Premier entretien : Jean Luc Bizien

Un grand merci aux éditions du Toucan, à leur professionnalisme,  et à l’auteur.

Let’s play :

Première question as-tu lu notre critique, et qu’en penses-tu ?

Le retour est excellent et j’en suis très heureux.

Pour un auteur, c’est toujours un grand bonheur de toucher le lecteur, de l’émouvoir, de le balader – c’est le jeu, dans le thriller –, de le faire réfléchir aussi et surtout, SURTOUT de lui faire tourner les pages sans même qu’il en ait conscience.

Nous sommes en désaccord sur deux points :

  • Le résumé du bouquin est celui que l’éditeur a publié il y a longtemps, quand le Berceau n’en était qu’à sa première mouture (c’est la 6ème qui a été publiée, au final) et il se trouve qu’il est inexact : jamais la police de NYC n’a fait appel à Dong-Soo. Ce serait même plutôt dans le plus grand secret qu’il agit, mais je n’en dirai pas plus, pour ne rien révéler de l’intrigue.
  • Je suis extrêmement honoré du compliment « l’auteur se hisse au niveau des grands patrons français, Thilliez, Grangé, Chattam… » mais en revanche, je ne peux être en adéquation avec la suite, car je suis un grand fan de Bernard Minier. De plus Bernard, au fil des livres, s’est imposé comme l’un des patrons, justement. Au point qu’il est aujourd’hui quelque part entre Maxime Chattam et Grangé, à côté de Franck Thilliez, de Giacometti et Ravenne. Ils sont peu, à ce niveau de succès et de qualité. Je fais mon possible pour marcher dans leurs traces… tout en traçant mon propre chemin.

 

Pourquoi autant de temps entre le dernier et celui-ci ?

Parce que pour écrire un livre, il faut avoir l’esprit libre, ce qui n’était plus mon cas depuis un moment. Rien de très original : j’ai traversé une période difficile, je n’ai plus été en capacité d’écrire et de travailler autant que je le faisais auparavant – manque de sérénité, de clairvoyance, tout ça est d’un banal affligeant.

En ont directement découlé des difficultés dans mon métier. Je me suis retrouvé dans une situation personnelle délicate, en conflit avec des éditeurs. Dans de tels cas, il est parfois compliqué de refaire surface. On en a même enterré pour moins que ça – l’Édition est une grande famille… mais les Borgia aussi, étaient une grande famille.

J’ai laissé passer l’orage. J’ai déménagé deux fois – d’abord pour la région parisienne, puis pour la Normandie – et j’ai enfin posé mes valises en Corse, où des amis fabuleux nous ont accueillis et soutenus. Je les en remercie dans ce livre, car sans eux j’aurais sans doute raccroché définitivement les gants.

Je dois aussi remercier mon éditeur pour sa patience, qui je l’espère se montrera payante. D’autres n’ont pas eu ni sa générosité, ni sa loyauté.

 

Donc nous voilà aux US, un parcours prédestiné ?

En fait, ce roman à NYC était… écrit.

Je ne crois pas aux coïncidences, je suis persuadé que tout arrive à propos. J’avais eu la chance, il y a une dizaine d’années, de découvrir New York pendant une quinzaine de jours. J’avais arpenté la Grosse Pomme en long et en large, j’avais pris des photos et je m’en étais imprégné sans savoir si tout ça ressortirait au fil des pages d’un roman. Et ce fut le cas, au final. Même si les choses ont changé en dix ans, même s’il a fallu se documenter à nouveau, le décor était là, dans ma tête. J’avais eu la possibilité de le voir, de le vivre, de le sentir. J’espère être parvenu à le faire vivre aux lecteurs, à partager avec eux mes émotions.

 

Le bandeau c’est affreux on ne peut pas le retirer, bon, Minier c’est pas mal, enfin au début c’était bien, mais pourquoi lui ?

