmm…et Fordlandia j’ai donc commencé hier ce livre en fin d’après-midi…. je l’ai fini ce matin…..Mathew Klein si je ne suis pas en forme ce jour c’est entièrement de ta faute donc et Pan

Bon le livre commence fort, sur une excellente scène de torture, mais soft,  Et pfffffffffffft on se retrouve avec notre héros, en sorte de Bernard Tapie au début de sa carrière, c’est à dire prendre une entreprise qui ne va pas bien et en faire….bref

Le monde de l’entreprise est saisissant sous sa plume, la totale vérité aucun cliché, je plussoie, à part cela … et bien tout va se compliquer, des disparitions, des trucs bizarres, sa femme, son passé, et  chuttttttttttttttttttttttttttttttt

Que vous dire, c’est totalement hyper réaliste et bien fait, encore une putain de réussite de la série noire. Une écriture qu’on qualifierait de visuel, les chapitres s’alternent facilement, l’auteur se moque de nous, nous emmène dans la folie, jusqu’au point d’implosion. C’est magnifique, pharaonique mes auriculaires en tombent……

ET NE LISEZ PAS LA 4 EME DE COUVERTURE

 

 

FORDLANDIA de Jean Claude Derey, rivages noires

 

 

Après le livre en demi-teinte sur l’amazone d’A V, c’est à Jean Claude Derey de partir en Amérique du sud et de nous replonger dans l’histoire. Une histoire peu enclin à nous rassurer sur nous connard de causasiens.

A travers deux récits qui s’imbriqueront, nous somme dans les années 20, et nous allons découvrir un pan d’histoire peu connue. Deux récits plein d’actions, livres très documentés, « sommes-nous responsables de nos actes ?) j’ai eu parfois la nausée….

Deux récits, on va suivre Irou et son frère Tiago yanomami, de l’amazone et Luther Ford journaliste chez M. henry Ford. Journaliste antisémite aux articles virulent, purulents, comme nous allons découvrir le vrai M Henry Ford, une ignominie vivante. Il était temps de remettre les choses à leur place. Merci à l’auteur. Le projet d’un fou, donc M. Ford est de créer une exploitation d’Hévéa pour faire du caoutchouc en Amazonie. Créer une nouvelle ville, un projet pharaonique. Grace aux deux récits, l’auteur nous emmène donc dans la folie de Ford, en suivant deux de nos héros, un indien, et Luther Ford dépêché la bas. Nous allons assister au désastre des peuplades qui vivaient là-bas, aux méfaits du capitalisme dans toute sa splendeur, rien ne nous sera épargné. Sombre descriptions d’un monde déjà fou, d’un projet digne d’un delirium tremens.

Forts de personnages épais, et de plusieurs intrigues, il nous est impossible de lâcher ce livre, mis à part l’écœurement qui nous gagne en le lisant. L’auteur grâce à son écriture un grand sens de la narration, ne nous laisse jamais sur notre faim. Une fin d’ailleurs assez amusante, comme la vie du colonel, Fawcett, et la rédemption de Bennet

Si ce livre rafle un prix ou deux je ne serai pas étonné……car c’est un grand livre d’aventures aussi, un livre important

En nos temps ou notre monde vacille, climat, désertification, poussée des extrêmes, etc. I l est ultra important de lire ce livre, qui a de quoi nous faire réfléchir, l’histoire se répétera elle toujours ?

 

 

 

Henry Ford, c’est un fait mal connu, a inspiré Hitler à travers les nombreux articles antisémites de son journal, le Dearborn Independent. Dans les années 1920, Luther, un jeune juif, postule comme rédacteur en chef du journal. Sous couvert de cette fonction et en cachant ses origines, il gagne la confiance de l’industriel et renseigne ainsi la communauté juive américaine sur les tractations secrètes entre Hitler et Ford, qui contribue au financement du parti national socialiste. Mais Luther est démasqué et envoyé par Ford dans sa plantation de caoutchouc en Amazonie sous prétexte d’enquêter sur l’assassinat d’un des cadres. En fait, le chef de la plantation de Fordlandia est chargé de l’éliminer en simulant un accident…

Le guerrier Mouktar de A Le Gouëfflec, chez Sixto

 

….

Deuxième livre de l’éditeur sixto et encore totalement conquis. Aucune similitude entre les deux livres, ce qui est plaisant, je parle de style, de genre. Pour les mals lisant…ouarf

Bienvenue dans une ville portuaire, ou tout est gris, c’est l’impression que donnent les descriptions, un seul refuge les bars, pour oublier. Oublier, et trouver des amis.

