Portraits croisés

Nathalie à propos de Jérôme :

Je pourrais vous présenter Jérôme Camut en déroulant sa biographie, naissance à Rueil Malmaison, enfance à Angoulême, passage par Saint-Cyr Coëtquidan, puis école de réalisation audiovisuelle, blablabla, en partageant des anecdotes marrantes sur lui, mais je préfère me contenter de vous parler un peu de l’écrivain d’abord, et de l’homme ensuite.

Jérôme aime écrire, il passe son temps à échafauder des histoires, inventer des personnages, et je peux affirmer qu’il travaille même quand il dort. Jérôme n’a pas une vie, il a mille vies, il a fait plusieurs fois le tour du monde, visité de nombreux pays, à notre époque et il y a des siècles. Il a croisé Victor Hugo, Pol Pot, Sigmund Freud et bien d’autres, passé du temps auprès des moines bouddhistes, et vécu avec les premiers indiens d’Amazonie. C’est un auteur dont les colères deviennent des sujets de roman, un citoyen qui trouve que le monde ne tourne pas rond, et tente d’y remédier en inventant des histoires qui parlent de nous. C’est le roi de la mise en situation, il aime écrire, écrire, écrire, digresser, s’amuser avec ses personnages. C’est un travailleur solitaire qui aime s’enfermer devant un ordinateur ou rêver pendant des heures à une terrasse de café, en regardant passer les gens. L’homme est une perle, un véritable gentleman, tantôt drôle, tantôt grave, et passionnant dans les échanges.

C’est mon mari, mon mec, mon pote de chambrée, mon confident, mon amour et ma moitié d’orange, et l’histoire de notre rencontre est si belle que je pourrais vous écrire un roman. Mais je ne le ferai pas, le bonheur c’est bien plus facile à vivre qu’à raconter !


Jérôme à propos de Nathalie

Qui est Nathalie Hug ? Mais c’est bigrement privé tout ça, voyez-vous ?

Tous les hommes vous le diront, une femme en cache toujours une autre. Eh bien Nathalie (la mienne, la part féminine du Camhug) n’échappe pas à cette règle. Quand nous nous sommes rencontrés, j’ai été séduit (entre autre, mais je garderai pour moi le reste !) – et quand je dis « séduit », c’est un euphémisme – par la fulgurance de son esprit. Rien que ça ! Je vis avec une femme brillante. Et ça fait de moi un homme heureux. Et aussi un auteur heureux. Évidemment, il y a le revers de la médaille. Je me souviens d’une fois où j’avais écrit un chapitre (il s’agissait des Eveillés) mettant en scène un personnage féminin. Nathalie l’a lu et a éclaté de rire, puis s’est tourné vers moi en me terrassant d’un : «Jamais une femme ne réagirait comme ça !». Je vous garantis que ça vexe pour un bon moment. Mais comme je sais que Nathalie est toujours bienveillante à mon égard, je n’ai pas boudé trop longtemps.

Qui est Nathalie Hug, donc ? J’aimerais vous dire qu’elle se planque bien au chaud derrière son mystère féminin (et ça lui arrive d’en abuser), mais nous nous connaissons vraiment très bien. J’ignorais qu’un homme et une femme pouvaient partager une telle intimité.

Elle est… bah ça alors, me voilà comme le petit Jésus dans son berceau.

Sans mot.

Je sais que moi, je suis celui qui vit à ses côtés et n’envisage pas même une fraction de seconde de vivre ailleurs. Je suis aussi celui qui regarde les jours défiler en se disant «merde, un de moins, ça passe trop vite !». Je suis aussi le co-auteur qui se retrouverait à poil comme un ver si sa Nathalie lui disait qu’elle arrêtait sa collaboration.

Mais de là à définir, comme ça, juste avec les 26 lettres de l’alphabet, un être aussi complexe, c’est une prouesse dont je ne me sens pas capable.

Je ne suis qu’un homme.

Et elle…