Je t’arrête : Bernard Minier, c’est TRÈS BIEN. C’est même mieux que ça. J’aime ses livres, j’ai d’ailleurs chroniqué le dernier sur la page FB dédiée à mes lectures, là :

https://www.facebook.com/388217458023676/photos/a.388235614688527.1073741828.388217458023676/445515175627237/?type=3&theater

J’aime également l’homme, son intégrité, sa loyauté – autant de qualités qui me sont chères, et que l’on croise rarement dans mon métier. Dans l’Édition, il y a d’excellents comédiens, quelques faussaires redoutables… mais des vrais, solides amis, assez peu. La plupart des miens se trouvent dans la LdI. J’ajouterai quelques autres, la plupart auteurs de polars.

Mon éditeur souhaitait un bandeau. Cet été, j’ai demandé à Bernard s’il avait le temps de lire le roman, mais il était submergé par le boulot. Par amitié, il a pris le temps de commencer… et il m’a appelé pour m’engueuler, parce qu’il ne pouvait plus le lâcher (là, fierté de l’auteur !). D’où son bandeau, et la formule clin d’œil à son dernier titre.

J’ai été touché, vraiment. D’autant que Bernard a fait une véritable lecture critique, et qu’il m’a suggéré des corrections que j’ai eu le temps d’intégrer à la version définitive.

Je suis donc ravi et fier de ce bandeau, tout comme je suis ravi et fier de ceux que Maxime Chattam m’a offerts pour les deux précédents tomes.

Heureux d’être dans la Ligue ? Tu as été bizuté ?

C’est une véritable reconnaissance de la part de quelques-uns de mes pairs et non des moindres. Je me sens bien au milieu de cette bande, que j’ai intégrée en tant que 13ème apôtre, ce dont je ne suis pas peu fier !

Le bizutage consistait à glisser le nom de tous mes confrères dans le roman – c’est la coutume, au sein de la Ligue de l’Imaginaire – ce que j’ai fait dans la première mouture du texte.

L’éditeur m’a fait remarquer, à juste titre, que le running gag nuisait au propos : la découverte des noms détonnait avec le ton général du roman. Je les ai donc fait disparaître, mais il n’est pas compliqué de tous les retrouver, car il reste quelques indices flagrants, pour qui nous connaît assez.

 

Dans une trilogie comme la tienne, au démarrage, tu as conçu les 3 livres mentalement  ou bien tu l’as joué au feeling ?

Au vrai… il n’a jamais été question de trilogie quand j’ai signé aux Éditions du Toucan. L’Évangile des ténèbres était un « one shot ».

C’est en parlant avec Damien Serieyx, mon éditeur, qu’une suite s’est imposée. Lui comme moi, nous aimions les personnages, nous avions envie d’en savoir davantage à leur sujet.

Je ne savais pas par quel bout le prendre, mais l’envie était là. Quand j’ai découvert quelques articles sur ce quartier qui menait l’expérience ahurissante des puces insérées sous la peau des habitants, tout s’est enchaîné.

Que ce soit pour la Corée du Nord ou la Corée du Sud, les éléments déclencheurs ont été des reportages qui m’ont laissé abasourdi, avec le besoin d’en parler par le biais d’une fiction, pour retranscrire l’horreur que j’avais ressentie.

C’est la raison pour laquelle j’ai éprouvé le besoin d’expliquer que tout était vrai, dans la note finale du 3ème tome.

Enfin, le troisième tome m’est apparu incontournable, parce que je ne voulais pas rester sur un point de vue occidental posé sur l’Asie : je suis né au Cambodge, j’ai du sang vietnamien, mais je suis occidental et j’ai eu envie de poser un « regard asiatique » sur nos sociétés libérales. Inviter des Coréens à New York était la meilleure façon de boucler la boucle, je crois.

Il est essentiel de pouvoir affronter son reflet dans le miroir, dans la vie. Dong-Soo à NYC, c’est le miroir de Seth à Pyongyang.

 

Pourquoi cet attachement à la Corée du Nord au fait ?

Je ne crois pas que ce soit de « l’attachement ». Je suis à la fois fasciné… et révolté par ce qui se passe de l’autre côté de la frontière de barbelés.

