« Zéro heure à Phnom Penh », de Christopher G. Moore (MA Editions) – Coup de coeur annoncé et qui tient ses promesses

Résumé :

Le détective Vincent Calvino est sur la piste d’un farang, un étranger, disparu à Bangkok. Son enquête le conduira jusqu’au Cambodge, pays déchiré par la guerre.

La nuit, les tirs d’armes automatiques claquent dans les rues de Phnom Penh, là même où des prostituées vietnamiennes abordent les soldats pacificateurs des Nations Unies.

Trafiquants russes, hôpitaux de fortune, bars louches, informateurs ainsi que les quartiers généraux de l’UNTAC seront autant d’obstacles à sa progression.

Calvino est accompagné dans cette mission par son ami, le colonel Pratt. Lui seul sait que l’étranger que Calvino recherche est lié au vol des bijoux dérobés à la famille royale saoudienne. Mais Pratt se tait et Calvino découvrira qu’il n’est pas le seul à traquer le farang manquant.

L’impitoyable chasse à l’homme commence.

 

Mon avis :

Ce livre m’avait été conseillé, et j’ai bien compris pourquoi dès le début de ma lecture. Cependant, ce à quoi je ne m’attendais pas, c’est à ce que le personnage de Calvino soit si humain et que son histoire soit prétexte à un tel tableau des mœurs cambodgienne. Car si l’intrigue (très bien menée par ailleurs et particulièrement séduisante) est réelle et sous-tend effectivement le récit, les descriptions de la misère, de la guerre, de la guérilla, de la mort omniprésente, de l’impact effectif (et parfois contestable) des actions humanitaires sont ce qui pour ma part donne une telle originalité et une dimension originale à Zéro heure à Phnom Penh. On se rend rapidement compte que la capitale cambodgienne et ses ressortissants sont irrémédiablement hantés par une histoire particulièrement violente, et que l’auteur non seulement le sait mais tient absolument à nous faire comprendre les aspects d’une culture qui parait incontestablement étrange (pour le moins) aux européens que nous sommes.

Calvino est certes un « héros » gros bras armé et séducteur, mais il est peut-être surtout un homme sensible, qui tient à améliorer la situation de ceux et celles qu’ils croisent si tant est que ce soit possible : une prostituée vietnamienne qui a eu le malheur d’avoir pour clients étrangers peu fréquentables et le paie de sa jambe ; un employé d’aéroport qui a croisé des trafiquants au mauvais moment, ce qui le conduit dans l’horreur des prisons cambodgienne ; une réceptionniste-médecin qui tente par tous les moyens de fuir son pays pour avoir un avenir qui  l’éloigne le plus possible de Phnom Penh ; … . Entre l’héritage récent des Khmers rouge et les haines raciales conséquentes, les actions plus ou moins contestables des employés des ONG et de l’ONU, l’insécurité encouragée par le régime pour entretenir la peur et la malléabilité des habitants de Phnom Penh…

Bien plus qu’un roman noir, Zéro heure à Phnom Penh est une fresque du Cambodge et de ses habitants, de leur désespoir, de leurs espoirs, de leurs peurs, de leur vie. Et c’est d’ailleurs ce qui fait de cet ouvrage un ouvrage unique, bien plus profond que ce dont à quoi on peut s’attendre en commençant la lecture. Et j’adooore les surprises !

 

Merci à MA Editions pour ce superbe SP, annoncé dans notre entretien de fin d’année dernière et qui tient donc toutes ses promesses !

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