Wasp city !
Harcelée de Jason Starr chez Rivages Noir
Quatrième de couv :
« Katie Porter, jeune yuppie new-yorkaise, cherche désespérément le grand amour. Malheureusement, elle ne fait que des rencontres décevantes, et son petit ami Andy est un sommet d’immaturité. Il existe bien cependant quelqu’un pour qui Katie est une femme exceptionnelle, absolument unique.
Peter Wells a même déjà prévu leur mariage, et n’a pas lésiné sur les moyens. Il est prêt à tout pour atteindre son but… »
Avant toute chose, je dois avouer que j’adore Jason Starr et que je dévore ses romans dès que je tombe dessus avec ces histoires qui se déroulent à Manhattan principalement avec des excursions parfois jusqu’à Brooklyn…
Je ne pense pas qu’il vende énormément chez nous mais il a quand même des potes ou des relations bien connues du monde de la littérature et des médias. Il a écrit plusieurs ouvrages à quatre mains avec Ken Bruen (eh oui !) dont « sombres desseins » édité en France. David Fincher est actuellement en train d’adapter « crise de panique » un de ses précédents romans pour le grand écran (quand même !) et Brett Easton Ellis (excusez du peu !) tente depuis trois ans de vendre aux chaînes US, une série à partir de l’histoire racontée dans ce roman. Après avoir essuyé un refus de la part de HBO, il semble avoir plus de chance avec Starz.
Bref, Jason Starr, ce n’est pas un naze. Ces romans se dévorent d’une traite, c’est bien écrit, il y de l’action pas de détails superflus (pas de détails du tout non plus parfois hélas), on ne s’ennuie pas une seconde mais c’est extrêmement prévisible et c’est peut-être ce qui fait que je me jette dessus parce que je sais exactement ce que je vais trouver.
Jason Starr a malgré tout un grave problème : il ne s’est jamais remis de la lecture du « bûcher des vanités » de Tom Wolfe et tente depuis dix ans d’écrire un roman digne de comparaison avec ce chef d’œuvre. Las, il n’y est pas encore parvenu.
Du coup, presque tous ses romans se ressemblent et on assiste à chaque fois à la chute d’un salopard « parvenu », on le voit s’enfoncer dans le chaos jusqu’au feu d’artifice final qui l’emmène vers un trépas qu’il a provoqué par bêtise, cupidité ou suffisance (parfois les trois ensemble).
Il n’y a pas de héros dans les romans de Starr que j’ai pu lire, juste des hommes qui pensent être à l’abri des problèmes dans leur bel habit de wasp bien protégés par leur réussite sociale et qui se gaufrent gravement et on assiste à cela avec une certaine délectation.
Dans « harcelée », le sujet est un peu différent mais les personnages sont encore des jeunes Blancs, bien propres sur eux, fiers de leur réussite naissante dans la grosse pomme et qui cherchent l’âme sœur dans leur groupe social.
On a donc une héroïne, Katie mais elle n’est pas vraiment sympathique avec sa petite vie de privilégiée sur la planète manhattan.il va lui arriver des problèmes, on peut croire la quatrième de couverture, mais je dois dire que quand je lisais l’histoire je me moquais un peu de ses tourments. Starr n’a pas réussi à ce que je me prenne d’affection pour elle (pauvre petite fille riche avec des soucis de petite fille riche).Ses amis sont aussi imbuvables qu’elle et je souhaitais vraiment qu’il leur arrive des grosses tuiles. C’est sûrement ces personnages de yuppies qui ont dû plaire à Ellis.
Jason Starr a déjà été bien meilleur dans le passé mais c’est un roman plaisant pour qui découvre cet auteur, un roman de plage vite lu vite oublié. Les autres, comme moi, auraient aimé certainement une fin plus rock n’roll, une fin confiée à Chaînas par exemple.