La situation des Coréens du Nord, leur asservissement, leur fanatisation m’horrifient.

Le thriller, c’est la possibilité pour un auteur d’aborder des sujets de fond, des caprices de nos sociétés, des aberrations modernes. Par le biais d’une histoire de fiction, on peut emmener le lecteur, lui montrer deux ou trois choses… et le laisser seul juge.

Je ne suis ni un modèle, ni un donneur de leçons. Je raconte des histoires et je fais confiance au lecteur pour se faire sa propre idée, une fois le livre refermé. Si, dans l’intervalle, il a passé un bon moment, c’est que j’ai rempli mon rôle.

Beaucoup de pourquoi , je brille par mon intelligence, allez parlons de la bande son : en sus du Boss et de Steve Earle, que rajouterais-tu ?

Beaucoup de choses. Je vis et je travaille en musique. J’ai besoin, pour écrire, d’un rythme, d’une vibration qui traduit un état d’esprit particulier. Mon job consiste ensuite à traduire par des mots ces sensations.

Pour être au plus près de Ballahan et de ses camarades, je me suis immergé dans la musique made in New Jersey. J’aurais voulu parler des Gaslight Anthem, de Southside Johnny et de ses Asbury Jukes, d’Alejandro Escovedo, de Joe Grushecky et de ses Houserockers, et puis aussi de John « Cougar » Mellencamp, pour son côté « terrien », qui me fait penser à ce que Ballahan a en tête.

Il aurait fallu aussi citer Patti Smith, parce que c’est la vibration de NYC, son cœur et son âme.

Et, bien entendu, Sopor Aeternus and the Ensemble of Shadows, qui m’ont accompagné depuis des années… et chaque fois qu’il me fallait évoquer The Ace !

 

Fin de trilogie donc, hé hé hé, alors tu as des pistes pour la suite de ton métier ?

Je travaille toujours sur plusieurs projets à la fois.

Actuellement, j’avance sur une série young adult dont l’action prend place dans un futur proche. On y trouvera des monstres, de l’action et une réflexion sur l’humanité, la vie et le vieillissement. J’ai également un projet de thriller, quasiment bouclé – et très différent de la trilogie.

Enfin, j’ai un nouveau roman en écriture, pour les Éditions du Toucan. Un thriller qui prend naissance au Mexique, sur fond de trafic d’humains, de combats clandestins et de guerres des gangs. Un western urbain, qui devrait voir le retour de l’un de mes personnages préférés.

Au final, peut-être que la « trilogie des ténèbres » se muera en tétralogie.

Qui peut le dire ?

PROJET SIN de Lincoln Child chez Ombres noires

Traduction:Fabienne Gontrand

Ni réellement passionné ou ennuyé par ce roman, je donnerai donc un avis encore plus subjectif que d’habitude et certainement plus succinct.

 
Sans être le fan absolu, j’aime bien lire de temps en temps les aventures d’ Aloysius Xingu Leng Pendergast, membre du FBI enquêtant de manière solitaire comme les Texas Rangers, sur des tueurs en série dans des lieux toujours troublants à la limite du paranormal, personnage créé par le duo Lincoln Child/Douglas Preston. Plus que l’atmosphère troublante et la résolution de l’enquête, c’est la personnalité de Pendergast, personnage charismatique et secret qui est, à mon goût de profane de ce genre de bouquins qui fricotent pas mal avec le paranormal, la vraie réussite des romans signés Preston & Child. Et ici, il faut reconnaitre quand même que ce n’est pas tout à fait du même niveau.Je ne jugerai pas la série puisque c’est quand même la quatrième aventure de l’énigmologue Jeremy Logan et que le gaillard doit avoir ses fans et je dois donc être tombé sur une aventure plus faible.

