Gestation
Avec « La Dernière Frontière », j’ai cherché à la fois à raconter une histoire qui repousse les limites de la réalité, à développer l’art de faire peur en littérature, à délivrer quelques clefs sur les pouvoirs principalement scientifique, militaire et médiatique qui sont en train de transformer la planète en monde virtuel.
J’ai mis la barre un peu haut, non ?
En tout cas, cela m’a pris un an de recherche et deux ans d’écriture.
Cerclage
Ce que j’apprécie au Diable Vauvert, c’est qu’ils ne pratiquent pas la censure. Ils me donnent carte blanche pour écrire du noir et me laissent la responsabilité de couper ou non certains passages que l’on pourrait qualifier de « trop crus » ou de « trop croustillants ».
Il est tentant de faire partager au lecteur les informations étonnantes que l’on a déterrées lors de nos recherches, mais il faut savoir enlever le gras et revenir à l’intrigue. Dans un thriller, c’est elle qui commande. Si un passage ne sert pas l’intrigue, aussi bon soit-il, il doit disparaître. J’ai pallié la frustration qui en découle en créant sur mon site internet une rubrique « Bonus » dans laquelle je présente les scènes coupées ou, en ce qui concerne « La Dernière Frontière », les faits réels incroyables sur lesquels je me suis basé.
A partir d’un manuscrit qui avoisinait les 1 300 000 signes, je suis donc redescendu à 1 million de signes. Cela a donné plus de rythme et de fluidité à un récit très dense. Le problème des gros livres c’est qu’il sont rarement « bien » lus par les critiques littéraires habitués à parcourir en diagonale des bouquins peu épais. On ne peut pas lire en trois heures un roman que l’on a mis trois ans à écrire. Pas plus tard qu’hier, le critique d’un site internet que je nommerai pas, a écrit un article sur « La Dernière Frontière » truffé d’erreurs. Manifestement, il n’a rien compris au roman. Pourtant, je préviens le lecteur en préface.
Accouchement
Au Diable, le Devil’s Assistant Charles Recoursé est une sorte de profiler littéraire qui se met dans la peau de l’auteur pour l’aider à perfectionner son œuvre. Ensemble on a décortiqué le roman, on est revenu sur les moindres détails, on a vérifié l’utilité de chaque phrase, on a veillé à la cohérence de chaque scène et au son de chaque dialogue. On a ainsi peaufiné le manuscrit pendant tout l’été dernier. J’en ai aussi profité pour raccorder certains passages à l’actualité brûlante.
J’ai accouché en même temps que mes amis Maxime Chattam et Franck Thilliez,
dans une cohue cégétiste, ce qui a un peu perturbé ceux qui attendaient « La Dernière Frontière » depuis trois ans. Au niveau des faire-part de naissance, c’est donc un peu le cafouillage. D’autant plus que mon « obstétricienne » semble évoluer dans les limbes virtuelles au point que je me demande parfois si elle existe. Bref, une communication inexistante, si ce n’était les fans, les passionnés, les lecteurs qui font eux-mêmes le boulot. Et un boulot fantastique ! Sur le site de la Fnac, j’ai retenu deux accroches d’internautes pour qualifier ce livre : « All you need is Love » et « Une bombe à neurones ». Mieux que des publicitaires professionnels, non ? Et là j’insiste vraiment pour remercier des sites comme Unwalkers qui sont devenus aujourd’hui la véritable interface entre les artistes et le public.
Placenta
C’est toujours un déchirement de quitter des personnages avec qui on a partagé la moitié de son temps. Cela fait huit ans que Nathan Love est né dans mon imaginaire. Il fait parti de la famille. Mettre un point à la fin de chaque roman, c’est le laisser partir en vacances, sans savoir s’il va revenir.
Un peu de baby blues donc, mais fier du bébé ! Il est tel que je le souhaitais vraiment. « La Dernière Frontière » est mon septième roman, c’est aussi le plus ambitieux, celui qui m’a demandé le plus d’investissement, de travail, de sacrifices. J’espère qu’on l’aimera. Le succès populaire d’un film aussi dense et complexe que « Inception » donne foi dans la capacité du public à se tourner vers des œuvres qui sollicitent l’intelligence.
Réducation post incontinence
Je décompresse un peu. Je m’octroie un congé parental en quelque sorte, consacré à la promo de « La Dernière Frontière ». J’hésite encore entre plusieurs projets littéraires dont j’ai déjà tracé les axes dramatiques. Il ne me reste plus qu’à choisir dans quelle aventure me lancer. J’ai aussi sous le coude un recueil de 36 nouvelles écrites au cours de ces dernières années et je développe un scénario original de long-métrage pour le cinéma. Un thriller machiavélique. Le film devrait être tourné à l’autre bout du monde en 2011. Parallèlement, je continue à me perfectionner quotidiennement en arts martiaux et à enseigner le viet vo dao. Histoire de rester en phase avec Nathan Love, au cas ou il reviendrait…
il a intéret à revenir, merde alors
Un grand merci à phillip pour sa gentillesse, tout cela a été fait par courriel.