Je vous présente le colonel, Gabegie, René et notre narrateur .Tous ces personnages qui au départ n’ont rien en commun que vous faire rêver,. Nous allons partager un moment de leur existence. Écrit comme un conte presque une fable sur nôtres société, L’œil lucide l’auteur fait parler ses héros  » sur notre société, on ne peut qu’acquiescer devant tant de vérités, constat terriblement vrai

On est vite pris dans le tourbillon de mots, et dans les bars alcoolisés ou va se construire l’histoire. Quel talent l’auteur a pour nous emporter comme le colonel narrateur hors pairs.

Bienvenue dans un roman oscillant entre le noir et d’autres palettes de couleurs mais qui restent brillant….

Le Colonel était un prodigieux conteur, meilleur que la Shéhérazade des Mille et Une Nuits. Son truc, c’était l’Inde des nababs et des maharadjas. Il pensait qu’à ça. Quand il avait un coup dans le nez, il parlait de choses exotiques et lointaines et tous les films du monde prenaient alors un coup de pâle. Il avait de la couleur dans le langage et de la musique dans la voix. Mais les contes, ça suffit pas toujours. À un moment, il faut faire de sa vie un morceau de bravoure et ouvrir la porte des rêves. Avec un pied de biche, s’il le faut.

Mark Haskell Smith » Ceci n’est pas une histoire d’amour », Rivages noires

 

A ranger à coté de Jeremy Stahl, wahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh, le pied de lecture.

Totalement déjanté, comme je les aime avec cet humour unique que détient l’auteur.

Tout le monde va en prendre plein la gueule, les blogueurs de l’Edition, le monde de l’édition les reality shows, putain de cynisme ambiant dans la culture ou soit disant culture

whaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa, désolé j’ai dû mal à m’en remettre,

même la fin laisse planer un doute sur la finalité de l’histoire….

whaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa

Ca décape, lecture jubilatoire, Arf, non ceci n’est pas une histoire d’amour, ni un road movie, ou alors un road movie littéraire. Impossible de ne pas rire aux dépens de certains personnages. Le coup de la pilule, le Van qui tombe, trop, c’est top, trop bon

Rajouter à cela une énorme érudition sémantique et sur les auteurs…

Allez arrêter de me lire et foncez le voler ou l’acheter

Sepp Gregory, star de télé réalité élu « homme le plus sexy de l’année » par la presse people, est en tournée de promotion de son premier roman, très autobiographique. Sepp n’a même pas besoin de lire le livre, il le vit en direct ! Le triomphe est immédiat, au point de lui valoir l’attention… de gens sérieux. Lorsqu’elle entend l’invitée de l’une des émissions les plus cérébrales du pays s’épancher sur les abdos de Sepp, Harriet Post, critique respectée, hurle au scandale. Décidée à révéler au grand public à quel point le succès littéraire de Sepp est une escroquerie, elle lit son livre, Totalement réalité, et… le trouve génial ! Pour elle, c’est forcément l’œuvre d’un nègre, qu’elle compte donc débusquer, mais un concours de circonstances entraîne Sepp et Harriet dans un road-trip qui se révèle vite ultra-hot. « L’esprit » rencontre « le corps », et la situation échappe à tout contrôle.

L’honorable société, (Manotti-Doa) folio policier

 

Honorable, honorable! Faut le dire très vite sans respirer et sans scrupules! Parce que franchement la société n’a pas vraiment de quoi être fière.
Ce qui est affolant c’est ce doute quand on finit ce livre! La situation, le contexte, les temps, les personnages…tout est si cohérent, si connu. On lirait presque un article de presse sur un énième scandale politico-financier. C’est tellement…réel.
Comme tous ces individus que l on croise. Dans les bureaux chics et dans les ruelles chocs, dans les antichambres du pouvoir ou dans des pièces sombres. Ceux qui prennent des coups, parfois bas parfois violent mais rarement direct. Car dans cet univers là on n est pas sincère monsieur, on est hypocrite! On piétine et on manipule, on triche et on ment, on trahit et on meurt…pour les intérêts des autres.
Il se lit vite ce livre à 4 mains sans que l’on sente de différences notables dans l’écriture. J’avais pourtant commencé en me disant que je chercherais qui a écrit quoi ou comment ils ont procédé mais non! L’histoire est trop prenante pour en prendre le temps.
Donc honorable société je ne sais pas, mais très belle réussite ça c est certain!