 
« Jeremy Logan, énigmologue de renom, est appelé dans un manoir du Rhode Island pour comprendre le suicide inexpliqué de Willard Strachey, un éminent informaticien. En menant l’enquête, Logan découvre une pièce dissimulée aux sombres secrets. »

 
Comme dans les romans qu’il publie avec Douglas Preston, l’enquête  sera aux limites de la rationalité, dans le décor fantasmagorique d’une magnifique résidence chargée d’histoire et de mystères de la région de Newport où les scientifiques  y résidant sont victimes de maux inexplicables qui semblent être en rapport avec le bâtiment lui-même. Nul doute que Jeremy Logan arrivera à résoudre cette énigme scientifique que les chercheurs en résidence affrontent en victimes bien passives. Child sait écrire et on ne s’ennuie pas ce qui est déjà bien dans un thriller mais il y a quand même des trucs qui fâchent un peu. L’ensemble n’est pas réellement fouillé, la vérité arrive assez vite car le coupable est facilement et rapidement identifiable pour un mauvais comme moi dans ce genre d’exercices mais cela reste très correct et les fans y trouveront sûrement beaucoup de sources de réjouissance.

 
Surtout, ce qui gâche ce bouquin et je ne retournerai sûrement pas lire un autre roman le mettant en scène, c’est cette tête de con de Logan. Beau et intelligent, distingué et érudit, prompt à faire fondre, de façon fort involontaire, détachée, la gente féminine (en l’occurrence, elles ont toutes deux l’âge d’être sa fille), ayant toujours raison, d’un sang-froid exemplaire, d’une inventivité rare, d’une astuce phénoménale (Mac Gyver du 21ème siècle)…personnage devenant très rapidement insupportable tellement il a tous les talents et ne ressemble à personne qu’il vous ait été donné de rencontrer dans votre pauvre existence si ordinaire (je vous épargne les plateaux de TV, la couverture de Vogue…). Très loin des détectives alcooliques et tourmentés aux raisonnement nébuleux.

 
Et donc, en résumé, une intrigue moins luxueuse que celles de la série Pendergast et un héros très loin du charisme et du mystère dégagés par ce dernier, font de « Projet Sin » un roman honnête vite lu, vite apprécié et sûrement vite oublié aussi.

 
Attention héros urticant!

 
Wollanup.

MICRON Noir de Michel Douard, La manufacture des livres

 

Après son premier livre, » Chinese Strike » le retour d’un auteur qu’on avait beaucoup aimé.

Et hop il change de style, première fiction par ailleurs à la manufacture.

Du bon comme toujours, beaucoup d’humour et d’action, et un regard assez acide et ironique sur notre société mais vue d’un futur proche.

Un futur où les guerres ont disparu, remplacées par des guerres dans des arènes, moins de morts, et plus de pognon, car c’est la télé réalité, le football mortel en direct.

yeahhhhhhhhhhhhh, monde de fous, on y va de toute manière.

Très bon roman d’anticipation, un héros nihiliste, des méchants différents, une trame originale. Une belle plume en sus. Que vous faut-il de mieux ?

En tous les cas j’ai dévoré ce livre, plein d’actions, de rebondissements, et ce regard donc acide sur notre vieux monde.

Étonnant livre, cela change, et bravo à l’auteur de ne pas s’enfermer dans un style et à Pierre pour le publier, vite un autre…

« Nous sommes en 2048. Les états ont décidé de remplacer les guerres par des combats à l’allure de jeux du cirque : la Guerre Nouvelle. Ces luttes entre nations, aux enjeux parfois dérisoires sont formatés et se déroulent comme des rencontres sportives. Hypermédiatisés, ils ont donné naissance à une caste de soldats, nouveaux héros richissimes qui mettent leur vie en jeu à chaque nouveau combat. Afin de dépasser leur peur, de développer leur agressivité et de décupler leurs forces, ces soldats consomment une drogue de synthèse surpuissante : le micron noir.

Le héros est un soldat de la Fédération (l’ancienne Europe) : il vit chez son père, Louis, vétéran de la troisième guerre mondiale de 2031-2032 qui lui reproche son choix de vie, qui lui a fait perdre sa femme, Jeanne, morte peu de temps après l’avoir quitté. Il n’a qu’un ami, Gros Luc, qu’il connaît depuis son enfance, le plus populaire des soldats de la Guerre Nouvelle. Gros Luc est un colosse à cervelle de moineau, accro aux drogues et qui n’a pas son pareil pour se mettre dans les situations les plus fâcheuses, d’où son ami l’aide régulièrement à se sortir.

Gros Luc se trouve justement impliqué dans un trafic de microns entre la Famille, un des gangs les plus féroces d’Europe du Nord, et des soldats de son bataillon. En prime, il vient de tuer un soldat russe qui lui a manqué de respect et dont il faut faire disparaître le corps. Jello, patron d’un des établissements de nuit les plus célèbres, a joué les intermédiaires entre Gros Luc et la Famille, pressée de vendre la drogue avant de quitter définitivement le continent devenu trop encadré par la police. Jello est successivement « interrogé » par le chef de la Famille, le beau et cruel Erik Kessel, qui n’a pas reçu le paiement des microns et par Nathan Elmar, un officier intégriste chrétien, commanditaire de la drogue, qui n’a pas reçu sa marchandise. Jello, sous la menace, « charge » Gros Luc, qui ne se serait pas acquitté de la transaction. Les deux « soldats » vont se retrouver traqués par les deux parties. »

Parution simultanée du premier roman de Michel Douard, « Chinese strike » chez Pocket sous le titre Mourir est le verbe approprié.

 

Et merde Ayerdhal est mort

J’arrive après tout le monde, mais je m’en fiche.
Je ne suis plus l’actualité, et je viens de faire un tour chez l’ami J M Lahèrrere, et j’ai donc appris la triste nouvelle.

Que dire, j’ai rencontré l’homme, c’était un humain, il a habité pas loin d’où je vis, pendant très longtemps.
Je l’ai beaucoup lu….

La vie, c’est la vie.
mes condoléances aux siens

Bientôt en vente, coucou l’album et le livre seront dispo début décembre

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on vous passe le bonjour,

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HOBBOES de Philippe Cavalier chez Anne Carrière

 

Sous le charme, et totalement sonné, pourtant  les pires fléaux s’abattent sur notre monde à travers le livre…

Il faudrait quand même qu’on fasse gaffe, « le paradoxe de Fermi », d’autres livres, nous font penser qu’on va droit dans le mur, et pourtant le dieu argent , traders, banquiers, est omnipotent

Impressionnant de réalisme et d’autres, l’auteur revient à ses premiers amours, avec un peu de surnaturel et beaucoup d’humanisme dans la trame, comme dans sa trilogie des années 2 000.

Hobboes, un nom que je connais bien….

C’ est avec un souffle épique que M. Cavalier avec son écriture et sa trame non éculée nous emmène dans une Amérique en déliquescence.

Il est temps d’ apprécier les bases du capitalisme en train de se dissoudre.

Bienvenue chez les Sheltas, vous ne regarderez plus les laissés pour compte de la même manière. Peut-être même que vous allez avoir envie de vous désabonner?

Le manichéisme ne fait plus partie de notre monde. Les nouveaux prophètes arrivent…

D’ une efficacité redoutable, ce livre c’ est avec passion que vous allez le dévorer.  Si parfois la désillusion vous gagnera, l’ humanisme sera présent pour vous éviter de vous pendre. L’ auteur n est pas tendre avec notre  société notre mode de fonctionnement….moi qui  ai tout lu de lui, c’est la première fois que transparaît autant ses émotions à travers ses écrits.

De l’action, une pensée qui devrait nous éclairer, une narration parfaite, du suspense et un réalisme qui va vous secouer…..

 

Ravagée par une supercrise, l’Amérique doute et vacille. Des millions d’exclus prient pour un avenir meilleur aux marges de ses villes. Des frontières du Canada à celles du Mexique, rumeurs et légendes s’échangent sur les routes. Parmi les hobboes, les vagabons, on parle d’hommes doués de pouvoirs surnaturels et d’un guide promis à venger les humiliations des pauvres. On parle de révoltes et de NovAmerica, le monde d’après la prochaine révolution. On parle surtout d’un homme capable, à lui seul, de changer le destin de tout un peuple…

 

Enseignant à la prestigieuse université Cornell, Raphaël Banes dédaigne les prophéties. Privilégié, il n’accorde pas un regard à ceux qui n’ont rien. Mais quand tout s’écroule autour de lui, et qu’un mystérieux commanditaire lui ordonne de remonter la piste d’un de ses anciens étudiants disparu, commence pour lui la traversée d’un contient où les lois s’effacent et où il faut bien plus que du courage et de la chance pour espérer survivre.

 

TRUE CONFESSIONS de John Gregory Dunne, Seuil policier

Traduction:Patrice Carrer.

En 1977, trente ans après les faits et dix ans avant James Ellroy, l’auteur américain également journaliste, critique littéraire et scénariste John Gregory Dunne écrivait son premier roman qui prenait pour cadre le meurtre épouvantable, jamais élucidé, d’ Elisabeth Short à L.A. Cette affaire sera ensuite immortalisée par James Ellroy dans le premier volume du premier quatuor de Los Angeles sous le titre célébrissime « le Dalhia noir ». La version de Dunne, comme celle d’Ellroy par Brian de Palma, est devenue un film éponyme en 1981 avec Robert Duvall et Robert de Niro, excusez du peu, dans les premiers rôles.
« Los Angeles, années 1940. Le corps d’une jeune femme est retrouvé en deux morceaux. On confie l’affaire à l’Irlando-Américain Tom Spellacy, inspecteur du LAPD. Au fil de l’enquête, il découvre que son frère prêtre, Desmond, qui brigue activement l’épiscopat, fréquente un gangster qui aurait connu la victime… »


Alors quel est l’intérêt de sortir ce roman en France maintenant et surtout pour l’amateur de polars quel intérêt de lire une nouvelle version de cette histoire déjà contée admirablement par le Dog ?

Premièrement tout le monde n’est pas fan d’Ellroy même s’il est de bon ton de le clamer haut et fort quand le bougre vient en France en chemise hawaïenne faire la promotion du début d’un nouveau quatuor situé à Los Angeles toujours et pendant les années 40 encore ?Si « le Dalhlia Noir » est bel et bien un chef d’œuvre, l’écriture dans les volumes suivants avait la fâcheuse tendance à devenir télégraphique quand, dans le même temps, il était de plus en plus difficile de retrouver les protagonistes évoqués soit par leur prénom soit par leur nom soit par leur surnom soit par leur statut…défauts qui disparaîtront heureusement avec la trilogie Underworld USA.
Deuxièmement, le roman de Dunne étant antérieur à celui d’Ellroy et vu que le crime n’a jamais été élucidé, sa version de l’histoire est tout à fait aussi justifiée.
Troisièmement, les éloges d’auteurs américains ont plu sur « True Confessions ».Ellroy reconnait que ce roman l’a inspiré et lui a redonné foi dans le polar tandis que Thomas H. Cook le considère comme « l’un des dix meilleurs romans noirs jamais écrits en Amérique ». Enfin, George Pelecanos se fend d’une préface où (normal, c’est un écrivain ),il met en évidence les qualités novatrices de ce roman tout en montrant la puissance de certaines phrases qui semblaient bien anodines au lecteur lambda que je suis. Qu’on soit d’accord ou pas avec les propos de Pelecanos, il faut néanmoins reconnaître que son travail n’arrive pas à la cheville de celui réalisé par James sallis pour présenter le roman de Manchette « le petit bleu de la côte ouest » au public américain et que l’on trouve dans la dernière version Folio du roman.
Enfin, il faut le lire parce que Dunne, sur ce roman toujours, a une plume magnifique qui transcende l’histoire et la rend bien aussi passionnante et nettement moins lugubre que celle d’Ellroy tout en montrant,lui aussi, de manière claire, la pourriture des classes dirigeantes californiennes de l’époque : politiques, ecclésiastiques, policières et mafieuses. Comme « le Dahlia noir », ce roman est complexe et il faut adopter un mode de lecture très attentif tant les personnages sont nombreux et importants. L’enquête est menée par Tom Spellacy, flic corrompu et surtout mari et père très déçu par sa famille. Sa femme est internée parce qu’elle passe sa vie à causer avec les saints et particulièrement avec Saint Barnabé de Lucques qu’elle est seule de toute la chrétienté à connaître, sa fille obèse Moira est devenue nonne, son fils vend des bondieuseries et son frère, prêtre, est en train d’intriguer afin de devenir évêque et se débat comme un beau diable, au milieu de ses condisciples intrigants irlandais pour la plupart, pour obtenir le siège tant convoité. Tom Spellacy est un personnage très sympa, un peu revenu de tout, sauf des magouilles qui permettent d’améliorer l’ordinaire de flic, qui tranche avec les flics corrompus et particulièrement torturés d’Ellroy. Les dialogues sont brillants tout au long du roman et le ton est souvent très hilarant, chose à laquelle Ellroy nous a jamais habitués. Et puis, ici, on casse de la « curaille » et c’est toujours particulièrement réjouissant, je trouve.
Comme dans « le Dahlia noir », l’accent est mis sur la corruption qui règne à l’époque à L.A. Une belle brochette d’enfoirés que ces religieux qui s’accoquinent avec des gangsters dans des magouilles immobilières où chacun trouve son compte. Le racisme ambiant et ordinaire est bien mis en évidence comme les perversions de l’église catholique californienne.
Pelecanos explique pourquoi ce livre était précieux et innovateur en 1977.Forcément, il l’est nettement moins aujourd’hui mais il faut lire ce roman pour son écriture, sa critique de la société de la cité des anges (police, investisseurs, clergé), le développement de l’enquête et son ton particulièrement vachard et réjouissant.

Très bonne surprise.

Wollanup.

Manuel de défense civile. Allia Editions

muahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh

datant de 1963, évidemment que cela vaut le détour.

A mourir de rire, bref malheureusement

ca fait froid aussi dans le dos

 

LA GROSSE COLERE de Hallgrímur Helgason , Presses de la Cité

Dieu a perdu la raison. Une seule solution : la guerre.
Au Centre de l’univers, Dieu et quelques assistants triés sur le volet observent et contrôlent les 714 espèces humaines qu’il a engendrées. La vie suit son cours sereinement, jusqu’au jour où le Créateur apprend que les habitants de la planète 607, la Terre, se sont mis à cloner des individus, s’autoproclamant ainsi dieux.
Le Tout-Puissant réunit ses plus proches collaborateurs lors d’une réunion de crise, dont la conclusion est sans appel : il faut éliminer ces insolents et former une nouvelle espèce. Mais les anciens Terriens ne l’entendent pas de cette oreille. Le multiréincarné Napoléon Nixon décide de prendre les choses en main et d’aller à la rencontre du diable. Lui seul pourra triompher du Très-Haut …Hallgrímur Helgason nous a habitués à des personnages détonants. Avec cette comédie au casting de rêve, il frappe très fort et signe, toujours avec la maîtrise et l’humour qui le caractérisent, un roman explosif.Attention cartésiens s’abstenir, le livre le plus loufoque et rigolo de l’année dans le genre….J’ai ri, éclaté de rire, de justesse j’ai évité de me pisser dessus parfois.

Bon le résumé vous donne une idée du genre, mêlez à cela des acteurs, comme Marlon Brando, Woody Allen , bref une palette incroyable, plus des célébrités politiques, musicales, (Iggy  Pop), et vous n’ allez pas en revenir.

J’avais déja pris beaucoup de plaisir avec son précédent, le nettoyage du tueur à gages, un truc dans le style, mais alors là j’ai jouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii.

Des situations, cocasses, du non sens, tout ce que j’aime. Et alors vous allez découvrir un Dieu comme vous ne l’avez jamais pu l’imaginer. Un dieu entouré d’une galerie de personnages hilarants, que des célébrités. Un diable tout foutraque, des enfers, infernaux. Que du bonheur…

Datant de 2003 ce livre est à ne pas louper, mais attention, je le redis l faut avoir un grand sens de l’humour, oubliez les saint préceptes de notre société judéo chrétienne, Car en fin de compte vous allez voir que dieu n’est pas manichéen…..

Ruez vous sur ce bon livre, fou rire à partager, humour, du bonheur…..

 

MOI ET LE DIABLE de Nick Tosches chez Albin Michel

Traducteur : Héloïse Esquié

Bonjour vous êtes conviés à un livre culte, en devenir, et à partager les pensées les plus folles d’un auteur déjà culte, et aussi convié à manger avec Keith

Vous êtes tenté ?

Un livre énorme, à tous les niveaux, salace, pas pervers, des réflexions à mourir foudroyé, humour rageur, une présentation de sa vie, et quand il parle de manger mon dieu,  on ne peut que saliver, même quand il est au pieu, et n’oublions pas sa vulgarité qui cotoye une érudition plus qu’impressionnante.

Félicitation au traducteur, j’ai dû rencontrer au moins 40 mots que je n’avais jamais vu ni lu, même mon gros dictionnaire ne le connaissait pas….et une ola pour la traduction.

Bon c’est un plaisir brutal que d’ouvrir un livre de Nick Tosches, surtout que celui-là est beaucoup plus abordable que la main de Dante.

L’auteur se livre à nous, comme dans confession d’un fumeur d’opium, toutes ses pensées, on reparlera d’opium, de singes morts, et de la vieillesse, la mort et la renaissance l’alcoolisme, l’addiction … À la vie ?

Beaucoup de sexe dans ce livre, très salace, on n’est pas dans un pacte faustien mais dans une irréalité globale parfois. Mais jouissif, un livre pour jouir de la vie, car en fait cet auteur ne peut se résumer difficilement à une unique chose tellement il part dans tous les sens, mais un jouisseur de la vie, c’en est un.

On va la faire courte car la trame tourne autour d’un thème éculé, rajeunit par Nick Toshes, soit, mais surtout ce sont les digressions qui sont flamboyantes, les pensées de l’auteur, son érudition, le partage qu’il en fait. Une offrande à nous humbles terriens.

Le diable, le sang, la quête de l’immortalité le vampirisme on sera confronté donc aussi à tout cela, à du paranormal ; éculé oui, mais revisité et écrit par cet auteur, c’est flamboyant.

Livre culte, d’une virtuosité aussi belle qu’une balle d’un sniper….

Traducteur : Héloïse Esquié

Nick, un écrivain vieillissant, commence à sentir les effets du temps et de la vie qui passe. Comme pour combattre l’inéluctable, il part en quête de jeunes femmes qu’il sait pouvoir impressionner par son raffinement et son érudition. Une nuit, dans un bar de New York, il rencontre l’envoûtante Melissa, avec qui il va vivre une expérience inédite. Mû par une pulsion incontrôlable et quasi animale, il découvre une dimension insoupçonnée d’un plaisir pur et pervers, le goût du sang, et se laisse submerger par une extase spirituelle et sexuelle d’autant plus intense qu’elle est impie. Son corps comme son esprit s’en trouvent étrangement revigorés mais bientôt, la soif qu’il cherche à étancher le plonge dans des ténèbres effrayantes.

Avec Moi et le Diable, roman dérangeant et virtuose, cru et furieux, qui revisite avec originalité le thème de l’immortalité et du pacte faustien, Nick Tosches s’impose définitivement comme l’un des derniers hors-la-loi de la littérature.
« Un sommet, par l’un des plus grands écrivains actuels. Tosches connaît le diable comme personne… » Keith Richards
« Un nouveau chapitre dans l’œuvre si singulière, et parfois délicieusement perverse, de Nick Tosches. » The New Yorker